Histoires

nue


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Je me demande si je n’aime pas autant la mode que je déteste être nue.
Impossible de m’expliquer cette pudibonderie excessive.

Dans ma famille, nous avions une pudeur de bon aloi, ayant compris très vite que certains mystères de l’anatomie masculine n’étaient pas bons à décacheter trop tôt. En effet, l’accident m’est arrivé une fois, très jeune, et je dois dire que ça a été un épisode relativement angoissant, d’autant plus que ma mère, ne sachant plus que faire devant mon traumatisme, me dit : “tu verras, un jour tu trouveras ça très beau”. Glups.

Ma mère, qui quelques années plus tard jugea bon de me trouver un job d’été comme monitrice de planche à voile (j’en avait fait une semaine lors d’un stage linguistique en Angleterre, pour situer le niveau). Trop heureuse de se débarrasser de l’ado bougonne que j’étais, elle n’avait pas remarqué une chose. Il s’agissait d’une plage de naturistes (oui, ceux qui font même leurs courses à poil).
J’ai tenu 3 jours, en maillot une pièce et en grève (vous vous imaginez, vous, donner un cours de planche à voile à un papy tout nu?).
Et je suis repartie de là avec une répugnance farouche de la nudité collective.

Depuis, en jeune femme civilisée, on va dire que je fais le minimum syndical. Jamais de topless sauf quand je suis sur une plage déserte, mon corps est réservé à mon amoureux et parfois à mes amies, en guise de pièce à conviction (mais si regarde, j’ai de la cellulite, tiens regarde, là!!) lors de nos discussions scientifiques.

La dernière fois, je regardais Koh Lanta (le serpent en moi adore Koh Lanta, j’ai jamais vu un truc aussi barbare), et j’ai eu une réaction bizarre.
En observant les participantes, dans leur retour aux sources bien éloigné du “Lagon Bleu” (les pauvres, elles n’ont même pas droit à une pince à épiler), je zoome sur une blonde relativement et artificiellement carrossée, et cette pensée m’effleure :
“tiens, il lui ont laissé emporter ses seins?”

Le corps aujourd’hui est tellement normalisé que les gens se mettent un maillot de bain Eres (celui qui rend n’importe qui bien foutu) sous la peau. Après, il peuvent être à poil tranquilles, ils ne sont plus vraiment eux mêmes.

Je tiens à dire que je ne suis absolument pas contre la chirurgie esthétique. Tant que le résultat est esthétique bien sûr. Mais je trouve ça intéressant aussi d’essayer d’apprivoiser son corps, d’apprendre à l’aimer.

Et pour l’aimer, il faut le regarder.

Tout ça pour remercier cette canicule, qui a fait que pendant quelques jours, dépassée par les événements, j’ai tombé les derniers bouts de tissus qui couvraient ma peau. J’ai commencé à me balader nue, sous l’oeil ravi de mon chéri, et j’ai compris la sensualité et le plaisir que la nudité pouvait procurer.
Mieux, j’ai pu croiser mon reflet dans les glaces, et j’ai trouvé ça beau et chouette.

C’est pas demain la veille que j’irais au Cap d’Agde, mais quelque chose d’important pour moi est arrivé cet été.

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À propos de de carrosseries et d’artifices, je m’absente quelques jours pour aller à Monaco. J’espère en ramener des petites histoires bien croustillantes!!!
À très vite, alors :-)


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