Les filles, j’ai décidé de vous donner un cours de manucure tellement je suis une experte internationale. Attention, à la fin de ce billet, vous êtes une femme fatale.

Le polissage : bon, je vous le dit, comme ça on est débarrassés : je polis hyper bien. J’ai trouvé chez Sépho des polissoirs ab fab et je tire une grande fierté de la luisance tout à fait naturelle, oui bien sûr pourquoi ? de mes ongles. Polissage : Garance : 1, les s… de stries : 0.

Le reboulage* de cuticules : bon alors, déjà que les cuticules c’est pas beau. Mais le mot cuticules, je trouve ça horrible, et c’est pas fini : pour attaquer ses cuticules, (ew) il faut se munir d’un gel émolient (double ew, moi, le mot émolient me rend toute flagada, contrairement à Géraldine) et surtout surtout, d’un batônnet de buis (eeeeeew, mais qui va inventer ces trucs, on se croirait en pleine lecture du Vidal !).

Bon alors non seulement on navigue en pleine viscosité lexicale, mais en plus, quoi de plus saoulant que de se faire les cuticules**, hein, je vous le demande.

* interlude * Là, logiquement, après les cuticules, faut hydrater les ongles mais pfffff on est pas chez Arielle Dombasle ici on danse pas au Crazy Horse à poil nous. * interlude *

Bon, allez, passons à la…

Ah non, j’oubliais. D’abord, avant toute chose, il faut pas oublier de raccourcir ses ongles, sauf si on est Ophélie Winter. Pas les couper, malheureuse. Les limer, of course. (Non mais ils m’ont bien regardée les gens qui ont inventé les ongles ? Ils croient que j’ai l’emploi du temps de Tinkerbell Hilton*** ou quoi ?)

Bref, donc, on s’est cachée pour couper ses ongles au coupe-ongle, et on a fait ses finitions à la lime sur son balcon pour que tout le monde sache qu’on est pas de ces inconscientes qui coupent leurs ongles avec un truc en fer.

Ah oui, si on est vraiment folle, mais ça peut arriver à toutes les filles bien, on fait un bain de doigts (mais eeeew !) avec deux rondelles de citron dedans pour enlever les tâches (!!?!) de ses ongles. J’étais obligée de vous le dire.

En gros, niveau timing, on en est déjà à une grosse demi-heure, et on a pas encore commencé à vernir.

C’est là qu’on rentre dans le vif du sujet. La base durcissante tout ça. Moi, là, normalement, j’ai qu’une envie, c’est de partir loin de mes ongles tellement j’en ai marre. Mais bon, je veux aussi être une femme fatale. Je n’ai donc pas le choix.

Donc, base, coup de fil à une copine en attendant que ça sèche pour lui parler du nucléaire iranien, puis vernis. Je ne vais pas vous expliquer comment on met du vernis, si vous êtes encore là, vous avez compris que me demander des conseils niveau manucure, c’est comme demander à Sophie Marceau son avis rayon soutifs.

Mais bon, en gros quand même, je le fais en trois coups, un sur le milieu, deux sur les côtés, et jamais trop près de la peau.

C’est là que normalement votre copine vous rappelle pour vous donner ses pronostics sur le Goncourt. Comme vous n’êtes pas du tout hystérique d’avoir passé une heure à vous regarder dans le blanc des ongles avec deux tranches de citron, vous ne vous jetez pas sur le combiné comme Coutney Love sur le Botox.

Sauf si vous êtes moi. Et que vous bousillez tout. Oui, tout. Que votre vernis reste accroché sur votre téléphone, dans vos cheveux, s’imprime sur votre plaid en alpaga ou carrément sur votre jean Balenciaga.

Bon, là normalement je ne devrais pas vous laisser sans vous dire de mettre un topcoat, un fixateur, de la colle Cléopatre, tout ce que vous voulez, quoi, mais je suis en train de pleurer ma femme fatalitude en sniffant du dissolvant.

Voilà. Vous pensez que je dois aller voir une manucure ou je continue à me faire les ongles toute seule ?

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* Rebouler, mot inventé par Punky b, est une sorte de running gag private jokisant qui est à peu près l’équivalent de schtroumpher. C’est à peu près aussi contagieux, ridicule et irritant, d’autant que ça se propage dans le vocabulaire comme un défilé Isabel dans notre inconscient fashion. Salut, tu reboules bien ?

** Les mojitos, je vous l’accorde. Non, j’ai écrit ce billet totalement sobre. Jamais un week-end de la Toussaint, allons.

*** Ben, le chien de Paris Hilton, allez, révisez moi tout ça.