L’année dernière, en me baladant dans les rues d’Avignon, j’avais atterri dans la plus décatie, la plus surannée, la plus défraîchie des friperies.

De celles ou l’on entre avec une boule de naphtaline dans chaque narine, si vous voyez ce que je veux dire.

Et d’où l’on a peur de ressortir de la poussière plein les cheveux, des mites plein les poches et le mauvais oeil sur trois générations, de celles où l’on entre pas, quoi. Mais ce jour là, la tension mode était palpable. Ça crépitait la fashion au Palais des Papes. Et les étals de chaussures, dans leur jus certes, mais toutes plus authentiques les unes que les autres, de la botte compensée vernie au talons 50′s tellement pointu que tu peux refaire ton ourlet avec, ont eu raison de moi.

J’ai donc pénétré l’enceinte, et commencé à remuer les stocks de chaussures du bout des pieds. Des splendeurs. J’ai fini par y aller avec les mains. Des trésors. Puis j’ai carrément plongé la tête la première : quand il y a de la gêne…

Mais bon, dans les années 60, les femmes, c’est pas des pieds qu’elles avaient. C’est des Barquettes de Lu. Aucune ne me va.

Je finis par atteindre le fond de l’antre à la brasse, en pensant fébrilement à la douche, que dis-je à l’hydrothérapie que je vais me faire direct en rentrant, avec mes vêtements dessus et tout. Une vieille dame aux grands cheveux blancs me surveille avec un oeil calme et complice. Finalement, je ne repartirais peut-être pas avec un sort.

Je vois un belle laine grise. Je l’attrape, et je me retrouve en possession d’une chose délicate, parfaitement neuve et complètement vintage. C’est un manteau. Je le passe. Il est beaucoup trop grand, mais il se passe quelque chose entre lui et moi, je ne sais pas quoi, mais je le veux.

Je demande le prix. Je pousse un cri. J’achète, je pressingue et j’oublie.

Un an plus tard, Géraldine et Géraldine sont chez moi, et je me décide à leur montrer la bête, qui dort depuis trop longtemps dans mon placard pour cause de je suis pas du tout sûre de l’effet oversize. Elles multivalident. Elles me donnent plein d’idées pour le porter. Le ceinturer comme ci, le porter avec ça. Elles adorent. Je les fait jurer. Elles jurent. J’ai donc trouvé mon manteau de l’hiver.

Vous voulez savoir le prix ? Vous êtes sûrs ? Ok vous l’aurez voulu. 3€. Hiiirg ! Sacrebleu !

Et j’ai même une photo.

Mon manteau et moi, shootés par le beau Benjamin Boccas.——————–Bon, et sinon (non mais on fait comment pour faire des billets courts ?), pour celles qui ne l’ont pas encore vu chez Deedee ou Punky, je vous signale ce très chouette article dans le magazine belge Gaël. Pour plus de détails c’est ici.

Ah, et enfin, pour celles qui se poseraient la question, oui ! J’ai les mêmes chaussures que la Punk, en marron :-)

Voilà, je pense qu’il est temps d’endiguer l’egotrip maintenant, je vais de ce pas me flageller avec des pièces jaunes, tiens. À demain.