Il m’en faut du temps pour comprendre les sous-couches de l’underground de la garde-robe de ma mère. À chaque fois que je pense que je l’ai définitivement pillée j’en ai fait le tour, une nouvelle pièce que j’avais mise de côté avec un air irrité « ça, c’est vraiment trop moche » me revient à la figure.

Les caleçons longs il y a deux ans, une veste en pied de coq l’année dernière par exemple. Une paire de Wayfarer oubliée.

Une doudoune à boudins luisants. Une Moncler. Mais quelle femme sensée voudrait aller se coller des bourrelets délibérément ?

Je me disais tout simplement : ma mère a vraiment eu des années obscures niveau mode.

Certaines lubies fashion ne s’expliquent pas. Affleurent puis disparaissent à jamais dans les limbes du mauvais goût. Voilà tout.

Et là, je suis sur le point de prendre mon billet d’avion pour les vacances de Noël. Direction ? Le dressing de ma mère, pouquoi ? Je veux essayer sa Moncler. Celle des années 80.

Celle dont je me moque donc depuis 20 ans.

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