La mode c’est sympa. L’hiver, ça tient chaud et ça rend beau. Et puis des fois, ça vous joue des tours, juste comme ça, pour vous mettre à l’épreuve, voir votre réaction et, n’ayons pas peur des mots, tester votre rapport à la vie.

Ben moi je dis, dans la vie, vaut mieux être détendue et avoir une étincelle d’humour si l’on porte :

Une grande fourrure :

Cet hiver, la fourrure est en ville. C’est beau, ça tient chaud, c’est vrai ou c’est faux, et ça vous fatalise n’importe quelle minette en jean. Moi tiens par exemple. Quand j’en porte avec des talons, ça me donne un air tellement femme et sûr de moi qu’il faut bien que j’assure le service après vente. Je prends donc un air distant avec un sourcil levé. Un air insupportable, vous voyez ?

Allez savoir pourquoi, ce n’est pas du goût de tout le monde.

Nous marchons donc à grands pas décidés, moi et l’esprit de Joan Collins, quand nous entendons derrière nous un chien qui aboie. Evidemment, on ne se retourne pas. Une femme fatale ne se retourne pas.

Enfin, il y a des exceptions. Quand elle sent une légère morsure sur ses fesses, là, elle a le droit. Toutes façons sa fatalité est déjà partie de réfugier dans ses chaussettes, la lâcheuse.

God, je me suis fait ma fourrure s’est faite attaquer par un épagneul Picard ! Vous le croyez ça vous ? Il m’a prise pour un renard ou quoi ? Ah euh… Ben oui en fait peut-être. J’ai réveillé ses instincts de chasseur quoi. Heureusement, je suis une fille de la campagne, et je masterise le cabot ! Je l’ai regardé dans les yeux, plus tranchante qu’un Jean-Claude Vandamme, et je lui ai dit : coucher ! Il est parti en faisant des kai kai. Et j’ai repris ma fatalisation où je l’avais laissée. Au mépris du regard narquois des passants. Et de la sourde douleur dans le bas de mon dos.

Une grande écharpe :

Je suis dans le métro bondé, aussi comprimée qu’un pied dans des Loubout’, avec cet air méga-inspiré dont seuls les gens qui se crâment les oreilles avec leur Ipod ont le secret. Deux amoureux arrivent en courant. Ils sont tellement beaux, jeunes et souriants qu’on dirait que c’est un ralenti à la steadycam tiens. (Ou bien c’est Radiohead dans mes oreilles qui me rend mièvre, je sais pas.) La porte du métro claque dans leur dos, puis on repart. Je les regarde, embarquée dans leur romance.

Quand soudain la fille prend une couleur Red en Vogue hyper inquiétante. Elle ouvre de grands yeux et se retourne. Oh la la ! Sa longue et moelleuse écharpe gris perle est coincée dans la porte ! Elle vole au vent ! (hors du métro !) Je ne sais pas exactement ce qui l’étrangle, mais si c’est l’écharpe moi je vous le dis on est pas rendus à Denfer. C’est l’écharpe. Elle crie.

Plus fort que Spiderman (mais moins cruche), son chéri bondit et tire sur l’écharpe comme un désaxé, bousculant la foule autour. Tout le monde est hyper inquiet.

La fille passe par toutes les couleurs, un vrai nuancier Shu Uemura. Là, elle est verte et mauve. Elle a dû lire mon post de lundi.

Bref. Tout ça s’est passé en 2 fractions de secondes, donc j’arrête là le roman, mais il m’est assez cruellement amusant de vous peindre le tableau de la fin de l’histoire.

La jolie fille, sauvée par son héros, tenant dans ses bras feu sa sublime écharpe gris perle. Qui est à moitié noire et luisante comme du charbon. Et tout le métro de verser une larme. Les parisiens sont mignons finalement. Face à la mort.