Certes, je suis impressionnable, mais je ne suis pas non plus complètement stupide.

Le jour où l’on m’a proposé de rencontrer Juliette Binoche et Laura Morante personnellement, j’ai doucement ricané.

Je suis parisienne, moi. J’ai l’ironie facile. Chuis à la limite de claquer des burgers avec Sofia, je me compare les aisselles à côté de Pharrell et Valérie s’est cassé la gueule devant moi hier au resto*.

Et puis j’imaginais bien que le personnellement en question n’aurait absolument rien à voir avec le traitement que j’aurais souhaité leur faire subir : une soirée à tester les cocktails du Harry’s bar, juste elles et moi, en tête à tête, pour éclaircir certains points.

J’ai négocié âprement mais ça n’a pas été possible.

Vaincue, j’ai finit par dire oui. Une rencontre ‘informelle’, ‘intime’, mouais. Mais bon. Fallait que j’en aie le coeur net.

J’avais envie d’enquêter. Parce que moi, Juliette j’aime bien mais niveau beauté transcendentale je la trouve juste normale. Elle ne m’a jamais fait complètement flasher. Je comprends qu’elle s’exporte bien. Elle a un sacré charme frenchy et tout. C’est une très bonne actrice. Mais bon hein bon. Calmons nous. Allons.

Faisons court histoire de faire court et de permettre à ce week-end de commencer. Nous nous sommes retrouvées, moi et une sorte de pub Benetton de la bloggeuse internationale qui se donne la main, à l’institut Lancôme, rue du gnan gnan St Honoré.

Moi, drapée dans ma blasée attitude et une bande de filles toutes plus sympas les unes que les autres. Décidemment, les bloggeuses sont des filles bien. Et qui prennent des photos. De tout. Je veux dire de tout tout tout. Même d’une assiette de rosbeef.

Alors vous n’imaginez même pas la bloggeuse japonaise du coup (sans vouloir faire de caricature sur les japonais et les appareils photos, vous savez bien que ce n’est pas mon genre). Elle, carrément, elle avait emmené son photographe. Moi je dis, je vais de ce pas ouvrir un blog au Japon. Je veux mon photographe perso moi. Aussi canon.

Bon, s’il pouvait parler un rien euh, je sais pas moi, d’anglais, de eeeeeuhh, je sais pas… d’esperanto ? Parce que quand au bout d’une demi heure d’oeillades et de manoeuvres sournoises pour lui demander la marque de son appareil photo, il m’a répondu avec un sourire ravi, une main levée et un “rrrhoi !” digne de Hiro Nakamura dans Heroes, j’ai vite déchanté quand à ma future carrière de bloggeuse star mariée et heureuse au pays du soleil levant.


Veuillez m’excuser pour la piètre qualité des photos, j’étais pas très concentrée. Ahah.

Cela dit, elle peuvent toujours rêver mes nouvelles copines. Aucune n’avait un appareil photo aussi gros que le mien, j’ai bien regardé. Je vous l’ai dit, je rigole pas avec la technique. J’ai toujours pas trouvé comment prendre des photos et mettre du rouge sur mes lèvres sans qu’au bout d’une demi-heure de shooting le rouge soit partout sauf sur mes lèvres et que moi je ressemble à une oeuvre conceptuelle genre Orlan, mais après tout, j’ai toujours aimé l’art contemporain. Enfin pas toujours mais ce sera l’objet d’un autre post si vous êtes d’accord.

Parce que bon, faisons court, je sais je sais c’est le week-end, vous n’avez pas que ça à faire. Vous avez des courses à faire. Moi je suis passée à Ooshop, ok, il était temps, mais n’allez surtout pas vous imaginer que les livreurs sont aussi canons que les photographes japonais ok ? Allez, revenons à nos nippons (ooh ça va je sais elle est complètement nulle mais on doit être deux à suivre à ce niveau là de longueur de billet, on peut bien faire des blagues foireuses non ? Entre nous ? Non ? Ok, non.)

Donc, au bout d’un moment où l’on a essayé de nous corrompre avec du champagne au beau milieu de l’après-midi (non mais ils ne sont pas bien ? Je n’en ai pris que trois coupes**), Juliette et Laura sont arrivées, avec 450 photographes, 2542 caméras et 45 attachés de presses affolées. Je ne sais pas si vous êtes déjà allées à l’institut Lancôme, mais c’est sûr qu’à ce niveau là de promiscuité, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : on pouvait parler d’intimité.

N’est-ce pas monsieur le caméraman avec ses yeux baladeurs ? Comment ça c’est parce que je ressemblais à une oeuvre d’art contemporain avec mon rouge partout ? Pervers !

Donc, pressons, pressons. Le week-end, les courses, pffff c’est long, etc. Laura et Juliette arrivent, je suis à deux doigts de gifler un caméraman tout en réussissant l’exploit d’être drapée dans ma blasitude parisienne et là, PAF !

Je me prends un choc de beauté. Je chancelle. Le caméraman me rattrape, le ladre. Je le regarde avec un oeil outré.

Mais bref. Wow.

Ces deux femmes sont sublimes. Juliette est la présence au monde même. Plus vraie, plus simple, plus nature que n’importe quelle photo.
Laura possède une magie inimitable. Un voile dans le regard, un velours dans la voix…
Ces deux là, vous avez juste envie qu’elles vous emportent avec elles dans un pays merveilleux.

Elles n’ont rien de parfait. Juste la vie dans leur regard. Et je déconne pas hein quand je vous dis ça. C’est très sérieux la beauté. J’ai pas trop écouté les questions qu’on leur posait. J’ai fini pas aller m’asseoir sagement juste à côté de Juliette pour regarder le spectacle. Franchement, c’est très rare que je sois subjuguée comme ça.

J’ai essayé de prendre quelques photos, mais c’était compliqué, j’ai préféré profiter.

Puis quand même, juste à la fin, j’ai eu un petit moment pour prendre une photo de Juliette et de sa robe. Et de ses chaussures.

Évidemment, je l’ai ratée. La photo ne restitue pas la davantage la vivacité, la présence d’un être, que la beauté mobile d’un nuage. Il manque les gestes, le sourire qui s’allume et disparaît, la présence. Le charme ne se photographie pas***. Pensez-vous. Elle est floue. Mais bon, voilà, pour vous donner une idée…

Juliette Binoche

escarpins prada
Le tout Prada.

 

Allez, je m’en vais réfléchir à la mobilité de mon nuage. Bisou, merci d’être restés jusqu’au bout, et bon week-end !

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* Lemercier, avec classe et beaucoup de charme, ce qui n’est pas donné à tout le monde hein !

** oh ça va , je déconne, c’est juste pour entretenir ma réputation, en fait j’ai bu du jus de cranberry. Yeurk , j’aime bien, mais quand je dis ça j’ai toujours l’impression de boire du jus de crâne, ewww il FALLAIT que je vous en parle.

*** Marie-Dominique Lelièvre dans Sagan à toute Allure. Ahhh, Sagan. La plus belle. Mon idole. Je t’envoie une pensée, tiens.

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Disclaimer : Cette rencontre a comme vous l’avez compris été organisée par Lancôme. Les bloggeuses invitées étaient : Marhet, Julia & Jessica, Jackie, Elisabeth, Capucine, Anne-So, Julie, Na Yi, Esther et Mari.