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Sur le dessin, tenue freestyle, hypothèse haute.

Aaaah, les petits matins blêmes à tâtonner dans l’obscurité pour trouver un truc à se mettre. Aaaah, se rendre compte une fois dans l’ascenseur du taf qu’on est à côté de Nina Hagen. Merde non ! Qu’on est Nina Hagen ! Et qu’on va devoir assumer toute la journée.

Fini tout ça. Depuis que je bosse la maison, je fais ce que je veux. Et surtout n’importe quoi.
Par exemple, prenons une journée type :

Ça commence à la sortie de la douche. Si je n’ai pas de rendez-vous prévu à l’extérieur, je profite de la totale impunité stylistique de ma journée pour faire la charité à une fringue en phase de déclassement.

Ma jupe Mango de l’été dernier par exemple, tiens. Viens là ma pauvre.
Puis là, en général, ma main se dirige toute seule vers un bon vieux tee-shirt mou et confort.

Voilà voilà, c’est ma tenue du jour.

Deux heures après, j’ai froid.

J’attrape donc une écharpe, que je m’enroule autour du ventre. J’aime avoir chaud au ventre. Puis la paire de chaussettes que j’avais acheté au ski en 2002. Grattent un peu mais tiennent bien chaud.

Puis, vers 14h me viennent toujours des idées géniales. Tiens, si je me faisais un masque à l’argile ? Tiens, si je brossais les dents du chat ? Tiens, si j’essayais ces leggings violets de l’année dernière pour voir ? Hey, mais ça va vachement bien avec l’écharpe !
Inspirée, je retourne bosser.

C’est à ce moment là que le téléphone sonne : une amie, tout aussi free mais plus élancée que moi, a décidé qu’il faut que nous buvions un café dans le quart d’heure. Je dis oui puis je continue à bosser.

Sauf que là elle sonne. Si vous avez bien suivi, je suis en leggings violet, avec des chaussettes de montagne de couleur chèvre bio, une minijupe grise de l’été dernier, un tee-shirt qui a fait l’amour comme d’autres font la guerre, une écharpe fushia autour du ventre, mais qui va bien avec les leggings, et aussi si on est lundi 18 février une MP-N sur la tête.

Ma copine est en bas et je n’ai pas le temps de me changer.

Je décide donc que la seule chose qui peut sauver l’ensemble du rayage du barreau de la fashion c’est une paire de talons et que ma parka va venir étouffer le reste de l’affaire. Et en avant.

Me voilà dans la rue, aussi bien assortie qu’un rayon chez Tati en fin de soldes.
Ma copine, habituée, rigole. Je lui décoche une taloche.

Et vous savez quoi ? J’aime bien en fait ces journées de grand bazar de la mode. Ça m’amuse. Ça me donne plein d’idées. Ça fait rire mes copines.

Juste, la prochaine fois, si je pouvais éviter de croiser mon proprio, celui que j’essaie depuis deux mois de convaincre de me lâcher l’appart d’à côté, à moi, femme irréprochable, dûment imposée, très sérieuse, limite chiante de tant de respectabilité, et stylistiquement à la hauteur de la haute lignée versaillaise dont mon proprio est issu, ce serait sympa, merci.

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