Tenue inspirée du défilé Rykiel, what else ?

C’est marrant comme on a du mal à parler des choses qui nous tiennent le plus à coeur. Cette note, j’ai essayé de l’écrire des tas de fois, à chaque fois je me suis pris les pieds dans mon émotion et je l’ai remise à plus tard.

C’était il y a quelques mois. J’ai reçu un mail qui commençait comme ça “Je m’appelle David Chauvel, je suis scénariste et éditeur de bande dessinée (pour le compte des éditions Delcourt) et je me permets de vous déranger quelques instants pour savoir si, d’aventure, vous auriez jamais songé à faire un ou des livre(s).”

Je vous le dit tout net, c’est le genre de mail auquel on ne croit pas. De ceux qu’on relit quatre fois avant d’oser lancer à la personne à côté de vous : “regarde ce que je viens de recevoir” et de ne même pas arriver à le lire à haute voix.

Moi je n’y ai pas cru, mais après 780 googlisations : David Chauvel, Delcourt Chauvel, Chauvel pervers, blague de mauvais goût David, le coup du bouquin+Delcourt et j’en passe, je me dis que ce type a vraiment un casier internétique vierge et je décide d’aller fêter ça.

Ça n’arrive pas tous les jour de recevoir un mail qui vous dit : si d’aventure…

Finalement, quelques échanges, une rencontre et autant de célébrations plus tard, j’étais assise dans l’impressionnant bureau mansardé de Guy Delcourt, qui, ses grandes mains dans ses grandes poches, me disait ceci :

“Garance, on vous fait confiance. Faites un livre qui vous ressemble”. Hum. Bon bon bon.

C’est à ce moment là que je réalise que moi, ce qui me plaît, c’est l’idée de faire un livre. C’est comme quand je voulais devenir Madonna. Pas une seconde je n’aurais souhaité chanter en sautant en talons aiguille sur des hommes bodybuildés et jeter ma petite culotte au public. Non. Juste pouvoir dire : “Hi, I’m Madonna”.

Mais comme à mon habitude, j’ai dit “oui oui oui bien sûr bien sûr bien sûr” avant même de savoir si j’en étais capable.

Et depuis je bosse, je rature, je recommence, j’ai des idées géniales, puis calamiteuses, j’ose pas le faire lire, j’en rêve la nuit, j’en parle à qui veut l’entendre, je ne sais pas par quel bout l’attraper et je suis incapable d’en faire un billet pour mon blog.

Mais c’est quand même grâce à ce blog que ce petit mail est arrivé jusqu’à moi, et il était temps que j’en parle, même mal, même avec cette étrange appréhension au ventre, et même avec ce ton hyper ampoulé que je ne souhaite pas une seconde à mon livre.

Alors voilà, ce sera un livre illustré, qui parlera de mode, de Paris, de ma vie, de mes copines et de plein de choses que je ne raconte pas ici. Avec un peu de chance et un grand coup de pied au cul (ce que je suis en train de faire en ce moment même, car vous l’annoncer c’est un peu comme me pousser du haut du grand plongeoir), il devrait sortir en octobre.

Voilà, en attendant la date fatidique, l’angoisse des délais et le grand vide du jour où je le rendrai, je voulais vous dire merci. Et voilà que je me prends les pieds dans mon émotion, je vous avais prévenus…

Mais ce que vous m’aidez à construire petit à petit chaque jour ici est l’une des facettes les plus précieuses de ma vie.

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