L’Ellipse D’Or de Patek Phillippe, inspirée d’un modèle tout or, bracelet tressé, des années 80.

J’ai un truc avec les montres. J’en parle peu, parce que c’est pour moi l’un des objets les plus intimes que l’on peut posséder. Je n’aime pas cette idée qu’ont beaucoup de la montre aujourd’hui. Une manière de faire étalage d’un certain accès au luxe.

Même si avoir une montre au poignet est pour moi un luxe indispensable. J’ai reçu cet amour en héritage. On parlait souvent de montres chez moi. Parfois ça donnait des trucs étranges, sortis de leur contexte :

Par exemple, ma mère : “Une montre en or ? Attends c’est vachement plus résistant pour faire le ménage !”

Pour mes 18 ans, juste avant que je ne quitte le nid familial, moi, l’aînée d’une grande fratrie, j’ai reçu de ma maniaque de mère, les yeux embués, la voix chevrotante et le brushing en voie d’extinction, un bien joli cadeau.?Une Rolex. Elle m’a dit : “Mets là au poignet et ne l’enlève jamais. Tu penseras à moi. Je serais toujours avec toi. Et si un jour il t’arrive quelque chose, n’hésite pas à la vendre.”

En plus d’être une famille très à l’heure, on a le sens du drame.

C’était il y a quatorze ans*. Et je l’ai toujours au poignet. Son acier a pris une magnifique patine, quelques coups et j’ai même réussi à la noyer, mais je ne l’ai jamais enlevée.

C’est aussi mon problème, merci maman. Car cette montre, au delà d’atteindre une sorte de perfection d’esthétique, de pratique et d’indémodable (quatorze ans* et à chaque fois que je regarde l’heure j’ai un choc de beauté. 61 320** chocs de beauté, vous comprenez maintenant que je sois un peu frappée), cette montre fait donc aujourd’hui partie de moi. Je ne parviens pas à la quitter. J’en ai eu d’autres, tout aussi belles, tout aussi classiques. Rien à faire. Ma Rolex et moi on est comme Dolce & Gabbana, Proenza & Schouler ou Black & Decker : inséparables.

Et c’est bien dommage. J’aimerais être comme ma soeur. Qui les collectionne, les rachète, les fait réparer. Qui n’hésite pas à se ruer vers l’or, et le porte merveilleusement bien. Qui a des montres pour le soir, des montres pour le sport, des montres pour la ville, des montres pour aller promener la voiture, et qui en change à l’envi.

Parfois, ensemble, on va sur La Côte des montres et on passe des heures à pousser des grands cris outrés en regardant les prix. Ensuite, il m’arrive d’aller les essayer en magasin, d’écouter les experts me parler des mécanismes pendant des heures et me laisser bercer en disant oui, oui hum hum, ah ah han, oui, vraiment. Magnifique.

Je regarde celles que je voudrais m’acheter dans un avenir proche (=en 2045)(but, you know, time is on my side). Celles que j’aimerais offrir aux amours de ma vie. Chez nous c’est comme ça. Quand on aime on offre une montre. Bon, pas forcément une avec laquelle on peut faire le ménage,si vous voyez ce que je veux dire…

Je rêve donc à l’Ellipse d’or de Patek Philippe, à la Baignoire de Cartier, à la Reflet acier de Boucheron (en vintage attention), à la Royal Oak or D’Audemars Piguet…

Pffff. Bon allez on se calme. Et sinon, y a des nouveautés chez Claire’s?

————————

*Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrgggggggggggh !!!

** je regarde l’heure environ douze fois par jour (avec des pointes à 3657 fois les jours ou j’attends ma commande de chez Yoox) il y a 365 jour dans une année et ça fait donc quatorze ans* :

12 x 365 x 14 = 61 320. Voilà voilà, j’ai ma dose de maths pour les quatorze ans* à venir.