Garance Doré

On the cover

L’adorable Mollie Gondi de chez Success.

Il m’est arrivé un truc génial il y a quelques temps. J’ai été contactée par un magazine Russe, Afisha. C’était leur anniversaire, ils voulaient fêter ça en demandant à plein de gens à travers le monde ce qu’ils faisaient ce jour là, le tout avec un point de vue mode.

Ils m’ont demandé de m’occuper de Paris.

Vous n’imaginez pas ma joie. Mon premier shooting pour du papier glacé !!! Yiiiihaaaaa !

J’ai dansé toute seule dans mon appart et puis je suis allée me balader.

J’ai eu pas mal de chance. Ce jour là, je suis tombée sur des gens sympas, différents, disponibles. Il y avait un truc dans l’air.

J’ai même eu beaucoup de chance. J’étais sur le point d’aller déjeuner avec ma copine Françoise, et, arrivées au Breizh Café, qui est en quelque sorte mon repaire, ils nous demandent si on peut revenir dans dix minutes. On râle un peu parce qu’on meurt de faim et qu’on est parisiennes, puis je décide de montrer à Françoise un truc dans un magasin.

Et là, je tombe sur Mollie.

Mollie me reconnaît tout de suite. Je l’ai déjà prise en photo. On bavarde, on rigole, elle vient juste de se faire couper les cheveux, ça lui plait beaucoup. Je lui demande si je peux faire un cliché. Elle accepte avec joie. Ce concours de circonstances me ravit, il se passe un truc, je suis sur un petit nuage.

Je rencontre aussi Benjamin, et pour celles qui s’en inquiétaient, je profite de ce post pour vous assurer de la pleine santé du skinny.

Ces clichés sont une petite partie des photos que j’ai envoyées au mag, avec le stress des premières fois au ventre. Pas de réponse. Super. Je commence à échafauder un scénario du type Back in the USSR, puis quelques temps après un message arrive dans ma boîte mail.

« Garance, on a adoré tes photos, on voudrait mettre le portrait de Mollie en couverture ».

Je m’évanouis, puis je re-danse dans mon appart, puis je leur dis que Mollie est mannequin. Qu’il faut contacter l’agence.

Voilà comment Mollie a eu droit à une journée de boulot qui a duré 3mn, et moi à ma première couv. Bon, c’est pas le Vogue, c’est plutôt une sorte de Pariscope marié à Technikart et Télérama, pour ce que j’ai pu en savoir, mais comme je suis émue, vous ne pouvez même pas imaginer.

clair & obscur

Natalia Ruchka, chez Metropolitan.

Il y a quelques temps, j’ai accompagné Marion sur un shooting pour la nouvelle collection de Marc Le Bihan. Elle préparait un article pour Wow.

Comment ça, vous ne connaissez pas le mag online Wow ?

Marc Le Bihan, c’est très Marion : une palette neutre, des déstructurés et des influences belges, comme elle le dit très bien dans sa chouette interview.

Un peu sombre pour moi, mais je retiens l’éclat et la construction d’une chemise blanche, l’amour du travail bien fait, un point de vue unique sur la mode, et des instants précieux.

Je me suis amusée à jouer à la poupée avec Natalia. Je me suis amusée à faire des photos de mes tenues préférées. Je me suis amusée avec la lumière, si soyeuse dans ce parking désaffecté.

Bref, je me suis beaucoup amusée. Ce fut un moment plein de douceur et de naturel. Finalement, on se fait plein d’idées sur les shootings mode. Là, c’était un peu comme pour le Figaro Madame, sauf qu’on était pas en studio : vrai, simple et parfumé au thé. Un régal.

Allez, je vais me faire un Earl Grey. Bisou, bonne journée !

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my one and only

oneandonly.jpg

Ah tiens c’est nouveau ça. Voilà que l’on me dit : tu as un style.

Attrapée comme ça, à la volée, l’observation a de quoi faire plaisir. Mince, je vous ai assez bassinés avec ma quête de sens mode pour pas venir râler.

Sauf que moi je sais ce qui s’est passé. Je l’ai compris samedi, en plein shopping de l’humour avec Superchic [ = on va dans les magasins très haute, on essaye les pires trucs et on se marre en testant le sens de l’humour des vendeuses. Les filles chez YSL sont très bien, passé le temps d'adaptation.]
Évidemment qu’on achète rien.

Ok. Évidemment que JE n’achète rien.

CONTINUER

100% pure cool

Voici des filles qui savent ce qui leur reste à faire quand le printemps a crânement décidé de se faire désirer. Au lieu de rester comme moi accrochée à leur manteau qui crie pitié lâche moi j’ai tout donné on est bientôt au mois de mai, au lieu de nier les faits et de sortir en tenue légère quitte à se retrouver transie à grelotter en criant pitié on rentre j’ai tout donné on est bientôt au mois de mai, elles sortent leur petite laine et se baladent tranquilles dans les rues du Marais.

Certaines en mettent de la tête au pieds et y rajoutent de la soie tangerine, une super capeline, des baskets panthère et un sourire à briser les glaciers.

D’autres portent la laine en haut et la bousculent en te sortant une paire de tiags tellement parfaitement patinées que ça me donne envie d’aller garder les vaches à Brokeback cet été.

Et puis il y en a qui la préfèrent en bas, avec une touche de fourrure et de cuir, exactement ce qu’il faut pour l’ennoblir.

Et aussi pour prendre l’hiver par la main et le raccompagner, comme un amant dont on serait depuis longtemps rassasiée, jusqu’aux portes de l’été.

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le plus beau reste à faire

J’en ai marre du rouge à lèvres rouge.

Ça m’a frappée il y a quelques jours. Soudain, j’ai trouvé que ça ne m’allait pas du tout, que c’était une galère et que j’allais devoir utiliser mes 375 tubes de rouge pour autre chose que pour me maquiller.

Je ferais peut-être une oeuvre conceptuelle, une sorte de tribute à mon ancien moi glamourisant et un so far so long au rouge à lèvres qui file. Ou bien un calendrier 2008, comme le Vogue dont les filles ont trouvé un bon moyen de recycler le make up qu’elles reçoivent en pagaille.

Je suis donc passée au nude sur les lèvres, et je m’éclate toute seule. J’en ai plein : un beige rosé, presque mat, qui fait la lèvre discrète et sensuelle. Un rose un peu fané, un rouille léger. Je me sens beaucoup plus chic comme ça, tiens.

C’est la vie… J’adore la mode : j’adore par conséquent atomiser ce que j’ai porté aux nues deux jours avant.

C’est pourquoi j’ai soudain une envie folle de maquiller mes yeux, et le Elle d’il y a deux semaines vient de me flanquer (oui, j’ai du décalage MÊME dans la lecture des magazines) une nouvelle obsession. D’autant plus marteau-piqueuresque que je ne sais absolument pas comment avoir ce rendu arachnéo-charbonneux-givré.

Moi d’habitude, j’ai le cil net et brillant (et la truffe humide, oui bon), ultra défini par ces nouvelles brosses plastique qui déposent le minimum du minimum sur les cils.

Je vous l’ai donc scanné et je vous le demande très solennellement. Je vous lance un cri un SOS qui part dans les airs dans l’eau laisse une trace dont les écumes font la beauté.

Alors, au nom de la beauté, comment on fait ça ?

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Ah, et au nom de la mode, quelqu’un connaît-il une bonne couturière entre le Marais, Oberkampf et République ?

beau travail

Aleksandra Orbeck-Nilsen, de l’agence Viva.

Il n’est pas rare de croiser des mannequins à Paris. Leur frêle silhouette est souvent alourdie par un gros classeur, leur book. Elles portent un slim ou une jupe un peu courte. Lors d’un casting, il faut qu’en trois secondes elles accrochent le regard.

Mais elles n’ont pas toujours un vrai style. Souvent très jeunes, étrangères et un peu paumées, il est assez fascinant de voir la métamorphose, aux défilés par exemple, entre les silhouettes d’ados un peu maladroites qui se faufilent backstage, et les femmes sublimes et sophistiquées qui pénètrent dans la lumière du podium.

Quand j’ai croisé Aleksandra il y a quelques jours, je l’ai d’abord vue de dos, et j’ai d’abord vu son chapeau. Le chapeau, on aime ou pas, mais moi j’ai toujours envie de m’intéresser de plus près à la personne qui le porte. C’est qu’il faut oser.?Je me suis donc arrêtée pour lui parler, et je n’ai pas été déçue.

Elle allait voir les fringues chez Acne. On était à deux pas, j’ai pensé que le Palais Royal serait un bon endroit pour la photographier, et on s’est donc baladées ensemble et on a bavardé. Résultat, cette fille adore la mode, en connaît même un rayon et sait s’amuser avec les tendances. D’ailleurs, j’aime beaucoup ce qu’elle fait en tant que mannequin.

Vous allez me dire, ça va, c’est bon Garance, le keffieh, tout ça, on connaît. Oui, mais vous avez vu ce chapeau ? (Elle l’a acheté dans un magasin d’hommes), vous avez vu ces boots ? (elle au moins elle a su régler le problème du talon plat). Vous avez vu ces couleurs ?

Et vous avez vu ces lunettes ?

Petites, rondes et couleur écaille, un concentré des tendances à venir niveau solaires.?Ça vous plaît ?

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Alors, et pour ceux qui parlent le bulgare (bon, ok et l’anglais), j’ai été interviewée par le magazine lifestyle Intro, si ça vous intéresse c’est par ici.

good girl gone bad

Tenue inspirée par le défilé Ralph Lauren FW09. Je suis dingue. Des carreaux.

Par les seins de Donatella, je serais pas en train de me transformer en une horrible fashionista moi ??Oh Saint Gap, patron de la simplicité, fais quelque chose ! Le spectre de John Galliano va s’abattre sur moi et je vais finir par me faire injecter de l’acide hyaluronique sous les pieds* !!!

En même temps, il y a quelques évidences que je ne peux pas nier :

- Quand je veux mettre du plat, je regarde dans mon placard et je n’en trouve pas. Je me dis, bon, ben je vais m’acheter une paire de chaussures plates fissa.?Et je rentre, la joue rose, avec une paire de douze. Mais je suis grave. Je suis grave.

- Je jongle avec les proportions comme Bernard Arnault avec les millions. Plus rien ne me semble démesuré. Ni les épaulettes de Margiela, ni les talons de Giambatista, ni le prix des sandales Givenchy. Alors que, merde. On atteint dans chacun de ces cas les sommets du n’importe quoi.

- Quand on me jette des regards étranges dans le métro, je me dis “c’est mon look, comprendront l’année prochaine” : en plus de prédire l’avenir comme Elisabeth Tessier je me la pète comme Tom Ford après un défilé (et vous savez où ça l’a mené). Enfin. Tout ça, ça reste dans le métro. Faut pas déconner.

- J’ai deux lookbooks, déjà imaginé toutes mes tenues pour le printemps, l’été, et la rentrée, je classe mes magazines par mois, par année, je vais visiter les boutiques comme d’autres les musées, et j’ai commandé une paire de Rayban Clubmaster à mon opticien qui savait même pas que ça avait été réédité.

Je me demande si je n’ai pas besoin d’un fashion break pour décompresser. On m’a proposé le fin fond de la Bretagne, j’avoue que j’ai envisagé.?Rien à shopper. Pas un magasine à feuilleter, pas un blog à scroller, pas une news mode fracassante à commenter.?L’idéal, ce serait que je parte là-bas en jean-basket et rien d’autre. Même pas de mascara, ce serait trop bien. Je pourrais sniffer de l’iode en courant après les lapins nains.

Ah. Oui mais j’ai pas de baskets.?Bon, ben la Bretagne devra attendre.?Demain, shopping.

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* Le saviez-vous ? Certaines hardcore fashionistas ou mannequins constamment sur talons se font mettre un peu de ce truc sous les pieds pour faire un coussinet artificiel. Une sorte de semelle “shopping and dancing” du dedans, en résumé.

NB : ce dessin n’a absolument rien à voir avec le sujet non ? Encore une fois j’ai laissé filer mes pensées en dessinant et… Aaaaah, c’est bon la liberté ! Tiens, j’y pense, le titre pas vraiment non plus. Ahhh, c’est encore Rihanna qui me tape sur le système ça. Rihanna ? Tu veux dire Rihanna, la fashionista ? Elle s’est fait injecter de l’acide tu crois ? Bon allez, j’arrête de dire des conneries. Bisou !

pas d’un fil

Je débarque à notre rendez-vous avec mon amie Françoise, et je la vois, tranquille à l’abri des giboulées, et je sais pas, de la neige, du verglas et des cats and dogs qui nous tombent dessus en ce moment sans prévenir, avec cette cape :

J’use immédiatement d’arguments hautement malhonnêtes pour arriver à lui subtiliser le truc, qui en l’espace d’une seconde est devenu la chose que je souhaite avoir le plus au monde (heureusement qu’aucun génie n’est passé à ce moment là, j’aurais eu l’air bien con après avec ma cape), en lui disant que ce vêtement est fait pour moi, d’autant que moi, je sais que l’an prochain on voudra toutes une cape. (vous avez vu comme je me défends bien ?)

Elle m’a gentiment répondu que, bien entendu, elle voulait bien me donner sa cape, mais que vu qu’elle l’avait eue de sa mère, à l’époque du lycée, et donc vu sa teneur hautement symbolique, pour faire un échange de même nature, je pouvais lui donner ma montre.

J’ai donc reconsidéré la question, et je me suis dit qu’à défaut, je pouvais la prendre en photo.

J’en conclus que je prends des photos pour voler le look des gens. Parce qu’en vous les montrant, c’est comme si je vous disais heyy psssst ! Vous avez vu ma nouvelle cape vintage ?

Bref, n’importe quoi.

Bonne journée !

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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