Jupe et ceinture inspirées du défilé FW08 d’Isabel Marant, top inspiré d’un Aleeeeeeeeeeeex (!!!) Wang.

C’est nouveau. Le matin, j’enfile un top, un pantalon ou une jupe, j’ajoute quelques accessoires, et si l’ensemble se présente pas trop mal, je me pose une question :

“Où est le détail sexy ?”

Ce truc là, je vous assure, je ne sais pas d’où ça sort. Je n’avais jamais pensé comme ça. Pour moi, déjà, personne ne nous oblige à être sexy. Je m’en fichais bien de montrer mes jambes, de mettre en valeur telle ou telle partie de mon corps. J’ai même un peu ce truc de défi qui me fait dire : on peut séduire sans ça. On est même pas obligé de vouloir séduire, tiens, voilà.*

Quand je vous parle de sexy, je pense à ce je ne sais quoi de légèrement troublant, un débardeur trop grand, un jupe légèrement trop courte, une chemise d’homme ouverte, un talon** très haut sur une tenue très sobre, une chaîne en argent qui glisse entre les seins, une épaule dénudée… Le sexy légèrement rugueux à la française, quoi.

C’est donc mon truc du moment devant ma glace, mais je ne sais pas trop quoi en penser.

Ma mère*** pense que c’est très bien et qu’il faut profiter de sa jeunesse pour faire tout ce qu’on veut. Elle m’explique qu’après un certain âge, ce qui est terrible c’est de devoir renoncer à un truc après l’autre. Genre, le moment où tu te dis que le monde peu bien se passer de voir tes bras. Il doit pas être évident celui-là.

Lou Doillon n’aime pas séduire d’un coup, mais laisser une impression. Comme un parfum.

Géraldine me dit qu’on devient sexy en se connaissant mieux. Qu’en connaissant ses points forts, on drive le regard de l’autre. Elle me rappelle aussi que tout dépend de ceux pour qui on s’habille. Que beaucoup de filles s’habillent avant tout pour les autres filles. Que le fait que j’ai rencontré quelqu’un n’est certainement pas étranger à mon nouveau comportement.

Superchic ne pense plus qu’être super chic c’est être super sexy.

Luella pense pareil, j’ai perdu cette interview, mais elle disait que pour elle la fille sexy c’était la bûcheuse du fond de la classe. Même si elle dit aussi que ses robes sont parfaites pour aller se torcher jusqu’au bout de la nuit, et qu’en gros s’en foutre d’être sexy c’est sexy. Ah.?Voilà un point de vue fort intéressant qui pourrait quasi boucler ma boucle mais…

Ce qui est marrant, c’est que toutes les filles à qui j’ai posé la question “Doit-on être sexy ?”, m’ont répondu à côté. Elle m’ont dit comment elles, elles se sentaient sexy. Ou comment être sexy. Ou ce qui n’est pas sexy. Mais elles sont toutes d’accord pour l’être, d’une manière ou d’une autre. Elles ont donc toutes répondu à “Doit-on être sexy” ? : Oui, bien sûr, t’as fumé ou quoi ?

Ça m’apprendra à poser des questions à la con.

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* J’entends de grands rires trébuchants au fond de la classe. Oui, euh, en fait, quand on me connaît, on sait parfaitement que je suis insupportable tellement je suis over toujours en train de tchatcher avec tout le monde. J’ai même déjà essayé de séduire un Vélib’ une fois. Ouais. Ouais.

** Oui, bien sûr, deux talons.

*** De qui je dois tenir ces questionnements bizarres : j’ai grandi le nez dans un bouquin du MLF oublié dans ma commode. La couv c’était cette fameuse photo avec la banderole : “Nous ne sommes pas des poupées”. Et voilà comment je suis devenue fan de Pamela Anderson.

Ah, et si je vous parle d’elle un billet sur deux (pas de Pamela Anderson, de ma mère), ce n’est pas parce que je suis une fille à maman (en fait je suis une fille à papa) c’est parce qu’elle est à Paris en ce moment et qu’on arrête pas de faire du shopping. Et donc de philosopher à mort.