Tee-shirt, Luella pour Tonic. Sac inspiré d’un mirifique Mulberry.

Tin tin ! Je vous présente le T-shirt Luella que je viens de recevoir en direct de Mobridge, USA.

Je l’avais vu dans le Jalouse, et comme il me FALLAIT un tee-shirt avec un truc dessiné dessus, que là en plus c’était un joli oiseau et vu que c’était notre Luella bien-aimée qui l’avait fait pour la bonne cause, je m’étais dit, vas-y Garance, lâche-toi, fais un truc de dingue.?Re-commande sur Internet.

Acheter sur internet, comment dire. Mes meilleures erreurs d’achat, je les ai faites sur internet. Et je suis pas du genre à ramener. À la poste. Un colis. Déjà que je mets deux semaines pour poster une lettre.

Bref. Je brave mes interdits, je ferme les yeux sur les frais de port exorbitants, je commande, j’attends deux semaines, le temps de ne même plus en avoir envie, et enfin, je le reçois.

Check matière : ouais, coton un peu doux, on va dire check.?Check coupe : pas mâââl. Col V légèrement trop petit. Manches, bien ! Check.?Check design : j’adore ! Checkcheckcheck.

Je le retourne.

Check dos : HEY MAIS C’EST QUOI CE TRUC LÀ ! Dans mon dos, il y a marqué, en plutôt grand je trouve : this T is providing a pair of sneakers to a student in Haiti. Hé mais oh on est où là ? Dans we are the world, we are the children ? C’est quoi cette cause sneakers exactement ? Si c’est pour acheter des Nike à des étudiants, euh, c’est la bonne cause qui se mord la queue ! Et dans mon dos, de surcroît !!!

Je vais re-checker le site, pour comprendre de quoi il retourne.

Ça va, je sais, j’aurais dû le faire avant. Hey oh, Luella, les filles. Il en faut moins pour rendre votre Garance (qui se met à parler d’elle même à la troisième personne, le syndrôme Alain Delon a frappé, et il est très, très vicieux) complètement inconséquente.

Je re-checke le site, et je trouve qu’effectivement, un T = une paire de chaussures pour aider un enfant à aller à l’école. Je n’en saurais pas beaucoup plus hein. Nike ou pas Nike, je ne sais pas. Puis franchement, j’ai vraiment beau jeu de me poser cette question. C’est pas comme si j’achetais pas des joncs en bois chez H&M. Venus de quelle forêt, qui sait ? Fabriqués par qui, hein, hein ?

Je referme mon laptop. Ma conscience du monde qui m’entoure au-delà des frontières du Zara local a fait un sursaut, je suis épuisée.?Et je dois partir. J’enfile une veste sur mon tee, vu que le printemps est parti, et je m’envole.

Épilogue : après une après-midi passée avec mon tee-shirt, je l’adore. Tant pis pour la phrase dans le dos. Ou tant mieux, plutôt. Heureusement qu’il y en a qui pensent aux autres à ma place. Et qui arrivent me faire dépenser mon argent, à mon insu, pour des bonnes causes.

Qui autrement n’auraient même pas atteint les couches superficielles de ma cervelle d’oiseau.

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