Spartiates, inspirées de… Ben, euh, tout le monde.

C’est donc, vous vous en doutez, une histoire de chaussures d’été.?Et c’est quoi une chaussure d’été en 2008 ? Une spartiate.

Je vous explique :

Mars : Toulouse, je découvre avec ravissement chez Département Féminin les spartiates Giuseppe Zanotti. Je me demande quelle banque je vais pouvoir braquer pour me les offrir, puis je me dis qu’on est en mars, que j’ai le temps de réfléchir. Il fait encore froid.

Je rentre à Paris, et je vois MES spartiates partout. Dont des bien jolies, en gris, et le gris est ma cou… Oui bon, vous savez, pas chères du tout chez André. Mais.

Avril : les spartiates envahissent l’asphalte. Au premier rayon de soleil, pas un pied sans une lanière en cuir, on se croirait à Petibonum. Et surtout MES Giuseppe, que TOUT le monde a copié à la boucle près. J’ai même une copine qui déboule avec ce même modèle, shoppé autour de 20€ chez… Carrefour. Je me dis ben mince alors. Je vais pas m’acheter des spartiates comme tout le monde !

Naaan, pas moi. Pas comme tout le monde, moi. Des spartiates. Pffff, j’en portais déjà au collège. Move on Garance. Trouve autre chose. Déblaye la tendance, donne-toi un peu de mal, innove, merde.

Mai : il fait chaud (bon, il faisait. Si si, souvenez vous). Les seules choses ouvertes que j’ai sont mes 350 paires de spartiates à talons, mais le “à talons”, l’été en ville, devient vite un truc glissant.?J’ausculte TOUTES les boutiques de Paris pour trouver du plat, mais je ne trouve rien d’autre que : des spartiates. Rien d’excitant, rien de neuf, rien de troublant. Sur mon parcours du combattant, bien entendu, je succombe pour quelques modèles légèrement originaux. Sympa, oui. Mais aucun ne me donne cette impression de d’être MA chaussure de l’été.

L’un dans l’autre, on doit être en train d’atteindre le budget des Giuseppe.

Puis un jour, de guerre lasse, j’atterris chez André. Comme un automate (comme Victoria Beckam, donc), j’achète une paire de ces FOUTUES SPARTIATES. Tellement je suis énervée par moi-même et par l’énergie et l’argent dépensés à ne pas faire comme tout le monde, même pas je les mets. Je les regarde de travers, grave.

Puis hier, j’ai sauté dedans. Je les ai mises avec mon pantalon préféré. Elles me font des super pieds, et c’était pas gagné. Maintenant toutes mes fringues veulent sortir avec elles et je sens qu’elles ne vont plus me quitter.

I’m not like everybody else. I’m just slightly un peu plus une andouille.

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