Même si je vous avais prévenus de l’aspect déceptif de ma grande série de l’été (1,2,3) au suspense insoutenable, je viens vers vous avec ce dernier volet dans toute ma plus primitive humilité. En gros, je poste et je vais me cacher sous un caillou. Ok ?

Je devrais même dire, je fais des mojitos avec mes copines, j’écris déshinibée, je dors, je relis, je rougis, je poste quand même parce que quoi hein bon après tout c’est l’été on est entre nous, et puis je vais me cacher sous un caillou. Ok ?

Mais cessons de reculer, sautons, et reprenons.

Personne n’aime ma robe*, je suis très très énervée, je me défoule sur mon sorbet, et à la vue de l’orage qui gronde et du ciel couleur leggings, nous décidons, Mister Figue et moi, de rentrer à l’hôtel.

C’est l’atmosphère idéale pour avoir une petite conversation.

Sur le chemin, je suis du genre : renfrogné.?Dans l’ascenseur, je suis du style : vengeresse.?Dans la chambre, je m’assieds au bureau, je me tiens bien droite, je lève très haut un seul sourcil et je me lance :

Moi : “Bon alors, explique maintenant. Qu’est ce que tu n’aimes pas dans ma robe ?”

Lui : “Ta robe est belle, c’est juste qu’elle ne te va pas, regarde : là” (montre mes côtes) (?!!) (**)

Moi : (Le choc des mots fige mon visage. Je ressemble à Carla Bruni) “Wow. Tu es vraiment la seule personne au monde à remarquer des trucs comme ça. T’as vu les jambes, t’as vu le décolleté, t’as vu comme ça le fait trop ceinturé et t’as vu comment je me la pète ?” “Merde !” “Tu m’as cassé mon trip, maintenant je ne pourrais plus penser à cette robe qu’en pensant à mes côtes auxquelles je n’avais JAMAIS de ma vie pensé, sauf quand je m’en étais cassé une en snowboard, donc rien à voir, c’était juste pour dire que je fais du snowboard”

Lui : “oui mais tu vois, par exemple, ton débardeur de ce matin est tout simple mais il te va parfaitement.”

Moi : (L’extrême énervement pousse mes expressions dans leurs plus bruts retranchements. À présent je dois ressembler à Courtney Love en concert.)?“Je m’en fous, tu m’as cassé mon trip, cette robe, je ne la mettrais plus. En plus, je le savais, je le savais, JE LE SAVAIS QUE TU ALLAIS DIRE ÇA !!!” (ma voix ressemble à une craie qui dérape sur un tableau. C’est un moment de chic absolu que je tenais à vivre avec vous.)

Lui : “ben si tu le savais pourquoi tu l’as achetée ?”

Moi : (Là on est dans Thriller, je suis en train de me transformer en Monstroplante tellement je suis énervée) “ben tu veux savoir pourquoi ? D’abord parce qu’elle me plaît, ensuite parce que j’ai pris le risque de t’étonner, voilà pourquoi.” (Les femmes de chambre commencent à chanter We are the world dans les couloirs tellement je les émeus.)

(Je demande un peu plus de violons) “Puis parfois j’aime bien juste mettre un truc parce qu’il me plaît. Sans penser à ce qu’il met en valeur ou pas, sans me demander si ça va plaire, juste pour moi. (Ce qui est vrai, mais qui dans ce cas précis est un moment d’hypocrisie absolue, souvenez-vous des raisons qui m’avaient fait craquer pour cette robe).”

Et là, il voit que je suis une furie, que mes cheveux gonflent et que je commence à ressembler à Tina Turner, alors il me dit : “On n’a qu’à faire des essayages. Montre-moi comment tu peux la porter, cette robe. Je suis sûr qu’il y a du potentiel.” (Oh oh oh, il a senti la soirée moisie pointer le bout de son nez, il essaie de rattraper le coup, on va rigoler.)

“Tiens, regarde, essaye avec ça, là. Attends, défais-la un peu plus, là ? Je vois pas bien, fais glisser l’épaule, là, comme ça ? Et glisser totalement ?”

“Ah mais tu vois, voilà, comme ça. Je l’adore, ta robe.”

Ma robe est à mes pieds.

Les hommes sont des animaux sauvages.

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* Même si Géraldine demande un erratum et me dit : c’est pas que je l’aime pas, c’est que c’est tellement ton style QUE JE L’AI PAS VUE ! Vous en pensez quoi, je la crois ? C’est pas un peu comme le coup de L’HEURE SUR LE BLACKBERRY Géraldine ?

** Concédons-lui que les manches sont légèrement chauve-souris.

*** Bon. Pour me faire pardonner de ne pas avoir fait de photos de cette robe, j’ai fait l’impensable : je suis allée à un shooting pour Glamour (qui sortira à la rentrée) dans ma robe, genre, j’ai peur de rien. Donc vous pourrez la voir. Même si je ne pense pas que la réalité de cette robe soit un élément indispensable à la compréhension de la philosophie transcendantale de cette série, un peu d’imagination bordel !!!