Mais comment font ces filles pour être au top de tout ? Je veux dire, ok. On a pas le même lifestyle. Moi, je pars le matin avec mon appareil de 345 kilos sur le dos, et des tas de trucs, des téléphones, du maquillage que je n’utiliserais jamais, un pull dans le sac en cas de blizzard inopiné, un parapluie, un maillot si je veux me baigner, et je ne rentre pas avant la nuit noire.

Autant vous dire qu’arrivé 15h, je n’en mène déjà plus très large. J’ai les jambes en compote, les cheveux plats et les traits tirés. 17h, je me sens aussi chic qu’Amy Winehouse, 18h, je suis Courtney Love, 19h, tu me présente quelqu’un, je te mets une droite.

on parce que les new yorkaises, et plus particulièrement les filles de la mode… Remarque, même les new yorkaises next door, enfin, toutes ces filles qui ne sont pas moi ont toujours un air frais et dispos sur leur talons et peuvent se remettre du mascara en se regardant dans leur ongles tellement ils sont shiny. Mais, suis-je bête. Elles n’ont pas besoin de remettre du mascara. Ici, on ne coule pas, les gars.

Je suis sûre que leurs poils sont tellement obéissants qu’ils s’excusent de pousser, tiens. Pardon ! On est désolés, on a pas fait exprès ! Bzzzzuuuiiiit : ta gueule le poil. Rétrolaser.

Tu l’as bien mérité.

Leur peau ? Vous êtes sûres que vous voulez qu’on parle de leur peau où on s’immole par le carrot cake une bonne fois pour toutes et l’on parle de leurs corps ? Comme vous voulez, mais préparez-vous à plus du tout avoir envie de venir à New York. Oh, ça va, la Beckham. On sait que tu lis. Je ne parle pas de ton physique de Goldorak azimuté. Je parle de ces grands corps en pleine santé que l’on voit passer dans la rue, et que l’on aperçoit dans les multiples salles de sport, de danse, de pilates, de yoga, de saut en hauteur, de trapèze, de lutte gréco-romaine et de tout ce que tu veux, quoi.

Et qui, ces corps, quand ils arrivent au Starbucks, peuvent lire le nombre de calories de leur carrot cake (470, si ça vous intéresse), décider de le laisser à la petite française échouée juste là derrière qui essaie de prendre un air détaché en tâchant de traduire low-carb sur son Blackberry. Bon, low carb ça Google translate pas en français, je vous le dis. Et pour les calories, j’ai décidé de faire comme avec le dollar. J’enlève 20%, je divise par deux, je retiens 3 et j’arrondis en dessous et je m’exclame : pfiiou, c’est donné !

Bref. Les filles sont belles et je les envie. Pas parce qu’elles sont belles comme si ça leur était tombé comme ça par hasard dessus. Elles sont pas comme nous, les filles. Pas du genre à faire “Moi, belle ? Tiens, je ne m’en étais pas rendu compte, ça m’est tombé dessus, j’ai pas fait exprès ! Vous êtes sûrs ? Attendez je me regarde ! Ah oui, ben tiens, ben ça !”

Non non non. Belles, très sérieusement. Outrageusement au top du meilleur du sommet de la cerise sur le gâteau de ce qu’on leur a donné à la naissance.

Et bien je vous le dis les filles, on peut toutes être belles. Faut juste y bosser hyper dur.

Et moi, déjà, quand j’ai fait mon jogging j’ai une telle sensation d’autosatisfaction qu’il me faut un paquet de cigarettes et quatre cafés pour redevenir civilisée. J’ai pour règle de vie numéro 1 de ne jamais refuser une invitation à manger du chocolat et quand je mets mon vernis, je foire toujours UN ongle. Et puis après je n’ai plus le temps de le reprendre car j’ai rendez-vous pour boire des mojitos avec mes amis.

Et je vous le dis, le mojito, c’est pas low carb. La dernière fois que je me suis fait une soirée mojito-framboise fraîche, le matin je me suis pesée, et dans la nuit j’avais pris deux kilos.

J’ai soudain été hyper body-conscious moi aussi. J’ai décidé d’arrêter la framboise dans le mojito.

Bref, bravo les filles, c’est ce que je leurs dis, quand je les vois arriver dans leur nuage d’éclatante perfectitude.

Et qu’est ce qu’elles me répondent ?

“What ? How can you say that ?!!! Tu est française ! Fran-çaise ! Bonjouw madeumeizeeele ! Tu es sublime ! Tu as tout ! Tu as ce je-ne-seyy-kwoi ! Ne change rien ! Comment on fait pour être comme toi ?” Pfffff. N’imp’. Et le pire c’est qu’elles y croient !

Ouais, bon, voilà. En plus de ça, elles sont sympa.

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