C’est  assez marrant ce qui s’est passé avec Jane. Le premier jour où je l’ai vue à New York, j’ai tout de suite tilté sur son allure toute douce et sa dégaine simple et chic. J’ai pris une photo, on a échangé quelques mots, elle m’a dit son prénom, et c’est tout.

Jane bosse dans la mode, donc on pourrait s’attendre à ce que je l’ai croisée aux défilés. C’est vrai, mais ce qui est drôle c’est que ce n’est jamais exactement ce qui s’est passé. À chaque fois, elle m’est tombée dessus pendant que je faisais complètement autre chose que de prendre des photos.

Des choses du style boire un latte dans la rue en fumant une cigarette en croquant un cookie en téléphonant en portant trois sacs en lisant un magazine en fouillant dans mon sac (en général je manage ce tour de force jusqu’à ce que soudain tout s’écroule et surtout le latte dans mon sac le portable par terre et la cigarette sur mon écharpe. Par exemple.)

À chaque fois que je l’ai croisée, elle explosait donc de rire de me voir dans ces états de déflagration personnelle avancée.

Et moi du coup, j’étais trop occupée à vouloir en plus de toutes mes activités la photographier avec la main libre que j’arrivais à dégager de mon barda, trop occupée donc pour lui demander son point de vue sur la vie et qui était son coiffeur, qu’elle me le présente immédiatement.

Je ne sais donc rien d’elle, (voilà pourquoi je brode depuis 235 mots, me dites pas que vous n’aviez pas compris ?), juste qu’on s’est promis d’aller boire un café, assises, ensemble, lors de mon prochain séjour à New York.

Merde. Va falloir que je retourne à New York.