Hier, il m’est arrivé un truc trop bizarre, je suis sûre qu’Alice aux Pays des Merveilles aurait été super jalouse.

À la sortie du show Lagerfeld, moitié moins réveillée, j’aperçois l’une de mes explosions de couleurs [tee-shirt Comme des avec un énorme coeur rouge et pantalon littéralement arc-en-ciel], de coolitude et de nounoursitude préférée, Mark le Cobrasnake.

Je lui saute dessus pour lui faire un gros câlin, parce que c’est comme ça qu’on fait avec Mark le Cobrasnake : on est tous copains. Câlin, câlin. Wouhou ! Câlin !

À ses côtés, une brindille blond vénitien manque de s’envoler à la moindre brise. C’est encore une enfant, et elle a ce charme léger du printemps, on dirait, je sais pas, une espèce de papillon aux pieds trops grands.

Je dis à Mark : “je vais prendre une photo de ton amie, même si elle a 12 ans.”

Il me répond : “oh la, mais elle est loin d’avoir 12 ans…”

Je ne l’écoute pas et je demande à Julia si elle veut venir avec moi, là-bas, pour faire une photo.

HALLUCINATION #1—-> D’une voix de acidulée de dessin animé, elle me répond “sure !” avec un applomb à la Madonna.

Je me dis “Wow, à 12 ans, ça promet !”

HALLUCINATION #2 —–> Je commence à la prendre en photo, et là elle me sort toute une palette de poses plus sexy cooly tacky les unes que les autres. J’ouvre de grands yeux, puis vu que c’est une enfant, je la commande : Je lui dis : “Hey, oh, baby, but stop the posing !”

HALLUCINATION #3 —–> Je lui demande d’où vient sa robe, et alors là…

Elle commence à se lancer, dans un anglais agréable et dansant, dans une tirade philosophique sur la mode, et moi je suis tellement 20 000 lieues sous le Champignon Magique de voir une enfant me parler comme un livre que je ne me souviens même plus d’où vient la robe.

Mais c’est pas du TopShop, girls.

Puis son chauffeur arrive, elle me lance un clin d’oeil et elle file.

Vous auriez du voir mon visage : la bouche ouverte, la gorge sèche, les bras ballants, les yeux perdus dans le vague. Littéralement complètement déstabilisée.

Je vois un copain arriver et je lui dis, mais merde, c’est quoi cette apparition là ?

Il me dit tu devrais faire une recherche sur Google, je crois que c’est Julia Frakes.

Alors voilà. C’est tout. Je rentre chez moi, je googlise à fond l’apparition matinale, et cette nana est un vrai putain de phénomène !

Je n’ai pas tout compris et je suis bien entendu trop hyper naze etc, pour faire des tas de recherches, mais contre toute attente, elle n’a pas 12 ans (je vous JURE que c’est difficile à croire), elle est l’auteur d’un blog de mode qui s’appelle Bunny Bisous, si brillant paraît-il qu’il a attiré Paper Mag qui lui a demandé de couvrir certains défilés, auxquels elle est arrivée sapée, genre, en Balenciaga, avec Andre Leon Talley (La montagne du Vogue Américain) à son bras (ou plutôt vu l’écart de proportions entre les deux, dans sa main). À 18 ans. Moi, bras ballants.

Vous la connaissiez, Julia ?

En tout cas, moi qui cherchais un peu d’inspiration, me voilà captivée par cette créature étrange, sympathique et brillante, et j’adore son écharpe, et je veux en savoir plus, et je veux la revoir.

Et voilà ! Bonne journée ! Bunny Bisous ! Câlins ! Câlins ! Câlins !

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