Quand je vous parlais de faire s’entrechoquer les cultures vendredi, croyez moi je n’imaginais pas que ce serait à ce point là.

Ça a commencé à l’aéroport. Quitter le ciel gris et froid de Stockholm, s’endormir… Et se réveiller en plein été.

Rome est une ville éclatante. Tellement sublime qu’elle est intimidante. Tout est beau, tout est bon, tout est éternel. C’est légèrement étourdissant, presque écrasant. On veut goûter à chaque chose, on s’enivre, on en perd la tête.

Dans les rues, c’est un va et vient permanent. C’est bruyant, coloré, et je me laisse aller à imaginer faire des photos dans cette incroyable lumière. Mais sur ce plan là… Rien ne se passe.

Je me pers dans les rues, je caresse ces murs si vieux si vieux qu’ils s’effritent sous mes doigts et je me rends compte qu’il est l’heure d’aller au premier défilé.

Je suis super curieuse. Qu’est ce que c’est que cette histoire ? De la haute couture ? Des défilés ? À Rome ? Renseignement pris, ici, la haute couture a connu ses belles années dans les 70′s. Puis elle s’est épuisée et, Valentino parti, est devenue une sorte de pastiche pour quelques riches clientes et vieilles gloires du cinéma (n’oubliez pas Cinecittà) dont Rome regorge.

Tiens tiens. Quand on parle du loup ! Gina Lollobrigida est là. Elle ressemble à un énorme bonbon dans sa fourrure rose tagada et à vraiment du mal à s’extirper de son taxi mais son charme désuet est intact. Je m’amuse et je regarde passer devant moi les gloires locales. Tout le monde se connaît. La presse locale flashe les notables, on rit, on se salue.

Bon. C’est amusant… Mais pas bien rafraîchissant. J’ignore absolument à dessein de vous décrire toute tenue, prenez mon absence de photos de Rome comme un témoignage. Je décide d’attendre patiemment la romaine mûre de mes rêves, chic et pleine de caractère…

Mais elle n’arrive pas, ni non plus aucun frisson à la vue de ces quelques défilés qui se regardent eux-mêmes, trop contents de n’avoir surtout pas affaire au monde extérieur, comme si l’absence totale de presse internationale, plutôt que d’interroger, enveloppait le non-événement d’une couche de fourrure rose et acidulée.

Merde. C’est con quand même. Rome serait l’endroit idéal pour des défilés couture. Toute la beauté de la terre est ici !

Je repense à Stockholm et à toute cette jeunesse si consciente du monde qui l’entoure, si moderne, si connectée, si curieuse des autres, à l’énergie brouillonne mais qui t’emporte comme un tourbillon…

Et je regarde Rome et je me dis bon. Ouais. Ok. Vraiment, j’aurais voulu adorer.

J’en parle autour de moi. On me dit de venir assister au dernier show, que ça va peut-être m’intéresser. Je veux y croire, j’y vais. Je vais en backstage, je regarde, je touche… Et enfin il se passe un truc. Un petit truc. C’est Gabriele Colangelo, un jeune designer qui a été invité à défiler à Rome… Je respire.

Son défilé témoigne la volonté de Rome à revenir sur le devant de la scène. Il en faudra, de l’énergie, de l’ouverture et de l’enthousiasme pour réveiller cette vieille actrice perdue dans les images de son flamboyant passé. Mais j’ai envie de croire que ça va arriver.

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Je crois qu’à part mes théories hasardeuses sur la mode, j’ai huit mille trucs à vous raconter sur l’art de voyager par Garance Doré. À mon avis vous allez bien rigoler.

Oh, et merci pour vos commentaires super drôles de ce week-end ! Vous êtes trop forts ! Moi aussi j’avais pensé à Carine et à Mick ! Et je ne savais pas que Nike, l’incroyable mini-Carine avait un blog, sinon je vous l’aurait signalé.

Et merci aussi pour vos tips pour Rome, ils m’ont bien servi et j’ai adoré ! Bonne journée !