C’est fini depuis longtemps, l’époque où l’on disait que mannequin c’était un métier d’imbécile. Non. Mannequin, c’est un vrai, un dur métier. Être jolie, c’est une toute petite partie du boulot. Au bout d’un moment, un quasi hors-sujet.

Cet hiver, j’ai fait quelques castings. Pour la première fois, et pour mon grand bonheur, en me demandant avec laquelle des filles que j’allais rencontrer j’aimerais bosser.

La plupart d’entre elles passent, on les regarde et on les oublie immédiatement. Et on désespère. C’est que l’équipe qui va habiller, maquiller, coiffer et prendre en photo le modèle a besoin de rêver. Une scéance de photos, c’est un rêve à plusieurs. Et plus on y croit, plus ça va être magique. On regarde donc les filles passer, on leur pose des questions, on essaye de les faire vivre, bouger, raconter.

Une question que je pose à chaque fois : tu as envie de faire des photos ? Là, en un regard, on sait.

Et puis soudain arrive dans la pièce une décharge électrique. Il y a des filles dont le magnétisme dépasse tout, qui font bondir l’appareil photo tout seul. Vous connaissez mon amour pour Lara Stone, pour Irina Lazareanu, ou pour Valentine Fillol-Cordier… Ces filles, quand on les rencontre, on comprend tout de suite pourquoi elles squattent les couvs des magazines.

Mais il y a aussi toutes les autres. Moins explosives. Mais intéressantes, différentes, curieuses… Ou tout simplement avec plus de désir que les autres.

On voit dans leur façon de bouger, dans les vêtements qu’elles ont choisi, dans l’énergie qu’elles dégagent.

A Stockholm j’ai croisé des tas de jeunes mannequins. J’ai adoré le charme éffronté de Nike, le regard étrange de Clara, et le côté baby star d’Alma. Et puis j’ai aussi craqué pour Béata, ci-dessus, qui a déjà tout compris. Qui sait se rendre disponible, qui pose des tas de questions, qui se cultive un style bien à elle, fait de vintage, de chemisiers en dentelles et de sequins.

Ça me rappelle un truc que dit Chet Baker dans le génial film Let’s Get Lost de Bruce Weber : ‘dans la vie, trouve un truc que tu aimes vraiment faire, et ensuite apprends à le faire mieux que personne.’

Le désir ! Rien ne dit ces baby-tops arriveront un jour au sommet. Mais c’est en jouant le jeu, en se donnant sans compter et en allant vers son désir qu’on trouve son chemin, non ?

Bisou !

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PS : le titre est inspiré par une chanson du nouvel album de Francoiz Breut, une chanteuse que j’adore. Je vous l’ai mise en écoute dans la sidebar, si ça vous dit…