Les matins de fashion weeks ne sont pas des matins comme les autres. À l’heure où d’habitude je suis en tee-shirt sur mon canapé, un mug de thé fumant à la main à bosser sur mon ordi, là je suis dans la douche, les yeux à moitié ouverts, des cheveux dans la bouche, avec mon tee-shirt, un mug de th… Ouh merde.

Avec mon mug, dans la douche. Voilà le genre de trucs qui m’arrivent pendant les fashion weeks.

Oui. Ces matins là, je suis explosée de fatigue, j’ai déjà 236 mails en retard et 12 jours de courrier pas ouvert, ma mère que je rassure au bout du fil car elle est sur le point de lancer un avis de recherche international, et je devrais être partie depuis 25 mn. Et en plus, faudrait que je sois chic.

Mais pas seulement chic en fait. Chic-cool-branchée-classe-sexy-tendance-sans trop en faire parce que bon vu les temps qui courent faudrait pas exagérer.

Et puis confort. Parce que même si j’ai moi-même parfois tendance à l’oublier, je prends des photos. Sous entendu je marche, je bouge, je me penche, je me casse la gueule et je cours parce que je suis toujours en retard.

Et pourtant, dans le milieu socio-culturel très segmentarisé (mincissitude appréciée, dévisageage Nord-Sud Sud-Nord, sens de la réplique qui tue dès le petit matin (“Tiens, salut, ils t’ont encore perdu ta valise ?”)), qu’est la mode, j’aurais dû depuis longtemps développer l’art de me composer des tenues idéales.

Genre, des tenues simples, faciles à vivre, avec le petit détail qui tue et qui enlève l’ensemble, belles, simples, irréprochables.

Si vous voyez ce que je veux dire.

Mais non. Pas du tout. Je sors de ma douche, toujours avec mon mug, parfois avec encore du baume sur les cheveux (oui, ça aussi, ça m’est arrivé) j’ai une idée de tenue géniale, je passe le truc, puis je me rends compte que la moitié Sud de ma tenue géniale est au lavage, je recompose l’ensemble en poussant des oh et des ah, mais rien n’est aussi génial que ma tenue géniale, je commence à essayer tout ce qui me passe par la tête, rien ne va, je m’applique à être bien spectaculaire dans le jeter elliptique de mes fringues au plafond pour créer une l’ambiance hystérique de type 5 (backstage de défilé (mais toute seule)), je commence à suer, j’ai envie de reprendre une douche, je me calme, respire, respire, respire.

(si vous ne voyez pas à quelle parodie hilarante je fais référence, foncez ici et revenez m’en donner des nouvelles).

Puis je finis par attraper une bonne tenue bien normale (= les boules) et je m’envole, non sans avoir oublié de me maquiller, de me coiffer, et de prendre mes invits pour les défilés.

Oui, voilà voilà. Tout le négligé de la parisienne résumé en quelques lignes, c’est simple, finalement.

Et pourtant.

Non mais regardez ces filles. C’est pas du pur chic-cool-branchée-classe-sexy-tendance-sans trop en faire ? Chacune dans un style différent ? Une paire de chaussures qui claque, une paire de mitaines. Ou une paire de shorts. Bon sang mais ça tombe sous le sens non ?

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Alors, et sinon, j’ai un truc à vous dire, dont je vous parlerais certainement plus longuement bientôt parce que ça a été une aventure plus qu’intéressante… Mais pour le moment je suis trop stressée pour le faire, car je n’ai pas vu le résultat et que ce genre de chose c’est un peu énorme quand même…

Si c’est bien comme on me l’a dit, aujourd’hui j’ai mon portrait dans le Libé. Oui, sur la dernière page. Mon dieu mon dieu. Je ne pourrais pas le voir avant mon arrivée à Paris vers 15h, et je peux vous dire très honnêtement que je vais me ruer sur le premier kiosque avec appréhension. J’ai vraiment l’impression de m’être racontée et… Mais on en reparle. En tout cas vous savez, si vous avez envie d’y jeter un oeil…

Voilà c’est tout pour aujourd’hui, il est temps pour moi d’aller m’habiller, ahah ! Bonne journée !

EDIT : NON, FINALEMENT C’ÉTAIT PAS AUJOURD’HUI !! Bon, je vous tiens au courant… Bisou !