Surtout, ne m’écoutez pas. Faites l’inverse ce que je vous dis. Je suis gaie, je suis triste, je suis dramatique et je suis merveilleuse, je suis tout et son contraire, mais je retombe toujours sur mes pattes. Je suis je suis… Je suis la mode.

Bah voilà. C’est la faute de la mode. Un jour elle me donne envie de simplicité et de talons plats, et le lendemain elle m’éblouit avec des cuissardes vertigineuses, des jambes interminables, des sarouels soyeux, des imprimés animaliers à en faire exploser l’arche de Noé, et du too much exactement comme je les aime, exactement comme ça :

Et ça me rend complètement Rachel Zoesque : “Giovanna ! Non mais ça va pas de te faire faire une méga-chevalière à ton nom ? T’es folle ! C’est carrément génial !!! Je veux la même, tout de suite ! Et ce pantalon… Rah, vous allez finir par m’avoir avec tous ces imprimés, j’adore !!! Où tu l’as trouvé encore ? Allez, qui, qui, qui ?”

“Quoi ? Kate Moss pour TopShop ?!! Merde tiens. Mais je vais m’évanouir. Tu peux lire la détresse sur mon visage, là ? Vite, filez-moi un ordi, il en reste sur le site ?” Giovanna explose de rire à mon discours d’hystérique de la mode.

Calme, moi ? Apaisée ? En pleine sagesse post-recessionesque ? Oui ben finalement ça dépend des moments. Je le vois bien que j’ai des fringales de cuissardes qui me prennent à quatre heure du mat, des clics intempestifs chez Yoox, des pulsions chaussure irrépressibles et l’envie légèrement honteuse de faire tout comme mes stylistes préférées.

Tout ça, c’est sûrement aussi à force de voir de plein de shows, d’aimer, de détester, de ne plus savoir qu’en penser, de me faire une opinion, de trouver qu’encore une fois je n’avais rien compris en lisant soir et matin les super chroniques de Suzy Menkes et de Cathy Horyn, avec qui je suis toujours d’accord même quand elles ne sont pas d’accord entre elles, bref, de me faire une overdose de mode, que je suis prise par des fièvres de mode.

Bah quoi ? La légèreté, quand ça te prend, ça se contrôle pas, non ? D’ailleurs faudra que je vous raconte mon dernier achat, comment ça s’est fait et pourquoi. De Givenchy à Zara, hein, vous savez… Il n’y a qu’un pas, que je me délecte de sauter. Bonne journée !