M’arrive des trucs en ce moment, non mais je vous jure. J’étais tranquille, en train de boire un verre de champagne chez Vanessa Bruno hier en attendant le défilé, relax, quand soudain, une très forte lumière. Je cligne des yeux. En dessous, une caméra. Et sous la caméra, un jeune homme charmant qui me demande si je veux bien répondre à quelques questions à propos de la fashion week.

Moi en fait, je veux pas. J’ai pas vu tous les shows, j’ai tellement ma dose de mode que même les mots fashion week me rendent nevrotique. En plus j’ai la dégaine approximative d’une fille qui s’est pris les giboulées de mars sur le coin du smoky eye, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, non. Puis je les connais les cameramen, je les ai déjà vu avec Loïc Prigent. Et moi, j’adore regarder les émissions de Loïc. Mais vu comme parfois on s’y moque des gens, pas forcément être dedans.

Non, donc.

Ouais. Bon.

C’est sans compter la force de persuasion du journaliste et la coupe de champagne. Allez savoir pourquoi, trois bulles et mon non se transforme en oui.

Donc, à froid, question. Quelles sont les tendances à venir que je vois venir du haut de ma longue vue ? Bien sûr, j’en sais rien. À part deux trois jupes longues, les cuissardes, je trouve que rien ne change. Ah si, on ne porte plus de it-bags. C’est bien non ?

Plus on me pose des questions, plus je raconte n’importe quoi. C’est bizarre de devoir avoir des avis sur tout, moi qui change tout le temps d’avis. Et c’est bizarre à quel point devant une caméra, un micro, on se sent obligé de répondre. On veut être gentil, on ne veut pas dire “je ne sais pas”, alors on dit ce qui nous passe par la tête.

Alors quand on me demande, pour finir, comment s’habiller en ces temps de crise, je repense au billet que je voulais faire pour aujourd’hui. Je voulais vous parler d’aller fouiller au fond de votre placard, de celui de votre maman, ou de votre fille, et de tout recomposer. De porter la veste super posh de grand-mère avec une veste à capuche en cuir comme sur la première photo, de rajouter une énorme écharpe sur une robe super chic et de mélanger tous les imprimés comme la géniale Gloria que je n’en finis pas d’espionner. Et le tout en couleur, of course.

Prise dans mon élan d’inspiration, je m’envole. Et je ne la sens pas venir, ma connerie. Je m’entends dire : “l’idée, c’est shop your closet, tu vois ?”.

Et pan ! Dans le mille ! Ridicule. Tout à fait le genre d’anglicisme dit avec un accent venu de la planète n’imp’ où tu regarde la télé, tu te dis vraiment que ces filles qui boivent du champagne dans les défilés ont un sérieux grain, en plus d’avoir l’air dévasté. Je vois le visage du journaliste qui s’éclaire : “Et ben voilà ! C’est top !”

Grumph. Je finis ma coupe de champagne et je vais prendre ma place en me disant qu’on ne m’y reprendra plus. Jamais. Non. A dire des conneries plus grosses que moi. Jamais. Plus. Never again is what you swore the time before. Puis un quart d’heure après, j’ai oublié.

Quoi ? Mon avis sur le show Vanessa Bruno ? Euuuh… Ouais, bon, ok !