Robe inspirée d’une… Balmain, of course !

- Allô ma chérie ? C’est maman. Bon, alors, ça y est ? Redescendue sur terre ? C’était comment ces fashion weeks ?

- Et ben j’ai vachement pensé à toi. Tu te rappelle, tes épaulettes ? Comme je me moquais devant ton manteau Mugler ? Et bien j’en ai vu partout. Franchement j’hallucine. Moi qui croyais que c’était juste un truc de podium. Je croyais qu’il y avait des trucs qu’on enterrait définitivement. Et non.

- Bah quoi ? C’était vachement bien les épaulettes, qu’est ce que tu crois ? Ça structure le corps, ça mincit, on ressemblait toutes à des déesses ! On en mettait partout. Même sous les tee-shirts. Moi, j’avais trouvé un système de scratch à toute épreuve. Sinon t’avais Martine, elle, carrément elle les coinçait sous les bretelles de ses soutien-gorge, la grande classe quand elle rencontrait un mec.

Bon, et puis t’avais Corinne. Elle, elle en mettait 4. Deux sur les épaules, deux dans le soutien-gorge !

On adorait ça. On se coiffait à mort on se faisait belles et vaam, vaaam, on marchait dans la rue comme des robots.

- Attends maman c’est quoi ce délire. Comment tu peux aimer avoir la démarche d’un robot ?

- Bah t’imagines pas ce que c’était la femme à l’époque. On assurait sur tout. On passait juste après les années 70 et au lieu d’être libérées, fallait qu’on assume le double de trucs : les enfants, le boulot, être super belle et en plus fallait s’éclater… Si t’avais pas une vie sexuelle de folie t’étais la dernière des nazes. Alors ouais, on était un peu des robots, hein, quand même.

Du coup on passait notre vie à bosser, et a sortir, et à montrer comme on était heureuses dans notre réussite. Avec nos épaulettes.

C’est pour ça que notre angoisse de la mort c’était l’épaulette qui se barre. T’es là, à fond dans ton truc de queen of the world à marcher, vaam, vavaaaam, dans la rue comme un robot, et là t’as l’épaulette qui se barre. T’as pas l’air con.

Le pire c’est en boîte. Tu te démènes comme une dérattée sur Michael Jackson avec ton look à la Michael Jackson, quand soudain, déconnage de scratch, épaulette au milieu du dance floor, total Thriller. Ou bien soudain tu te retrouvais avec 3 seins. Wooooouups !

Oh non, attends, la plus grosse angoisse en fait c’était ça : partir en voyage et oublier ses épaulettes. Du coup on s’appelait avec les copines avant pour vérifier. Oh la la. Ça m’est arrivé une fois. L’angoisse ! C’est comme aujourd’hui quand t’oublies ton portable ! Tu te sens toute nue !

Ouais bon. On était un peu hystériques, mais on a bien rigolé.

- Oui, ben écoute, tu peux être contente, les épaulettes sont de retour et pour de bon !

- Moi, contente ? Euh, c’est bon, je l’ai déjà vécu une fois, ça va la wonder woman night & day, j’ai donné, j’y crois plus. En plus je te raconte pas après 10 ans de silhouette en béton, quand il a fallu enlever nos épaulettes, on s’est senties toutes nues, on faisait de la peine à voir tiens. C’était nul !

- Je comprends. Euuuuh, dis moi maman, tu l’as mis où ton manteau Mugler déjà ?