Girls, I did it. Oui. Pour une fois que je mettais pas un titre en anglais, fallait bien que je me rattrape hein. Je disais donc, girls, girls. I did it.

Tout a commencé un jour de décembre. J’étais en train d’expliquer à trois copines à quel point mon esthéticienne me les brisait menus. Les poils. Qu’en plus elle parlait trop, qu’elle faisait mal, et qu’elle n’avait pas aimé le show Chanel, ce qui compromettait les fondements même de notre relation. On ne dit pas de mal du show Chanel.

J’ai levé les yeux, et devant moi, trois visages tendus, six yeux écaquillés et trois bouches, bées.

“Quoi mais Garance mais Garance mais Garance mais mais mais mais Garance Garance Garance…”

“Mais quoi ?”

“Tu l’as pas faiiiiiiit ?” Bruits de bris de glace dans la voix.

“Mais quoi ?”

“Mais le laser !!! Tu l’as pas fait le laser ?”

“Bah non ! Pourquoi, tu l’as fais toi peut-être ?”

“Bah ouais, mais bien sûr !”

Je me retourne vers Marie. “Tu l’as fait toi Marie ?”

“Bah ouais ! Comme ça je suis toujours nickel. Plus aucune raison de refuser de rentrer à la maison avec un garçon. Mon drame. Ma vie depuis : dissolue. Tu veux que je te parle de ma vie dissolue ?”

Non, pas là. Mais t’inquiète au cas où j’ai pas mis ton vrai prénom. Et toi Laeti. Sauve moi. Me dis pas que tu l’as fait !

“Si ! Bien sûr que je l’ai fait non mais pour qui tu me prends ? Peau de bébé, tous les jours de l’année !”

Merde. Ça n’allais pas se passer comme ça. J’ai pris rendez-vous illico avec ma chère dermato, et quelques jours après j’étais en culotte rose à froufrous, une paire de lunettes protectrices Margielesques, ou presque, roses, sur le nez.

Fifi Chachnil” !!! Me dit mon esthéticienne en pointant son rayon laser vers mon entrejambe. “H&M”, je lui réponds en un gloussement complice.

Trois minutes après avoir commencé, même pas mal. Je décide de tout faire, du sol au plafond. Stars Wars me voilà. Cet été, je serais imputresciblemment nickel. Et puis après j’irais montrer ça à mon esthéticienne en lui disant que ça lui apprendrait à parler à tort et à travers du show Chanel entre deux bandes de cire. Non mais. Oh.

Quelques temps après, partiellement hair-free (ces choses là ça prend du temps, quand même) et très fière de l’être, je bois un verre avec trois autres copines. J’entends :

“Ah mais non mais ces filles elles sont folles avec la chirurgie esthétique ! C’est nul : d’abord il paraît que le Collagène ça descend dans les joues, comme chez Adjani. En plus ça infiltre, on sait pas du tout quels effets ça a sur la santé !!! On dit que le Botox ça s’infiltre dans le cerveau et que ça paralyse les neurones !

“Ah ouais non mais trop vrai ! Trop nul ! Les filles sont folles !” Je dis.

“Non mais c’est comme ce truc qu’ils appellent la médecine esthétique, là. Foutage de gueule, là. Un coup de bistouri par-ci, un coup de laser par-là… C’est de la chirurgie et puis c’est tout !”

“Ouais pour certaines, c’est même de la sidérurgie”, je participe, très drôle.

“Non mais parce que l’épilation laser, tout le monde dit que c’est génial, mais c’est super dangereux ! Autant grimper direct sur une antenne-relais, ça te file des cancers direct ça.”

“Ah ouaaaaais c’est vraiment… Suuuuuper nuuuul.” Je me liquéfie.

Bah voilà. Je suis partiellement hair-free. Mais je sais pas pourquoi, j’ai décidé d’en arrêter là. C’est mon esthéticienne qui va bien rigoler.