“What ? Tu vas au Saturday Night Live ! Voir Phoenix ? Wow. Mais c’est carrément mythique !”

Ce qui m’est arrivé, c’est un peu un hasard. Une invitation lancée entre deux verres de vin et un morceau de Dalida. Pierre devait suivre le groupe pour les Inrocks. On serait à New York en même temps. Pourquoi pas ?

C’est en arrivant au Rockefeller Center, samedi aprèm, que j’ai pris la mesure du phénomène. Aussitôt arrivé au 8éme étage, tu rentres pas dans des studios télé, tu rentres dans la légende.

Tout est mythique. De la scène en passant par les loges, jusqu’aux aux toilettes où quelques heures plus tard, j’allais tomber nez à nez avec Ed Norton.

Le big hug by Phoenix

Je pense que je ne mesurerais jamais le vertige qu’ont dû ressentir les membres de Phoenix. Le SNL, c’est l’une des choses les plus importantes qui peut arriver à un groupe. Plus de 10 millions de téléspectateurs, l’Amérique en face, un rêve à la Johnny Hallyday, en vachement plus vrai.

Quand on a débarqué avec Pierre, on était comme des mômes. On s’est mis à explorer tous les recoins pour en voir le plus possible. Le studio, les costumes, les acteurs, les équipes, les cantines. Un monde fou, des studios minuscules, apparemment personne pour diriger tout ça. Juste la sensation d’une mécanique huilée au sourire, à l’humour et à la fierté de bosser là.

Et Phoenix ?  Et bien… C’est très simple : après 10 minutes, j’avais l’impression de faire partie du groupe. C’est des anges.

Ce n’est qu’au moment où, un verre dans une main, un cookie dans l’autre, totalement à l’aise dans la vie à blaguer avec je ne sais qui, j’ai vu Thomas commencer à enlever son tee-shirt pour mettre son habit de scène que je me suis dit que j’étais peut-être en trop. Quand même.

Dans les loges, ça commence à devenir surréaliste. On dirait une ruche. La plupart des gens bossent. D’autres sont là pour faire la fête. D’autres comme… Edward Norton. Oh merde. Pierre ! Edward Harrison Norton. Je vais faire une attaque. Choquée, je fais volte-face.

Je fais volte-face, et là j’ai droit à un grand sourire. Mais non. C’est Renée Zellweger. À ce niveau là de stars hollywoodiennes, je sais plus quoi faire. Et comme quand je suis stressée je parle et je raconte des conneries, je commence à bavarder avec elle. Et elle, et ben elle parle avec moi. Wow. Pfiou. Wouh !

Pierre, lui, est toujours aussi cool. C’est quand même dément d’être aussi cool. Pierre, putain, PIERRE !!! Y A ED NORTON LÀ !!! Woh ! Wake up !!!

Mais Pierre, en fait, il s’en fout. Il a une mission, c’est ramener un autographe d’Andy Samberg pour Diane, qui, de l’autre côté de l’Atlantique, est à deux doigts de s’immoler par le SMS tellement elle voudrait être là.

Des portes s’ouvrent, le public entre, les loges se ferment. Chris, Thomas, Deck, Branco, Rob et les autres s’enferment dans leur loge. Puis en ressortent, cinq minutes avant leur passage, pour un rituel pré-show super étonnant, entre danse, boeuf, combat et trucs semi-mystiques, genre grimpage au mur. À regarder c’est assez génial. Ça finit par un hug général et c’est parti.

Wow. Ils montent sur scène et commencent à jouer. C’est trop bien. J’ai un moment de surintensité émotionnelle, je saute dans tous les sens comme… Renée, qui pousse de petits cris de joie. Elle adore elle adore elle adore.

C’est dément, l’ambiance est surélectrique et le truc se termine en fête, tout le monde rit, chante, applaudit et se hugge, ce qui ne veut pas dire qu’ils s’envoient des bottes fourrées au visage, mais bien que tout le monde se serre très très fort dans les bras.

Moi aussi. Je hugge tout le monde, même Renée, mais pas Ed, (Message perso. Ed, si tu m’entends, tu ne sais pas ce que tu as raté.)(Moi si)(… Je sais ce que j’ai raté) et puis on s’engouffre tous dans des voitures pour aller à la mythique after party du mythique Saturday Night Live avec les mythiques Phoenix et l’over mythique Pierre avec Diane toujours mythiquement en direct de Paris sur son téléphone.

Sauf moi. Moi c’est ma fatigue qui est mythique et puis c’était trop d’émotions. Il est trois heures du matin. Ça suffit. Je demande au chauffeur de faire un crochet par chez moi. Je rentre et je m’écroule, jet laggée de la mort. Au loin, j’entends une sirène… Wow, Johnny. L’Amérique.