“Non mais, parce que tu vois, j’ai quand même fini par comprendre que le truc maintenant c’est de ne pas assortir.”

“MAIS OUAIS exactement ! Surtout pas. Et en fait, tu sais quoi ? C’est pas un truc facile.”

“Carrément ! Moi, quand je mets des chaussures rouges, ben si je mets pas au minimum un foulard rouge, je me sens pas bien toute la journée. Une fois je suis même rentrée chez moi me changer.”

“MAIS MOI PAREIL ! Tu crois que ça vient tout seul d’être bien désasortie ? Pas du tout ! Regarde, la dernière fois, je mets un tee-shirt blanc et un boyfriend pants. Je me dis que mes boots dorées seront juste ce qu’il faut pour ajouter une touche féminine à cet océan de menswear. Je mets les boots, c’est cool, et là, mes mains se dirigent toutes seules vers mes foulards, comme télécommandées : elles attrapent mon châle doré et hop, ni vu ni connu, je suis matchy-matchy. C’est nul ! Je te dis pas la lutte psychologique avec moi-même pour enlever le foulard !”

“Ça tient littéralement de l’inconscient ! Mais je sais d’où ça vient. De ma mère. Je me rappelle parfaitement quand elle me disait avec sa petite voix : “Oh, c’est beau, c’est BIEN ASSORTI !” Dès fois je t’avoue je suis même un peu fière de moi quand ma culotte est assortie à mon sac. Ça me donne une espèce de sensation de plénitude, tu vois, un orgasme domestique à la Bree Van de Kamp… Ridicule.”

“MAIS VOILÀ ! La voilà l’idée ! À partir de maintenant quand l’envie d’assortir sera trop forte je riposte avec le coup des dessous. Génial ! Hum… Ouais. Tu saurais pas où je pourrais trouver une culotte dorée ?”