Tout a commencé à cause du jog Marant qui est une catastrophe internationale. From Paris to New York en passant par le siège 456A d’Air France coincée entre deux bébés qui me bavent dessus, je ne le quitte plus, et toutes mes copines me disent que ça fait une super dégaine, donc, je le quitte encore moins. Je suis dingue du confort et de la cool attitude qu’il procure. Et quel est mon but dans la vie ? Être cool, qu’est ce que vous croyez ?

Il fallait absolument prolonger ce miracle, et une idée de génie a éclot un matin. Ni une ni deux, pas tout à fait réveillée, en allant chercher mon café, j’ai foncé chez AmApp, où j’ai trouvé un jog d’un gris parfait. Je l’ai pris bien serré, [le jog, pas le café], je suis rentrée dare-dare, et devant les yeux ébahis de Scott et de Tracy, j’ai coupé net, au dessus du genou, sans autre forme de cérémonie.

Je l’ai retroussé, et j’ai ensuite enfilé une paire de talons orange, un tee-shirt rayé, un blazer, et j’ai attendu mes applaudissements en faisant le V de la victoire.

30 sec, chrono. Mon café était toujours brûlant.

Ensuite, je me suis partie toute seule me faire un festival de “je me la pète” : Je suis allée au show resort d’Alexander Wang, où Kate m’a dit que j’étais trop supercuuute avec mon sweatpants, et où je suis tombée à la renverse quand j’ai vu qu’Alex m’avait copiée par anticipation. Quelques jours après, Tracy, qui m’avait bien sûr demandé au préalable une autorisation de copier en bonne et due forme, que je lui avais signée avec fierté, est arrivée avec ce qu’elle avait appelé le G-sweatpants, une paire de talons et une chemise à carreaux.

C’en était trop : un éclair d’orgueil foudroyant s’est abattu sur moi. Genre ce qu’a dû ressentir Gaultier quand il a vu que sa mode des seins coniques, même si c’était n’importe quoi, diable ! ça prenait.

Je sais. Dans quelques mois, je me demanderais ce qui m’a pris de porter ça. Cette chose fera partie de mes pyjamas de la honte, ceux qu’on ne sort que les dimanches pour aller chercher des magazines de la honte avec une coiffure de la honte. En attendant, et puisque déjà, je vous entends me supplier, je vous signe à tous une autorisation de copier. Me dites pas juste merci, noooooon. Dites : Merci G !