Bien. Évidemment, ci-dessus, ce n’est ni moi, ni mon vélo. Mais pour que vous compreniez bien la coolitude du vélo à Amsterdam, il fallait au moins une vraie hollandaise sur un vrai vélo hollandais.

Parce que des filles cool sur des vélo, à Amsterdam, on en croise tout le temps. C’est bien simple, j’ai demandé autour de moi. Personne ne connaît quelqu’un qui n’a pas de vélo. Wouh, la phrase qui tue. Enfin, tout le monde a un vélo, quoi.

“Trop bien. Vous avez toutes des jambes en béton armé” je parie, hyper perspicace.

“Non, m’a dit Ramona. Nos jambes, elles s’en foutent du vélo. Elle sont trop habituées.”

Ah. C’est quand même con.

Ramona a été mon ange gardien pendant ces quelques jours merveilleux à Amsterdam. C’est elle qui m’a vissée à un vélo dès la première demi-heure. C’est elle aussi qui m’a appris que :

- Quand tu gares ton vélo parmi les 350 vélos agglutinés à chaque spot, si tu les fait tous tomber C’EST PAS TA FAUTE. C’est leur propriétaires qui les ont mal garés. “Même si tu les fait TOUS tomber, Ramona ?” “Oui Garance. Tant que le tien est resté droit, tu peux partir la tête haute. Personne ne te dira rien”. Dont acte. Et plus d’une fois.

- On peut tout faire à vélo. Téléphoner, Googliser un restau, manger un sandwich, tenir un parapluie si il pleut (TOUT le monde fait ça, c’est impressionnant), CHANGER DE CHAUSSURES EN PÉDALANT, FAIRE UNE SIESTE. On a même fait du biking streetstyle, la preuve avec Elza ci-dessus. Quand on l’a trouvée, on était en vélos. On l’a poursuivie, de vraies biking follasses.

- Il faut donner un nom à son vélo, c’est impératif, c’est comme ça. Quand j’ai demandé le nom du sien à Ramona, elle n’a pas été capable de me répondre. N’empêche, j’ai tellement voulu y croire, à cette histoire de noms… Tellement… Non mais regardez bien la photo ci-dessous, et, obligé, vous me comprendrez.

Il était là. Perdu, seul au milieu de la multitude. Quand je l’ai vu, j’ai su que c’était lui. Mon vélo, mon allié, mon compagnon. Je ne pouvais pas ne pas lui donner de nom.

Chuck Bass. Ouais. Quel meilleur patronyme pour définir ce mélange d’élégance racée et de stylisme risqué ? Parce que bon… Avec Chuck Bass, je peux vous promettre que partout où vous allez, vous ne passez pas inaperçu. Aaaah, ça, c’est de la limo première classe.

Signé, la fille ABSOLUMENT RIDICULE pendant une semaine avec son macaron rouge et blanc spécial “salut, je suis une touriste, quand vous voulez vous arrêtez de me doubler avec un air super énervé-suffisant-irrité, hein, messieurs et mesdames les Amstellodamois.”

M’en fout, c’est mon Chuck Bass à moi, je l’aime. Et ce matin, en le regardant une dernière fois avant d’aller prendre mon train, j’ai versé une petite larme. Il a pas bronché.

Ces vélos. Tous des salauds.