Mes soeurs et moi, c’est l’amour. Rien de peut nous séparer. Quand on se retrouve, on fait que parler, on rit comme des baleines en lisant Voici, on s’échange des conseils amour, gloire, beauté, et des bisous. Youhou !

Tout le monde dit I love you.

Rien ne peux nous séparer donc, à part une petite jupe en cuir de chez Zara.

Car quoi qu’on fasse, le temps passe et nous rapproche de mon départ. Et voici qu’un jour j’arrive dans ma chambre, et que je retrouve mes deux soeurs penchées sur ma valise, en pleine inspection détaillée.

Ma soeur : “Woooooh trop beeeeelles tes Tribute !!! Ta chemise en jean ! Ta petite jupe en cuir Zara !!! Tu me la doooonne ?”

Moi : “On fait un truc. Je te la donne pas. Mais quand je rentre je vais chez Zara et si elle y est encore je te la prends et je te l’envoie. Je l’aime trop, peux pas te la donner. Même sous la torture.”

Laetitia : “Bah ça va. Détends-toi. Donne-la moi direct sans passer par La Poste. Ils en auront encore chez Zara. S’ils en ont pas je te la renvoie.”

Sacha, avec mes RayBan sur le nez : “Tu me donnes tes RayBan ?”

Moi : “Mais t’as les mêmes !!!”

Sacha : “Oui mais les tiennes elles sont mieux” (!!?).

Moi : “Huuuum… Attends je réfléchis… NON”

Moi, après une seconde de réflexion : “T’as pas voulu me donner tes spartiates d’abord. Et toi, envoie ton sac Chanel après on discute.”

Bah ouais, bah non ! Même si je suis l’aînée, je suis pas un ange du tout ! JE SUIS LA PIRE !!! Qu’est ce que vous croyez. Avant même qu’elles n’aient inspecté ma valise, j’avais passé au peigne fin leurs deux dressings et déjà fait une liste de mes désirs longue comme le bras. Sac Chanel et fin de non-recevoir inclus.

Laetitia : “Un Chanel ça vaut pas une jupe Zara. Je suis peut-être une désespérée du Zara (il n’y a pas de Zara en Corse)(L’enfer au Paradis !). Mais pas à ce point, merdeuse. Allez venez on descend. Je vous fait des milk-shake banane.”

Vous sentez la pression qui monte ? Vous trouvez qu’on est graves ? Pfffff, C’EST RIEN !!! Pour faire court parce qu’on va pas y passer la journée et que vous avez compris le concept, rendons-nous tout de suite au dernier jour avant mon départ.

Sacha, mes lunettes toujours sur le nez : “Tes lunettes.”

Moi : “Non.”

Sacha, énervée, jette les lunettes sur le lit : “Tes nus-pieds alors.”

Moi : “Ok : tes spartiates.”

Sacha, énervée, 14 ans : “Naaaan ! C’est le SEUL TRUC QUE J’AI et vous voulez TOUJOURS TOUT ME PRENDRE !”

Laeti et moi, morte de rire : “Wouaaaah ah ah la victiiiiime. Le seul truc que j’ai ah ah non mais n’importe quoi on aura tout entendu !!!”

Laeti, soudain redevenue sérieuse : “Ta jupe. Tes ballerines.”

Moi : “Ok pour les ballerines. Mais pas la jupe.”

Laeti, outrée : “Hum. Puisque c’est comme ça, on te parle plus. Viens Sacha. Je te fais un milkshake banane.”

Elles partent d’un pas royal, la tête haute, outrées. Très très TRÈS énervées.

Les ingrates. Puisque c’est comme ça, j’enfile mon air outré moi aussi et je fais ma valise. Bon. Personne me voit, mais j’ai la tête très haute et j’ai l’empaquetage de valise très royal.

Puis j’entends ma mère :  “Mais… Qu’est ce que tu fais toute seule avec ton air outré ?”

Moi, 34 ans : “Mais c’est les filles, elles veulent TOUJOURS TOUT ME PRENDRE !!!”

Ma mère : “Oh ben c’est sympa ! Ça veut dire qu’elles te trouvent belle, qu’elles t’aiment, qu’elles ont envie de te ressembler !!! Et c’est pas toi qui assommait ta soeur la dernière fois en lui répétant : “Sac Chanel. Chanel. Sac Chanel. Chanel. Sac. Chanel.” ?! Allez, viens ma chérinette belle (ndlr : oui). Je te fais un café, on va faire un bisou aux filles. Un quoi ? Ok ma beauté des îles lointaines (ndlr : eeeet oui). Pas un café : un milkshake banane.”

Ma mère, soudain : “Ah tiens, à propos ma chérie… Tu me le donnes, ton parfum ?”