Garance Doré

mes nuits sont plus belles que vos jours...

Partout, partout, partout. Partout je vois des filles qui veulent me rendre jalouse avec leur blondeur surnaturelle. Mais qu’est ce qui se passe ? Cette saison, toutes les filles sont passées au blond platine.

Aaaah la la. Ça me fait des frissons dans le dos.

Je trouve ça absolument sublime, c’est tellement rock et angélique à la fois que j’ai l’impression que toutes les filles blond platine ont forcément une vie beaucoup plus fascinante que la mienne. Sûr à 100%. Toutes. Obligé.

Voilà. Si un jour je plonge la tête la première dans une bassine de javel, au moins, vous saurez pourquoi.

Bonne journée !

Glamorama

La mode est un petit monde très organisé. Il y a des us, des coutumes, des rois, des reines, des fous, des princesses, une étiquette, des codes, on a jamais fini d’apprendre, et c’est particulièrement fascinant. Contrairement à ce que l’on pense, la plupart des gens sont délicats et distingués. Il est de bon ton d’être détaché. Mais tout se voit, tout se sait.

Le front row d’un défilé est avant tout l’endroit duquel on voit le mieux les vêtements. À partir du troisième rang on ne voit plus les chaussures et au cinquième, si on a de la chance, on peut apercevoir les coiffures. Les places au front row sont chères. Parce que c’est aussi celles où l’on est le mieux vu. On les gagne par la célébrité, l’expérience, ou le pouvoir. Elles cristallisent beaucoup de drames et donnent matière à de jolies crises d’égo.

Cette saison, les créateurs de Dolce & Gabbana ont eu une révélation. En parlant avec leurs clientes, ils se sont rendus compte qu’elles passaient leur temps sur internet. Qu’elles étaient hyper informées, qu’elles voulaient que ça aille vite, qu’elles étaient prêtes à acheter tout de suite. Ils ont se sont dit que c’était un âge nouveau, qu’il fallait avancer avec son temps.

Ils ont décidé d’ouvrir grand leurs portes à quatre bloggeurs.

Voilà comment Tommy, Brian, Scott et moi on s’est retrouvés sur les très prisés front row des shows D&G et Dolce & Gabbana.

Une impression très étrange, d’autant que ça a été fait en grande pompe. Au premier show, on nous avait mis quatre laptops, bien alignés devant nos sièges. Nous étions les seuls, de toutes les personnes présentes au défilé, à avoir droit à ce traitement de faveur. Alors que perso, je ne commente jamais en direct des shows. Et en plus vous le savez, je ne Twitte plus qu’oralement, héhé.

Bref. Une mise en scène parfaite, et donc assez troublante.

Car si se retrouver soudain propulsé sur la A-list d’une maison aussi prestigieuse est très valorisant, le fait que ça arrive de cette manière là est aussi vraiment très embarrassant. Et dans cet univers aux codes et au tissage très soigneusement tiré, ça bouscule un peu tout le monde.

Après tout, pourquoi pas ? Sauf que pendant quelques secondes et à quelques regards croisés, je crois que j’aurais préféré ne pas être l’incarnation de ce nouvel âge. Rester discrète, et faire les choses à mon rythme à moi. Continuer à ne surtout pas m’inquiéter d’où je serais placée dans un défilé.

Mais c’est comme ça. Et quand on vous fait un cadeau, si compliqué à ouvrir soit-il, il faut savoir l’accepter.

J’ai donc pris le parti de me régaler à voir l’envers du décor depuis les backstage et la salle VIP, celle où sont chouchoutées les célébrités avant le show.

Au mur, une photo de Monica Vitti, signée, j’ai pas pu résister…

J’ai aussi voulu rencontrer Stefano et Domenico. Je voulais d’abord les remercier, puis avoir leur point de vue sur ce micro-événement. Puisqu’ils étaient les premiers à dérouler le tapis rouge pour des bloggeurs, savoir, vraiment, ce qu’ils en pensaient… Je voulais savoir si leur démarche était sincère.

C’était sans compter sur leur incroyable charisme. À la minute ou j’ai serré leurs mains, j’ai été conquise. Voilà pourquoi je ne serais jamais journaliste : je n’ai aucune objectivité. Je leur ai posé plein de questions, et j’ai beaucoup aimé leurs réponses, très nature. Comme je vous le disais plus haut, pour eux tout part de leur cliente. Si elle aime internet, alors c’est qu’il est temps de s’y intéresser.

Et leur but, c’est communiquer leur idée. Ce qu’ils disent, c’est qu’un défilé, pour eux, c’est une idée, une inspiration. Que si on ne peut pas s’acheter une robe chez Dolce mais qu’elle inspire l’achat d’une robe vintage, pour 2€ au marché, ça leur va très bien. Et pour eux, internet c’est le moyen le plus direct de communiquer leur idée.

Juste pour vous, donc, voici leur mur d’inspiration, attrapé backstage. Une très belle collection hommage à leurs origines et à leur « italianité ».

Oh, et un petit bout du catwalk géant vu depuis la VIP room,

Et puis moi en JOGGING avec Stefano et Domenico, heureusement que j’avais mes chaussures d’hystéro de la fashion pour compenser.

Un moment que j’ai bien aimé juste avant de partir, le moment où toute l’équipe se réunit pour regarder le défilé. Super ambiance, Scott a du me tirer par le col pour pas que je m’incruste.

Et voilà. Drôle d’aventure pour moi, jolie et très intéressante à la fois. Je me demande ce que vous pensez de tout ça. Mais ce que je retiens surtout ce sont ces murs laqués, ces dentelles noires et ces lèvres rouges, cette musique cinématographique… Et les yeux de Sofia.

Ciao Milano !

+ Je ne sais plus quoi me mettre. Voilà plus de deux semaines que je trimballe les mêmes vêtements partout où je vais, je ne peux plus les voir en peinture, je les déteste, je les hais !

+ Je ne sais plus combien je pèse. Je refuse de monter sur une autre balance que la mienne. Demain, retour à Paris = verdict. Deux semaines de resto & 18 sorbeto derrière moi. Venez, on en parle pas.

+ Je ne sais plus en quelle saison on est. Temps radieux + sorbets à gogo + collecs d’été = J’ai envie de m’acheter un maillot et une paire de nus-pieds.

+ Je ne sais plus qui je suis. Moi qui n’aime que le gris, je veux du Peter Pilotto et du Pucci. Je peux toujours rêver, mais je veux plein de couleurs et d’imprimés.

+ Je ne sais plus parler l’italien mais je sais qu’ici ciao ça veut dire bonjour ET au revoir. C’est exactement comme ça que j’ai vécu cette fashion week milanaise. Clic, clac ! Ciao ! Ciao ! Finie !

+ Je déteste les taxis milanais. Ils sont chers, vont trop vite et ne t’emmènent jamais où tu veux. Je n’arrête pas de m’engueuler avec eux, dans mon italien vernaculaire à moi, fait d’un mélange de Corse et d’Espagnol. Et ça les fait rire. Salauds.

+ Je déteste faire du shopping, c’est officiel. je ne trouve jamais rien qui me va, et puis tout ce que j’aime est hors de prix. Je suis bien meilleure pour les autres que pour moi. Quelqu’un veut être mon personal shopper ?

+ Je déteste faire mes bagages. Surtout quand au départ j’étais déjà en excédent et que 3 fashion weeks ont eu raison de mon aversion du shopping. Ça va être l’ordi ou ma nouvelle doudoune. Ou bien j’empile tout sur moi. Ouais, voilà. Classe. Je vais faire ça.

+ Je déteste mes nouvelles chaussures. Trop belles, trop hautes & trop lacées. Elles m’explosent tellement les pieds que quand je les mets je ne pense plus qu’à elles. La mode, ça rend bête comme ses…

+ J’adore l’Italie. J’adore le style, le raffinement et les éclats de rire des italiennes. J’adore leur façon de porter la couleur. J’aime les salades à l’orange & je veux faire ma prochaine fashion week en Vespa.

+ J’adore prendre le train. C’est long & il n’y a rien à y faire, à part regarder la ligne bleue des Alpes = j’adore. Si en plus c’est accompagné d’un pique nique géant, d’un chéri et d’une bouteille de vin blanc, c’est plus du déplacement, c’est de l’art du voyage. Limite Orient Express, Audrey Tautou & Chanel N°5. En version moitié bourrée : trop parfait.

+ J’adore 3 nouvelles tendances : les jambes à l’air, le plat et les jeux de transparences.

+ J’adore les gros bijoux. Je veux de gros bijoux et, aussi, je veux une pochette ! Mon dieu, mais quelle femme du monde peut-elle vivre sans une pochette de femme du monde en 2009 ? Quelle femme du…? Moi.

+ J’adore rentrer à Paris. On a quand même la plus belle, la plus excitante, la plus longue, la plus dingue des fashion weeks. On l’attend tous, on est tous à fond, on s’y prépare tous des semaines à l’avance… Tous, sauf moi.

Et merde alors. Mais qu’est ce que je vais bien pouvoir me mettre encore ?!!

Raaah ma vie est vachement trop compliquée. Bisou, bonne journée !

Electric Ladyland

1987, maman. Un corps de rêve, sculpté à la muscu. Des épaulettes à ne pas passer les portes*. Du travail par dessus la tête. Une Golf décapotable, trois enfants, un sac Vuitton. Un blazer Mugler, 35 Philip Morris Bleues par jour, de grands éclats de rire, une vie électrique.

Un bronzage travaillé au Soleil Noir, de lourds bijoux dorés, des maillots incroyables, très échancrés, très zippés, très fluos, à col roulé, dessinés par Stéphanie de Monaco. La marque, c’était Pool Position, et je me suis pas encore remise du jeu de mot tellement je l’avais trouvé fantastique. Fantastique !

Oh ça va. J’étais jeune.

Je trouve ça dingue de voir cette mode revenir par flashs : les épaulettes, les chaussures très pointues, les boucles, les clous, le néoprène. À l’époque, je me souviens, voir ma mère et ses copines habillées par Montana, j’aimais bien : on aurait dit des créatures de dessin animé.

De vraies wonderwomen presque irréelles. Mais ça me faisait un peu peur quand même. Ça me plaisait cette idée de maman invincible, plus forte que tout, mais ça me donnait aussi vachement envie qu’elle me fasse de bons gâteaux dans un tablier à carreaux. Mais finalement mon père se débrouillait très bien avec les fourneaux. Et le tablier à carreaux.

Je trouve ça super beau, ces robes qui suivent au millimètre près les lignes du corps, cette féminité éclatante. Je veux la même jupe que Lisa Marie, ci-dessus, j’ai déjà des chaussures pointues et je vais même m’acheter une paire de cyclistes**.

Ouais. Mais n’insistez surtout pas. JAMAIS DE MA VIE, je n’irais à la muscu.

Et puis, je ne sais pas… Quand les modes reviennent, comme ça, des années après, sont-elles vidées de tout leur sens ? Vous en pensez quoi vous de la powerwoman des années 80, elle vous fait rêver ? Elle vous fait peur ? Elle vous amuse ? Qu’est ce qu’elle vous inspire ?

——-

* Vous n’avez pas idée de l’envergure des femmes à cette époque là. La dernière fois j’ai fait un plongeon dans le placard de ma mère pour retrouver son blazer Montana bleu électrique. Je l’ai trouvé, il était sympa. Mais des épaulettes énooormes ! Je l’ai dit à ma mère. Elle m’a regardée avec de grands yeux et m’a dit : « Oh pourtant, j’en ai fait enlever la moitié ! »

** C’est horrible, mais j’adore !

Front Row ! Flash ! Blop ! Wiiiz !

Oh la, ces fashion weeks passent à la vitesse de l’éclair. Déjà à Milan ! Mais faut quand même que je vous tienne informés des derniers développements londoniens. Petite synthèse des dernières choses vécues, faites et entendues entre le début du show Burberry, et juste avant de quitter la soirée, complètement bourrée, à…

21h.

On ne change pas une équipe qui gagne. Non mais vas-y moque-toi Alexa.

- Un truc rigolo m’est arrivé : mon sitting au défilé était juste derrière celui d’Anna Wintour. Donc en plus de pouvoir passer au crible chaque pore de sa sérénissime peau, j’ai pu contempler, juste en face de moi, Alexa C., Frida P., Mary Kate O., Liv T., Emma W., Gwyneth P., et Posh S.

- Que fait tout le monde avant qu’un show surmégastarisé ne commence ? Il Twitte. Fin, sauf moi, mon Blackberry est beaucoup trop petit. Du coup pour faire comme tout le monde je Twitte oralement.

- Entendu —> Gwyneth Paltrow à Anna Wintour [Pour info, c'est Gwyneth qui s'est levée pour dire bonjour à Anna, hein, chaque chose à sa place] : « Anna, je suis tellement contente de te voir, ton dernier film est vraiment fantastique ! »

- Et non, j’avais pas mon appareil photo. Il a fallu faire un choix : cuissardes ou appareil photo. J’ai tranché. Du coup pour me faire pardonner aujourd’hui je vous mets des photos de trois de mes socialites préférées. Avec une mention amour toujours à Alexa qui est un rayon de soleil permanent, vraiment la fille la plus cool de la terre… Et Dree Hemingway, juste… Wow.

- Wow… Dans sa chemise Zara. Je me suis bien évidemment, comme de bien entendu, vous n’en attendiez pas moins de moi, expédiée à mon Zara le plus proche pour essayer. Allez savoir pourquoi, elle ne tombait pas du tout pareil sur moi.

- Anna W., d’après Gwyneth P., bientôt Oscarisée, quoi.

- Le truc avec mes cuissardes Stella McCartney (oui) (non mais vraiment la fille) (ok, je vous raconterais), c’est qu’elles montent tellement haut que tout le monde soulève ma jupe pour savoir où elles s’arrêtent. La prochaine fois je mets une culotte smiley.

CONTINUER

Chez Charles Anastase

Ooops, I did it again !

À Londres comme à NYC, pour être bien pile poil tendance, faut avoir oublié de mettre le bas. Du coup des tee-shirt portés juste comme ça, tout seuls, j’en vois plein. Avec une bonne paire de collants déchirés, c’est encore mieux. Et je vous préviens, voici, fracassant, le retour des smileys.

Ouais je sais, ça fracasse. Mais ne vous emballez pas : je veux dire, ce tee-shirt smiley, faudra quand même s’accrocher pour le porter avec autant de grâce que la jeune trendsetteuse ci-dessus.

Cela étant, si vous avez vous aussi envie de ne porter qu’un tee-shirt sans rien en dessous sans attraper froid, vous pouvez en porter un, mais super long. Kate Moss 2003, sors de nos corps immédiatement.

Bon, c’est beau, mais peut-être légèrement monacal, non ? Heureusement, Marc Jacobs à pensé à tout.

Aaaaaah ! Carrément, virer le dos !

Marc.

Alors.

Petit chenapan.

Donc, été 2010, on est bien d’accord ? Toutes en culottes ? No parce que si vous le faites pas j’oserai pas, moi. Faut qu’on se dise un jour et qu’on se lance toutes ensembles, oui toi aussi No&me, oui toi aussi Sophie, oui toi aussi Naty. Alors. On fait ça ?

Comment ça Garance, encore n’importe quoi ?

CONTINUER

Crazy about London !

Ta daaaaa ! Nous voici à Londres, enfermés dans un taxi à regarder les pounds s’accumuler. Entre un blocage géant de la ville hier et une course de vélos intraversable aujourd’hui, c’est une galère sans nom pour aller d’un défilé à l’autre.

Mais rien de grave. Parce que l’atmosphère ici est tellement chouette, tellement gaie, tellement rafraîchissante que tout passe, même une averse entre deux rayons de soleil.

La fashion week new yorkaise a été un peu tiède. Une peu trop polie, un peu trop sage, un peu trop parfaitement manucurée. Alors finalement, arriver à Londres et y trouver une petite pointe de folie, de mauvais goût, de fausse fourrure, de cheveux crêpés, de vernis écaillé et sex wear, ça fait beaucoup de bien.

Sex wear ? Mais qu’est ce que tu raconte Garance ?

Je sais pas, je viens de l’inventer. Quand j’ai demandé à la jeune fille ci-dessus (j’ai un problème de mémoire, en ce moment j’oublie tous les prénoms, vous croyez qu’il faut que je me remette aux sushis ?), quand je lui ai demandé où elle avait trouvé cette robe, elle m’a répondu : « Soho Sex Shop ! »

Moi : « Oh ça va. Arrête de te moquer de moi. »

Elle : « Ok. Mark Fast. »

Moi : « Ah, voilà ! »

Elle : « Mais non, puisque je te dis : Soho Sex Shop ! Promis ! »

Bon, bah je sais pas. Peut-être que je vais aller y faire un tour demain ? Si je reviens avec un rabbit ce sera de la faute à Mark Fast, hein ?

Sex, fun & rock’n roll. Smile, sex and sun. La mode sexy, très body conscious du moment nous fait faire des trucs bizarres. Soho Sex Shops, me remerciez pas : c’est gratuit ! Et en plus, fait avec le sourire.

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Garance Doré

J’ai ouvert mon blog en juin 2006. J’étais alors illustratrice, et un peu frustrée par le travail de commandes et notamment par le manque de contact avec les lecteurs des magazines pour lesquels je travaillais. Je voulais faire quelque chose de plus libre, de plus spontané. J’ai commencé par publier quelques dessins, puis très vite ...

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