1987, maman. Un corps de rêve, sculpté à la muscu. Des épaulettes à ne pas passer les portes*. Du travail par dessus la tête. Une Golf décapotable, trois enfants, un sac Vuitton. Un blazer Mugler, 35 Philip Morris Bleues par jour, de grands éclats de rire, une vie électrique.

Un bronzage travaillé au Soleil Noir, de lourds bijoux dorés, des maillots incroyables, très échancrés, très zippés, très fluos, à col roulé, dessinés par Stéphanie de Monaco. La marque, c’était Pool Position, et je me suis pas encore remise du jeu de mot tellement je l’avais trouvé fantastique. Fantastique !

Oh ça va. J’étais jeune.

Je trouve ça dingue de voir cette mode revenir par flashs : les épaulettes, les chaussures très pointues, les boucles, les clous, le néoprène. À l’époque, je me souviens, voir ma mère et ses copines habillées par Montana, j’aimais bien : on aurait dit des créatures de dessin animé.

De vraies wonderwomen presque irréelles. Mais ça me faisait un peu peur quand même. Ça me plaisait cette idée de maman invincible, plus forte que tout, mais ça me donnait aussi vachement envie qu’elle me fasse de bons gâteaux dans un tablier à carreaux. Mais finalement mon père se débrouillait très bien avec les fourneaux. Et le tablier à carreaux.

Je trouve ça super beau, ces robes qui suivent au millimètre près les lignes du corps, cette féminité éclatante. Je veux la même jupe que Lisa Marie, ci-dessus, j’ai déjà des chaussures pointues et je vais même m’acheter une paire de cyclistes**.

Ouais. Mais n’insistez surtout pas. JAMAIS DE MA VIE, je n’irais à la muscu.

Et puis, je ne sais pas… Quand les modes reviennent, comme ça, des années après, sont-elles vidées de tout leur sens ? Vous en pensez quoi vous de la powerwoman des années 80, elle vous fait rêver ? Elle vous fait peur ? Elle vous amuse ? Qu’est ce qu’elle vous inspire ?

——-

* Vous n’avez pas idée de l’envergure des femmes à cette époque là. La dernière fois j’ai fait un plongeon dans le placard de ma mère pour retrouver son blazer Montana bleu électrique. Je l’ai trouvé, il était sympa. Mais des épaulettes énooormes ! Je l’ai dit à ma mère. Elle m’a regardée avec de grands yeux et m’a dit : “Oh pourtant, j’en ai fait enlever la moitié !”

** C’est horrible, mais j’adore !