J’ai longtemps habité dans le Sud. Il faisait beau, j’étais jeune, j’étais amoureuse, j’avais un scooter, des amies géniales, c’était bien. Je dévorais tous les magazines, j’adorais la mode, mais je m’en sentais un peu loin, quand même.

Il faut dire, le simple fait de me balader en talons en pleine journée faisait se retourner les gens. Soudain les garçons se sentaient autorisés à me siffler. Ça refroidit un peu. Du coup j’avais appris à m’habiller relativement sobre, juste pour ne pas me faire emmerder. Je ne m’en sentais pas moins l’une des filles les plus fashion du coin, et je cherchais avec avidité des copines de style, des boutiques qui m’excitent, des filles qui m’inspirent.

Le jour où je me suis installée à Paris, ça a été un vrai choc. Pourtant je venais hyper souvent avant… Mais y vivre, ça n’a rien à voir. Soudain, moi qui me sentais plutôt à l’aise avec mon style, je me suis pris mon “une des filles les plus fashion du coin” dans la gueule. Ça m’apprendra, tiens.

Je rencontrais des filles au style impec, cool, osé, différent. Des filles avec des looks de rêve, des filles hyper débrouillardes qui se trouvaient des YSL au prix du Zara, des filles hyper féminines qui ne se posaient pas une seconde la question de “mais qu’est ce qu’on va penser de moi” ?

Pendant quelques mois, je me suis vraiment sentie comme un brouillon de fille. Mais quand on aime la mode, on apprend vite…

Et aujourd’hui, alors que ça me semble évident de sortir de chez moi avec des talons de 12cm, un bustier en pleine journée ou même une chemise en guise de robe, et que ça ne fasse même pas lever le sourcil de mon marchand de journaux, je me souviens et je me demande…

Est-ce que les choses ont changé ? Elle se vit comment, la mode, quand on vit loin des capitales de la mode ?