À l’heure où je vous écris, je suis allongée sur mon canapé, en pull et en collants. ET POURTANT, JE DÉTESTE LES COLLANTS.

- D’abord, j’aime pas les mettre. Ma maman m’avait appris à commencer par les pieds et à remonter tout doucement. Ça devrait être, comme dans les pubs, un moment d’intimité féminine béate, mais à la place, une fois sur deux on entend : “P… !!! encore filé !” – Oui, même les collants opaques. Quoi ? Vous n’avez jamais filé une paire de collants opaques ? Vous devez être une amie de ma mère.

- Ensuite, je suis un peu bizarre. Attention, welcome dans mon cerveau : Pour moi, le collant noir RAJOUTE UNE COULEUR. C’est pas comme pour toutes les filles saines dans leur tête, qui se disent que c’est du neutre. Que, pfffuuuuu, le noir ça compte pas. Ça fait donc un problème dans mon équation mode. Genre si j’ai une jupe verte, un pull gris et un collant noir, OUH LA LA ÇA COINCE. Et alors UN COLLANT NOIR AVEC DES CHAUSSURES AUTRES QUE NOIRES, AU SECOURS ! Là je me fais carrément une attaque de fashion panique. Pendant un temps, les collants gris ont été une formidable béquille psychologique, mais à présent c’est beaucoup trop SO 2007. J’peux pas. Je vous ai dit que j’étais un peu bizarre.

- Je commence à peine à me faire à l’idée d’un collant avec un short. Pour moi, jusqu’à présent, l’association était quasiment aussi antinomique qu’un leggings avec un short (ça c’est toujours aussi antinomique, hein, faut pas déconner)

- Et puis c’est trop compliqué les collants. Quand tu va aux toilettes, tu fais quoi ? Tu montes ta jupe et descend des collants ? C’est quoi exactement cet exercice d’équilibriste ? J’ai envie de faire pipi, moi !!!

- Mais BIEN SÛR QUE J’AI ESSAYÉ les collants qui tiennent tout seuls. Alors deux choses :

petit a) Mes jupes sont trop courtes. On voit le bord en dentelle. Je veux bien me balader en micro-truc, mais quand même pas faire du racolage sur la voie publique, ni en boîte aussi d’ailleurs, on est pas chez Zahm, là oh !

petit b) Ça se casse la gueule ! Mais bien sûr que ça se casse la gueule les collants qui tiennent tout seuls. Vous pouvez pas dire le contraire. Ou alors donnez moi l’adresse secrète de votre fournisseur. Ça se casse donc la gueule, et toujours au mauvais moment, et c’est pour ça que :

petit b prime ) J’ai testé pour vous le porte-jarretelles. (bah quoi ? Avant d’être un Tyrannausore Rex, faut bien que j’essaye pendant quelques années d’être une vraie femme, non ?). Et bien écoutez. Écoute-moi, Dita Von T., reine de la féminité béate & sublimée :

Non seulement ça se casse la gueule, mais en plus c’est hyper compliqué à remettre. DONC, au moment de ta vie où tu voudrais être la plus classe (genre, ouais, attends, moi, je suis pas du genre à porter de vulgaires collants chéri chéri, portes-jarretelles baby, allez viens par ici) tu te tapes la honte à tripoter ton entrejambe pour essayer de remettre cette foutue pince en place.

Et n’espère pas aller arranger ça aux toilettes vite fait, hein. Hein. Parce que là c’est total WALK OF SHAME avec collant tirebouchonné assurée. Normalement, c’est le soir où tu es au Château Marmont et où George Clooney est assis juste en face de toi et où il n’a pas ses YEUX DANS SON NESPRESSO, le mécréant !

Bon allez, sur ce je vous laisse, je vous rappelle que je suis assise sur mon canapé, et que je suis en collants, QU’IL NEIGE À PARIS… Et que bon, pour le moment on a rien trouvé de mieux, quand il fait moins 12, pour habiller nos jupes, no shorts et nos robes-pull. Pffff, si je m’écoutais je m’envolerais vers un pays chaud, moi… ;-)