Donc voyager c’est bien, pour se frotter à la mode c’est encore mieux, mais reste encore à voir ce qui subsiste de mon style au bout de deux longues semaines de chambres d’hôtel, pas toutes aussi cool que le Fasano, cela va sans dire. Hum… Voyons voir… Et bien c’est très simple, c’est le grand n’importe quoi :


Ce coup-ci, j’ai :

+ Eu l’idée du siècle : Au lieu de préparer mes tenues pour les deux semaines à venir et de surcharger mes bagages, idée : j’allais utiliser la blanchisserie de mes hôtels !
Wouh ! Recyclage de fringues. Trop. Fort.
Aussitôt dit aussitôt fait, j’envoie un petit paquet de linge sale à qui de droit, et je retrouve sur mon lit, le soir, mes vêtements comme neufs, pliés et amidonnés à l’italienne. Idée du siècle je vous dis ! Wooouhou partaAAaay ! Presque le moment de sortir une mignonette de Jack Daniel’s dis donc. De bonheur, je me roule dans mes vêtements neufs.
Et c’est la que je sens un truc se coller sur ma joue. Je le décolle, j’y jette un oeil, et là, il me faut VRAIMENT une mignonnette de Jack Daniel’s : « Quooooiiiii ??? 87€ pour une poignée de tee-shirts ? ». Merde. Va falloir que je me Mac Gyverise ma propre blanchisserie de poche, moi.

+ Eu l’idée de siècle (bis) : Donc je monte ma petite blanchisserie perso, et je lave mes dessous en écoutant Boom Boom Boom des Black Eyed Peas à fond. Une fois propres, je les étends sur le rideau de douche et comme je ne suis pas du genre à faire les choses à moitié, je cale un sèche-cheveux comme je peux et je le mets à pleine puissance, direction mes culottes.

Dans cinq minutes, blanchissage à l’italienne fait maison, foi de Fergie Garance. Je ferme la porte de la salle de bain parce qu’un sèche cheveux à pleine puissance, ça fait du bruit, et je file danser sur My Humps. Je danse danse danse, et là… Boom Boom Boom… Je sens comme une odeur de brûlé. Je me jette dans la salle de bains, où je retrouve mes culottes, bien sèches, nickel. Sauf une = FONDUE. Ça m’apprendra à acheter des culottes chez H&M.

+ Eu l’idée du siècle (ter) : Au lieu de d’empaqueter la totalité de ma garde-robe comme d’habitude, vêtements d’été pour cause de Rio et combi de ski comprise au cas où nous prendrait l’idée de faire un saut à Courchevel entre Milan et Paris*, j’allais tout simplement, moi, Gaga, grande prêtresse du menswear, adoratrice des chemises, des pantalons et des manteaux de mon homme, aller piocher dans ses fringues !!! Trop fort ! Woooouh !!!! Valise commune = idée du siècle !

Aussitôt dit aussitôt fait, je donne total crédit à mon adage perso : « une paire de talons sauve tout »**, et donc un jour, en panne totale d’inspiration et de fringues, j’enfile un pantalon, une chemise, une veste, et je monte le tout (= moi, et en ce moment ça fait du monde, je vous le dis***) sur du 12 en espérant faire un effet boeuf  « Yves Saint Laurent crée le smoking, révolutionne la mode et Garance le réinterprète en l’an 2010 dans sa salle de bains à Milan, dans un élan créatif dont Janie Samet fit un best seller quelques années plus tard appelé « Garance et la mode : histoire d’une looseuse de génie ».

Perchée sur la cuvette des toilettes pour apercevoir mon reflet (jolie chambre, mais certains trucs vitals manquent, les gars : un miroir en pied, des prises de courant, et des MnMs dans le mini-bar), je me souris avec ravissement, et c’est le moment que choisit l’homme à qui j’ai subtilisé mon accoutrement pour rentrer.

« Non mais qu’est ce que tu fais perchée sur les toilettes ? Tiens… C’est quoi cette tenue, on dirait le vieil italien que je viens de shooter, mais sur des talons. Tu as un problème ? Tu veux qu’on parle ? »

Bon, il est mort de rire, mais quand même. J’envoie un regard entendu à l’esprit d’Yves Saint Laurent (« C’est bon vieux, tu peux dormir tranquille, c’est pas demain la veille qu’on va réinventer le smoking ») et je me change, dare dare.

Voilà. J’arrête là parce que je n’ai plus de batterie sur mon ordi ET QU’IL N’Y A TOUJOURS PAS DE PRISES DE COURANT DANS LE PARIS-MILAN et aussi parce que CE TEXTE EST D’UNE LONGUEUR TERRIFIANTE ET C’EST PAS COMME SI ON AVAIT QUE çA À FAIRE, DE LIRE DES BLOGS, mais si vous voulez, je peux vous parler une prochaine fois du versant beauté de mon déclin en voyage, ça vaut son pesant de noeuds dans les cheveux.

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* On a tous le droit de rêver.

** Voyez aussi le chapitre 1 = Un tube de lipstick sauve tout, et arrêtez immédiatement de croire à tout ce que je dis !

*** Oui, car je vous écris de mon train, je suis entre Milan et Paris, et vous savez quelle est ma plus grande peur à chacun de mes retours ? Me peser bon sang !!! Vivre dans le flou pondéral, voici l’un des cauchemars de ma vie de saltimbanque. Le premier qui invente une balance portative je l’aime pour toujours.