J’ai fini par atterrir. Enfin, pas vraiment, vu ce que j’ai vécu le week-end dernier.

Le week-end dernier, David Yurman, le créateur de bijoux et son équipe m’ont invitée sur le shooting de leur prochaine campagne de pub, à St Barth, dans les Caraïbes. Partir si loin pour un jour et demi, c’est un truc de fou. En plus moi, malgré ma fascination pour les palmiers, je m’en fiche des îles. Sauf que là, je ne pouvais pas refuser.

Et là commence la torture : je n’ai pas encore le droit de tout dire, ni de tout montrer. Je ne peux pas encore vous parler des modèles choisis pour cette campagne… Mais si vous connaissez la marque, vous savez que les plus belles femmes du monde sont passées par là.

J’ai passé des heures sous le soleil à prendre des photos et à faire des vidéos, et pourtant pour le moment, je ne peux dévoiler qu’une chose…

Mais pour moi, c’est la plus importante.

Le photographe des campagnes de David Yurman, depuis plus de 10 ans, c’est Peter Lindbergh. Et l’un des rêves de ma vie, ce n’est ni d’être au premier rang d’un défilé, ni de rencontrer George Clooney, ni de faire de l’hélicoptère ou quoi, rien de tout ça… (bon, en fait si, le tour de la Corse en hélico c’est l’un de mes rêves en fait)… Mais bref.

L’un de mes rêves, c’était d’assister à un shooting de Lindbergh.

Je ne lui ai rien dit, bien sûr. Au moment où je l’ai rencontré, il prenait son petit déjeuner sur la terrasse de l’hôtel. Il regardait les images qu’il avait faites la veille sur son ordinateur. Il était souriant, entouré et n’arrêtait pas de blaguer. Puis soudain, il s’est levé, et il m’a semblé immense. Il a mis ses deux grandes mains sur mes épaules, a planté ses yeux dans les miens et m’a dit “Alors, c’est toi, Garance ? Raconte-moi un peu…”

Voilà comment en deux secondes, j’ai su que je ne m’étais pas trompée. Ça a l’air con comme ça, mais les plus grands sont souvent les moins prétentieux, les plus simples, et les plus attentifs. Et les plus irrésistibles, aussi. Ils vous mettent à l’aise. À partir de cet instant, ça a été le paradis.

Les shootings de Lindbergh comme je les ai toujours rêvés, le grand écran noir planté sur la plage, un jazz langoureux en fond, les filles sublimes et naturelles, au maquillage légèrement défait par les embruns, du sable dans les cheveux, la lumière droit dans les yeux, et surtout cet enthousiasme si communicatif, cet humour et cette joie d’être là qui fait que soudain trente personnes se retrouvent soudées derrière un seul homme. J’ai plus appris en un jour qu’en un an.

Pas à un moment je ne lui ai posé de questions. Mon bonheur tout simple c’était d’observer. Lui débarquait parfois, me racontait des trucs, me posait des questions, essayait de comprendre exactement quelle était cette chose étrange que je faisais : l’histoire du blog, ça l’a beaucoup intéressé.

C’est chouette quand vos idoles sont encore mieux que dans vos rêves. Moi qui ne veut jamais rencontrer les gens que j’admire car je veux continuer à les admirer, là j’ai trouvé la vie encore plus belle que les photos, la réalité plus belle que la fiction.

Et à chaque instant je réalisais la chance que j’avais d’être là.

Et c’est pile à l’un de ces moments là que je l’ai entendu répondre à quelqu’un qui lui demandait s’il n’était pas épuisé par cette chaleur : “Moi ? Epuisé ? Alors que j’ai la chance d’être ici ? Naaaan tout va bien, merci ! Tout est parfait !”

C’est sûrement ça, l’un des secrets. Continuer à voir les moments où vraiment, la vie, c’est le paradis.