L’année dernière, je m’étais attardée sur une chemise Margaret Howell. Toute simple, trop belle, dans un coton crème parfait. Le truc qui m’avait fait craquer, c’était le petit MH, très discret, brodé sur la poche. Je m’imaginais porter ça comme un vêtement ancien, qui aurait appartenu à ma grand-mère, genre, la fille qui s’invente un patrimoine familial.

Puis j’avais regardé l’étiquette, trouvé ça hors de prix et décidé de garder juste l’idée de faire broder mes vêtements à mes initiales à moi. Je trouvais que ce serait le truc le plus chic de la terre et qu’il fallait que je le fasse immédiatement avant d’oublier.

Évidemment, deux heures après, j’avais oublié.

Ce n’est que récemment que l’idée m’est revenue. D’abord au magasin Céline, où l’on vous propose gentiment de faire graver votre sac à vos initiales. Puis il y a quelques jours, quand j’ai vu Tim Blanks avec sa chemise Charvet au TB discrètement brodé. Puis hier, chez Lanvin, quand j’ai pris ce sac en photo.

Je me demande ce que ça veut dire, cette histoire de marquer ses vêtements. Besoin de se différencier alors qu’on a de plus en plus tous envie des mêmes choses ? Charme discret de la nouvelle bourgeoise, si furieusement à la mode en ce moment ? Pourquoi brodait-t-on ses initiales sur ses vêtements dans le passé d’ailleurs ? Je les fait broder, mes chemises, où j’arrête mon délire direct ?

Bon et sinon, ces initiales sur le sac Lanvin en photo, vous les avez reconnues ?