Souvent, dans les mails de lecteurs que je reçois, c’est la même question qui revient. Ça pourrait se résumer par : Comment as-tu fait pour trouver ta voie ?

Et j’ai toujours très envie de répondre. Parce que cette question me touche beaucoup, ça m’a pris un temps fou de trouver ma voie, ou mes voies, si tant est que j’ai trouvé quoi que ce soit.

Et comme il n’y a pas de réponse toute faite à cette question, et que je ne suis pas du tout un livre de développement personnel, le seul truc que je peux faire…
C’est de vous raconter ma vie. Ça tombe bien, j’adore.

Comment j’ai trouvé ma voie ? Commençons par le commencement. Avant toute chose, il faut que je vous parle de mes premiers contacts avec le monde du travail… Parce que je crois dur comme fer que toutes les choses qu’on fait dans sa vie comptent pour trouver sa voie.

Mes jobs d’été.

Ma mère, qui a connu les grandes heures du MLF, a toujours trouvé que la base d’une vie accomplie, c’est l’indépendance. Ne dépendre de personne, me disait-elle, c’est ça, la liberté. Et la liberté, c’est le début du bonheur. Fastoche.

Elle m’a donc poussée à bosser très jeune. Très jeune, j’ai donc pu voir que je n’étais absolument pas faite pour être :

Serveuse : Allez savoir par quel déformation de cerveau d’adolescente, j’avais l’impression qu’aller prendre une commande à une table était la Chose La Plus Humiliante Du Monde. N’importe quoi, la fille.
En plus, j’étais d’une timidité maladive et absolument incapable de porter plus de deux assiettes dans une main.
Le jour où l’on m’a demandé si les fruits rouges de la tarte aux fruits rouges étaient surgelés et que j’ai fondu en larmes au beau milieu du restaurant, j’ai décidé de passer en cuisine, à la plonge. Là, au moins, j’étais tranquille. Et je passais mon temps à hurler de rire avec les cuisiniers du resto.

Monitrice de planche à voile :
Ma mère, qui voyait d’un mauvais oeil ma nouvelle vocation de plongeuse meilleur pote avec tous les cuistots du coin a eu une idée de génie pour moi : comme j’avais fait un stage de 3 jours de planche à voile l’été d’avant, elle s’était imaginée que j’étais la Jenna de Rosnay Corse, et elle m’avait trouvé un job de monitrice dans un camp de vacances.

PB N°1 = 3 jours de stage !!! Je ne savais pas DU TOUT faire de planche à voile.
PB N°2 = Elle ne savait pas que le camp de vacances en question était un camp de… NATURISTES. Quand je suis arrivée à destination, les bras m’en sont tombés. Je ne lui ai pas dit, d’ailleurs, j’ai eu peur qu’elle se fasse une attaque.

Vous vous imaginez apprendre la planche à voile alors que vous ne savez pas en faire, à des gens entièrement nus ? J’ai tenu deux semaines, tout simplement parce que pour une raison mystérieuse inexpliquée et nébuleuse, les gens nus font moins de planche à voile que le gens habillés.
Je passais donc des journées bienheureuses à dorer sur la plage sous le regard soupçonneux des naturistes qui voyaient d’un très mauvais oeil le fait que moi, je porte un maillot. Quelle idée.

Hôtesse d’Accueil : Pareil que les camps de naturistes, ce truc là : on ne peut pas s’habiller comme on veut. Mais en plus on passe des heures à ne rien faire. J’ai tenté d’oublier mon ennui en lisant des bouquins, mais j’ai rendu mon tailleur noir et horriblement mal coupé le jour où un homme est venu me glisser son numéro de téléphone dans la main avec un air entendu. Je l’ai giflé, et je me suis barrée. Non mais je vous jure.

Au bout de quelques années à enchaîner des jobs d’été hyper déprimants, une chose intéressante est enfin arrivée : avec des copains qui s’étaient invités que j’avais invités à passer l’été dans mon village, en Corse, on a crée notre propre job.

Mon village est situé dans une petite baie où viennent mouiller les voiliers pour y passer la nuit.
J’avais un petit bateau à moteur, et mon père avait une cuisine avec un grand four. On s’est dit que ce serait génial d’aller livrer des croissants chauds sur les bateaux le matin. On a commandé les meilleurs croissants surgelés qu’on pouvait trouver, on les a fait cuire, on les a goûtés, ils étaient hyper bons. Le lendemain, on s’est mis au boulot.

Le premier jour, on est rentrés chargés de pièces et de billets. On avait été dévalisés. Merde. On était riches !!!

J’avais trouvé mon job d’été préféré. Je me levais tous les matins à 5h, je disais bonjour aux étoiles. Je me faufilais dans la cuisine. Je faisais cuire les croissants. Le cuisine s’emplissait d’une odeur délicieuse. Je me faisais un grand café, j’enchaînais les fournées en regardant le soleil se lever, un vrai instant de bonheur.

Puis, à 8h, un copain me rejoignait, on sautait dans le bateau et on allait vendre nos croissants. À 10h, notre journée de travail était finie… Et les vacances pouvaient commencer.

Et j’ai fait ça jusqu’au moment où j’ai trouvé… Mon premier vrai boulot.
C’est là que j’ai commencé à rentrer dans le vif du sujet de ma life, que je vous raconterais prochainement…
Mais je voudrais savoir d’abord vraiment. Ça vous intéresse que je vous parle de tout ça ?