Dimanche, j’ai la chance d’être invitée à la présentation très privée de Victoria Beckham.
Ça va peut-être vous paraitre fou, mais j’en rêvais depuis longtemps. Depuis que je les ai découvertes au Printemps, j’adore ses robes.

On m’avait aussi raconté ses présentations New Yorkaises, irrésisitibles.

Voilà donc ce que j’ai vécu :

Ça se passe dans un immeuble cossu de l’Upper East Side. Après avoir poussé la lourde porte, j’ai pénétré dans une petite pièce où des tabourets moelleux avaient été disposés. Victoria Beckham était là, dans une sublime robe noire, souriante, chaleureuse, une parfaite maîtresse de maison, serrant la main de chacun et répétant leur nom pour tenter de s’en souvenir. Nous avons pris place librement; nous n’étions pas plus d’une vingtaine.

Je ne voulais pas troubler l’atmosphère feutrée qui régnait. J’ai demandé service de presse si je pouvais faire des photos. On m’a répondu gentiment : “Why don’t you just sit down and enjoy ?”. Je me suis dit que tiens, pour une fois, ce serait bien que je ne regarde pas des vêtements à travers l’objectif de mon appareil photo…
Et puis ce serait l’occasion de faire un dessin.

Victoria s’est assise au milieu de nous, sur l’un des tabourets. Tout le monde s’est tût, un mannequin a pénétré dans la salle, et elle s’est mise à parler d’une voix douce et enjouée :

“Je vais vous présenter ma nouvelle collection. Pour cette saison, j’ai voulu me concentrer sur la sensualité du corps féminin. Vous verrez que j’ai utilisé différentes matières… Commençons par la toile de parachute, dont le drapé m’a inspiré cette…”

Je n’avais jamais vu un truc pareil. Une par une, elle nous décrivait ses robes. Dès qu’elle pouvait, elle rajoutait une touche d’humour, un geste pour expliquer le mouvement de l’étoffe… Et tout le monde était pendu à ses lèvres.

Calmes et tranquilles, les modèles passaient, aériennes.

Au milieu de la folie de la fashion week, un moment de pur luxe, sans flashs, sans commotions, sans hurlements… Wow.

Le même jour, je n’étais pas invitée au cocktail très privé de Tom Ford. Ce dernier avait sélectionné une poignée de rédactrices en chef et de célébrités pour donner une preview du lancement de sa tant attendue collection femme, et la presse internet n’était pas exactement la bienvenue. Il a été poliment demandé aux invités de ne prendre aucune photo.

Voilà ce que l’on m’a raconté :

Tom Ford a pris place, et a présenté chacun de ses modèles, l’un après l’autre :
“Mesdames et messieurs, je voudrais vous présenter…”

Au milieu de la folie de la fashion week, un moment de pur luxe, sans flashs si ce n’est ceux de Terry Richardson, l’unique photographe de du cocktail, dont nous ne verrons pas les photos avant janvier, quand Tom Ford l’aura décidé.

J’ai trouvé qu’il était fort intéressant, devant les questionnements que j’exprimais hier face à l’hystérie et à la l’instantanéité de la mode, que deux showmen tels que Victoria Beckham et Tom Ford aient choisi des voies différentes pour susciter le désir.