Sophie est journaliste et écrivain.

Je la connaissais comme ça, on s’était rencontrées à un défilé. Je lisais ses papiers dans le Elle depuis des années. J’avais une immense admiration pour elle, son intelligence et son humour.

Un jour elle m’a appelée, comme ça, out of the blue, pour aller prendre un café… Je ne comprenais pas ce qu’elle me voulait. Au début même, je me suis dit que c’était juste une journaliste qui avait envie de comprendre ce que c’était qu’une blogueuse. Mais que finalement, c’était plutôt intéressant que ça l’intéresse.
Je me suis dit qu’on prendrait un café, à la New Yorkaise. Que ça n’irait pas plus loin.

On l’a pris, ce café, puis on s’est envoyé des textos, des tas, puis on a bossé ensemble, puis on a repris des cafés, au Flore la plupart du temps, on a passé des heures au téléphone, et puis on a parlé des hommes, des fringues, de nos enfances, de nos parents… Et voilà : maintenant je l’aime très, très, très fort.

Sophie écrit divinement, et elle vient de sortir son 8ème livre, qui parle un peu de sa mère, beaucoup de la vie, et que je porte en moi depuis que je l’ai lu.
Ce livre s’appelle Grandir. Et quand elle en parle et qu’elle a presque les larmes aux yeux tellement ça l’émeut ce succès, j’ai vraiment envie de la prendre dans mes bras.

Mais je n’ose pas.

Alors on change de sujet, on refait un thé, ou on saute dans sa Smart et on retourne faire du lèche vitrines. On croise des anges, on s’extasie sur son nouveau Fendi, on rigole de tout et on est ravies. Et c’est très bien comme ça.