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Samedi, 14h, l’heure du show Dolce & Gabbana. Il règne un silence étrange.
Au plafond sont suspendus des écrans géants sur lesquels on peut voir ce qui se passe backstage, onstage et même à l’entrée du show. Et où l’on peut voir défiler les tweets et les messages postés sur Facebook par les internautes qui suivent l’action en streaming.

Toutes ces images se mélangent, se démultiplient et créent un spectacle vertigineux. On se demande où finit la technologie et où commence la réalité. Le show commence et le déferlement d’images continue alors que les modèles s’avancent sur le catwalk. On peut lire les commentaires, en live.

Alors que la plupart des maisons de luxe se méfient d’Internet et que certaines vont même jusqu’à se replier sur elles-même par peur de voir leur message déformé ou réduit à néant par l’écho infini du web, Dolce & Gabbana joue à pousser les les limites.

Au lieu d’être exclusifs, ce qui est le propre d’une maison de luxe, ils inclusifs*.

Je ne sais pas où toute cette surenchère médiatique mènera Dolce & Gabbana, mais c’est vraiment intéressant ce qu’ils font. À leur manière, ils sont pionniers.

On se marre souvent avec Scott en parlant de l’avenir des défilés qui deviennent maintenant de vrais spectacles grand public.

On se demande qui sera le premier à passer le pas de vendre des billets aux amateurs de mode – et croyez-moi, ils auraient acheteur, demandez aux attachées de presse submergées de demandes d’invitation. Boostés par cet apport d’argent, certains défilés deviendraient de méga-shows.
Les vêtements seraient directement disponibles à l’achat pendant le défilé* et les professionnels auraient quand à eux leur loge VIP. Don’t worry, Anna W.

Bon, c’est sûr, c’est tout le système de la mode qui basculerait. Le rythme saisonnier, le rôle de la presse papier, et la place des créateurs (et du vêtement !) au milieu de ce sensationnalisme et de ce rythme fou qui peut faire perdre complètement la tête…

C’est un peu délirant, raconté comme ça, mais parfois j’ai l’impression que c’est ce qui est en train de se passer… Qu’est ce que vous en pensez ? Est-ce que vous avez l’impression que Dolce & Gabbana vous ouvre ses portes où vont-ils trop loin ?

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*Cela ne pourrait ressembler qu’à un coup de pub si cette démarche n’allait pas plus loin que le web. La saison dernière, Dolce & Gabbana a ouvert Spiga II, une boutique multimarque sur l’une des rues les plus chics de Milan, où l’on peut bien sûr trouver du Dolce & Gabbana, mais aussi une sélection super pointue de jeunes créateurs.
Du jamais vu. Vous auriez imaginé une marque ouvrir grand ses portes à de potentiels concurrents ?

À l’occasion du lancement de cette boutique, les PR de la marque m’avaient contactée pour que j’en parle sur mon blog. Et comme d’hab, vu mon infinie méfiance à l’égard de tout ce qui ressemble de près où de loin à une opé presse (qui me confine à la connerie, parfois), je m’étais abstenue…

Mais cette année j’y suis retournée. La boutique a tenu ses promesses et c’est un bel écrin, autant pour Dolce que pour la jeune création.

** Ça aussi, c’est déjà possible, je crois que c’est Burberry, une autre marque innovatrice en matière de web, qui l’a fait.