Pendant la fashion week, chaque matin de mon séjour Milanais, je me levais, je jetais un oeil par la fenêtre pour voir quel temps il faisait, je jetais un oeil dans ma valise pour trouver une tenue, et enfin, je jetais un oeil au miroir…

Un oeil… Ou deux. Huuuummm (Le huuuuum d’Homer Simpson devant un donut).

Non mais regardez-moi ça. Trop de style ! Trop belle. Et cette veste, je n’avais jamais remarqué qu’elle tombait aussi bien. Et ce jean, wow, mais les fesses de déesse, regarde, Scott ! Ça rime en plus, fesses et déesse !!! Non mais j’ai minci ou quoi ? Bah. Je ne sais pas. En tout cas, avec une dégaine pareil, obligé ça va être une super journée. Tiens, je vais rajouter ce chapeau, là, allez hop, pfffffff, laissez passer la une fille un style, là, oooooooh it’s suuuuuuuch a perfect day, I’m glaaaaaad I spend it wiiiiiiiith you Garance, ta ta ta ta…

Puis, car ma chambre était au cinquième étage, je rentrais dans l’ascenseur. Et là, je jetais un oeil au miroir.

?

Hum. (Le hum de Marge Simpson en face du miroir après un raidissage japonais).

Mais ? Qu’est ce qui m’est arrivé entre la chambre et l’ascenseur ? J’ai changé un truc, ou quoi ? C’est quoi cette veste ? C’est trop serré, là. Et là, ça baille. Brrrr. Et ça ne va pas du tout, avec ce pantalon. On ne voit que mes fesses !!! Et ma peau. C’est quoi ces cernes, wooooo il serait temps que je me remette à dormir moi. Oh mon dieu, je suis immonde. Et pas le temps d’aller me changer… Je suis dèg. Je vais passer une journée pourrie dans mes fringues pourries avec ma tête pourrie. Pffffff. Pourri !

Au bout de trois jours de schizophrénie (Huuum ! Hum ?) aggravée et de journées pourries à me lamenter sur ma garde-robe, ma silhouette, et par là même, ma vie, j’ai fini par comprendre mon problème.

Mon problème, c’est que le miroir de ma chambre était mon ami et me rendait sublime, m’allongeait de 5cm, me faisait perdre autant de kilos au passage et était placé à l’endroit de la chambre où la lumière du matin était parfaite, me faisant ressembler à une pub pour Lancôme, vous savez, celles qui viennent d’un monde merveilleux où les pores n’existent pas.

Et que le miroir de l’ascenseur, lui, faisait exactement tout le contraire, éclairé qu’il était au néon spécial poches sous les yeux, et fabriqué dans la même usine que celle où ils fabriquent les télés 16/9. Ou bien il montrait juste la réalité. Je ne sais pas, je n’ai pas osé demander à Scott.

Ce que je sais, c’est que le matin suivant, après trois jours de déprime stylistique et d’envie de m’inscrire au Biggest Loser, j’ai décidé de garder ma bonne humeur et j’ai pris l’escalier.

J’ai passé une merveilleuse journée.

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Non, franchement. Vous auriez choisi quoi, vous ? Illusion ou réalité ?