Alors si un jour espérez vivre the real New York experience il y a un truc obligatoire (à part bruncher), c’est faire du yoga.
Un jour, un jour, un jour je vous raconterais tous les bénéfices et les bonheurs du yoga.
En attendant, laissez moi vous raconter ma séance de ce matin.

6h, au fond de mon lit, je rêve, je rêve qu’il est… Huit heures. Et que j’ai loupé ma séance de yoga de 7h du mat, pour une raison indépendante de ma volonté : à cause de mon réveil qui n’a pas sonné. Je me rendors, avec un sourire béat.

6h30, mon réveil sonne. Merde, j’ai rêvé trop vite.
6h35, au fond de mon lit : J’y vais pas.
6h40, devant mon miroir, blafarde : Vu ma tronche, c’est clair : j’y vais pas.
6h45, dans l’ascenseur : J’y crois pas. Je suis en train d’y aller.
6h50, dans la rue : Rien ne m’empêche de retourner chez moi. Je rentre.
6h55, dans la salle de yoga : Nan mais regarde moi toutes ces hystériques qui vont aux cours de yoga à 7h du mat. Pauvres filles.
7h, à côté de la sortie : je me colle à côté de la porte, comme ça, si ça me soule, je me casse.
7h05, je suis en position downward facing dog (chien tête en bas), ça tire dans mes mollets, c’est nul.
7h10, downward facing dog, toujours. Le dixième. Mon dieu mais qu’est ce qu’on s’emmerde.
7h15, bon ben c’est bientôt finit là, non ? Il est quelle heure ? Attends je me retourne discretos pour checker l’horloge.

SEPT HEURE SEIZE ???

Ah non, je me casse, attends je glisse mon tapis vers la porte, discretos. Chhhhhhht.

Oh non.

Mon tapis a fait un bruit de succion bizarre, très sonore et très embarrassant et la prof m’a demandé si elle pouvait m’aider dans mon changement de position.

7h18 : downward f@#%$}*£g facing dog.
7h20 : j’ai le pied de ma voisine de droite dans le cou. Je ne réponds plus de mes actes.
7h25 : j’ai le pied de ma voisine de gauche sur les fesses. Je ne parlerais qu’en présence de mon avocat.

7h30 : SEPT – HEURES – TRENTE !!! J’ai tenu une demi-heure ! Champaaaaaaaaaaagne !

Je me casse.

7h35 : Ouais, enfin, bon, peut pas me casser rapport au tapis qui fait du bruit. Downward facing dog, ou enfin comme dit la prof, adho mukha svanasana. Elle peut pas parler en animaux, comme tout le monde ?

7h40 : position du poisson. Ah, bah voilà. Elle parle en animaux, comme tout le monde.
7h45 : position du cobra. Mais sérieux, les gars, qu’est ce que je fous là.
7h50 : position de la chandelle. C’est une conspiration.
7h55 : position du bébé heureux. Venez je vous fais pas de description. J’ai jamais vu mon entrejambe d’aussi près.

8h : position de la montagne, enfin. Allongée comme une limace heureuse. Et voilà. Moi aussi, je parle en animaux. Moins glorieux, mes animaux à moi. Bref, c’est le moment de la détente.

La prof : “aujourd’hui vous allez abattre des montagnes, n’ayez pas peur d’être vous-mêmes” et autres platitudes développement personnelesques. Je gobe tout avec un sourire bienheureux, j’adore qu’on me masse l’ego.

8h01 : En même temps, la prof a des bagues a chaque doigt de pieds, un pantalon tie die et un teeshirt peace and love et les dreadlocks retenues par un grand foulard multicolore. Elle a pas peur d’être elle même, la prof.

8h02 : BON OH IL EST HUIT HEURES ET TROIS MINUTES J’AI REMPLI MON CONTRAT ET J’AI UN PETIT DEJ PAS DU TOUT HOLISTIQUE QUI M’ATTEND DE PIED FERME LA, C’EST PAS BIENTOT FINI LES CONNERIES ?

8h03 : j’y crois pas, la prof vient de dire : “je ne sais pas comment vous faites pour venir au cours de 7h du mat, moi j’y arriverais jamais” (sous titre : si j’étais pas payée) (sous titre : bande d’hystériques)

8h04 : Moi et la bande d’hystériques retournons a une activité normale.

8h05 : JE SUIS LIBRE !!! j’ai un sourire béat sur le visage et…

8h10 : J’ADORE LE YOGA.

13h15 : dej avec une copine. Je lui raconte : “ah non mais tu vois le yoga c’est trop bien, quoi, si tu veux. Ouais, ouais, ouais…. Trop bien. J’adore. C’est un équilibre dans la life, quoi. Ça me rend meilleure, tu vois ? Physiquement, psychologiquement, tout ça !

Dis, tu veux pas venir avec moi au yoga ?

Please.

Allez, on va rigoler.

Nan, mais parce que sérieux.

Mais qu’est ce que je m’emmerde.