Je suis à New York, il pleut, il gèle, et c’est avec un sourire béat que je repense à ces trois jours dans la chaleur suffocante de Palm Springs. Ça avait pourtant commencé plutôt moyen.

Ah oui. Parce que le premier jour, j’avais pas d’amis.

Non non, je rigole pas, pas d’amis du tout : invitée à la dernière minute, je n’avais envoyé aucun email, passé aucun coup de fil, je ne savais pas du tout qui serait sur place et Sivtone et Nathan, les amis qui devaient me rejoindre, n’avaient prévu d’arriver que le lendemain.

Et s’il y a un truc qu’il faut faire entre copains sinon aucun intérêt, c’est bien un festival. Vous vous imaginez danser toute seule devant les Strokes ? Prendre un verre de champ’ au bar, toute seule, et faire tchin tchin avec vous même ? Super nul.

Mais bon, une invitation comme ça ça ne se refuse pas. Et puis parfois, être seule, c’est le meilleur moyen pour se faire des copains.
Et de faire quelques belles erreurs de stratégie. Et en tirer de bonnes leçons de vie. Enfin, quoi. Des leçons de Coachella.

Il y a plusieurs leçons de Coachella. Certaines n’ont pas besoin de plus de développement que ça, d’autre on constitué de vrais chapitres de ma vie sur place. Voici les leçons en question :

Leçon de Coachella #1 : Sans Voiture, Tu N’Es Rien
Leçon de Coachella #2 : Sans Écran total, Tu N’Es Rien (Pas besoin de développer)
Leçon de Coachella #3 : Sans Multi Passe VIP, Tu N’Es Rien.
Leçon de Coachella #4 : Sans Short En Jean, Tu N’Es Rien.  (Pas besoin de développer)
Leçon de Coachella #5 : Sans Amis, Tu N’Es Rien.
Leçon de Coachella #6 : Coachella En Fait, C’Est Pas Tellement Pour Écouter De La Musique Qu’On Y Va. (On verra si on développe)

Commençons par le commencement.

Leçon de Coachella #1 : Si Tu N’As Pas De Voiture, Tu N’Es Rien.

Et moi, je n’avais pas de voiture.

Le premier jour, je me suis démerdée comme une chef. C’est quoi se démerder comme une chef pour une Garance perdue au milieu du désert ? (Oui, bon, j’exagère un peu, ok, j’étais dans l’un des hôtels les plus cool de Palm Springs ou Freja se baignait dans la piscine juste en dessous de ma terrasse. Mais bon, l’hôtel lui est bien au milieu du désert !) (Bon, ok. Au milieu de Palm Springs qui est une oasis au milieu du désert, ça va, ça va.)

Pour info : Palm Springs est à 40mn en voiture de Coachella. C’est la ville la plus proche où dormir si l’on ne veut pas camper.

C’est quoi se démerder comme une chef ?

C’est sauter sur la première personne que l’on croise et qui a une tête sympa, lui demander dans un souffle : T’as une voiture ? Tu vas a Coachella cet aprèm ? Et avant qu’il n’ait eu le temps de réfléchir, prendre son silence pour un oui. Et ensuite, jouer à l’arrapède jusqu’à destination.
Cette première personne m’est apparue sous l’heureux visage de… Environ 10 personnes, souriantes et blaguantes, et plus connues sous le nom d’Ed Banger.

C’est donc avec la crew Ed Banger, débarqués là pour jouer à la Villa Lacoste, trois voitures et des places dans le parking VIP que j’ai pour la première fois passé les portes de Coachella.

Vu comme ils sont hilarants et adorables, j’étais quasiment sur le point de m’imaginer qu’ils allaient devenir mes meilleurs potes, que la vie était aussi souriante qu’un parking VIP, qu’on allait faire un disque ensemble et relancer la French Touch, quand pile poil à l’entrée du festival, j’ai entendu :

“You Don’t Have Access”

[Pour avoir la suite de cette partie de l'histoire, reportez-vous au chapitre deux, Leçon de Coachella #3 : Sans Multi Passe VIP, tu n'es rien, et dites-vous juste qu'aussi vite que je m'étais fait des meilleurs potes pour la life, je les ai perdus. Et que c’est pas du tout de leur faute.]

Le retour a été plus compliqué. Bien entendu, sur place je connaissais un monde fou, vu que Coachella c’est New York bis. Après avoir vu trop de concerts et dansé sur de l’Eurodanse sans réaliser que j’étais en train de louper le concert de ma life trois chapitaux plus loin [C’est là que j’ai pu goûter à ma première Leçon de Coachella #6 : Coachella En Fait, C’Est Pas Tellement Pour Écouter De La Musique Qu’On Y Va] , j’avais trouvé des amis pour rentrer.

Des amis bien moins souriants et blaguants que les Ed Banger. Imaginez donc : ils n’avaient pas de parking VIP.

Et pas de parking VIP, ça veut dire le même parking que 100 000 personnes. Il nous a fallu 3 heures pour en sortir. On a quitté le concert à minuit. On est arrivés a l’hôtel a 4h du matin.

C’est donc décatie fraiche et épuisée dispose que je me suis réveillée à 6h, décalage horaire oblige, avec une seule idée en tête :

Euh en fait j’avais aucune idée de rien, j’étais vaseuse comme un koala (?). Je crois que j’ai fait ça :

J’ai pris un café (une heure et demie, je crois que je me suis endormie dessus)
Tenté de me faire ma propre pédi (trois heures de ma vie sur 10 doigts de pieds, et en plus je l’ai foirée)
Décidé de faire du yoga (3mn après j’ai décidé qu’il faisait trop chaud)
Et enfin, pris une douche (qui s’est transformée en bain. Je sais. J’aurais mieux fait d’aller direct à la piscine. Mais comprenez-moi : y avait Freja)

Et soudain 14 heures, l’heure d’aller à la Mulberry pool party, au Parker Hotel, est arrivée. J’avais décidé d’y aller en taxi.

En taxi.

AHAHAHAHAHAH.

Attendez je répète :

AHAHAHAHAHAHAHAHAHAH.

En Taxi.

Il n’y a pas de taxis pendant Coachella. Ils sont tous réservés. Ou alors il faut attendre 3 heures, et c’est même pas sûr qu’ils viennent.

Après avoir pleuré un peu (intérieurement, bien sûr, toute goutte d’eau est une denrée précieuse dans ces contrées désertiques), décidé que j’étais beaucoup trop seule et désespérée pour faire du stop, et j’ai fini par attendre devant le porche de mon hôtel que la chance me sourie.

Et elle est arrivée, sous la forme de Vi, en photo là haut dans le ciel. Elle avait un visage d’ange, débarquait de LA en taxi et s’est arrêtée pour me demander le chemin du Ace Hôtel. Je lui ai dit “on fait un deal : je te donne le chemin si tu me dépose au Parker” elle a explosé de rire et m’a ouvert la porte. Bon, et là elle m’a dit qu’elle allait retrouver les Ed Banger, et là moi je dis laissez la porte ouverte à la chance et la c’est le destin qui déboule. Non ?

Yes. Après ça, mes potes Sivtone et Nathan devaient arriver avec leur Ford Mustang, et non seulement j’allais enfin avoir des amis, des vrais avec qui faire tchin tchin, mais en plus on allait trop se la péter dans notre décapotable et pour moi finies les galères de bagnooooooooole !!!

Bon et là je me rends compte que mon post dépasse les 1000 mots (Et oui on s’industrialise chez Garance Doré Studio, on a même un compteur de mots !) et que c’est la longueur limite d’un post, surtout d’un post où je raconte n’importe quoi. Non ?

Bon mais avant de finir faut quand même que je vous raconte que Sivtone et Nathan sont arrivés beaucoup plus tard vu que les éléments (c’est à dire, les embouteillages sur la route de Coachella) avaient décidé que j’allais passer quasi deux jours sans eux, et qu’avant même de me mettre à pleurer (intérieurement toujours), Alexa Chung m’a proposé de m’emmener à la pool party de Phillip Lim, et qu’entre temps j’ai trouvé Rumi et Colin (je les adore) sur mon chemin, qu’ils m’ont emmenée dans leur sublime 4×4 de la mort que là encore ça nous a permis de passer un super moment qu’on aurait jamais pu planifier.

Ensuite, Sivtone et Nathan sont arrivés (Yeeeeeah !!!), il était 6 heures, et ils sont allés chercher leurs passes, et ça leur a pris exactement 4 heures (Boooooooh !), Parce Que Sans Multi Pass VIP, Tu N’Es Rien. À 10h, enfin nous étions réunis.

Enfin bon : Ils étaient tellement crevés de leur journée de galère qu’ils voulaient aller se coucher.

Voilà comment j’ai raté Arcade Fire, mon groupe préféré, cf Leçon #6, again.

Bon maintenant je vous laisse retourner à votre vie et si mes leçons de Coachella vous soulent pas trop, je reviens en saison 2 avec la leçon numéro 2, Leçon de Coachella #3 : Sans Multi Passe VIP, tu n’es rien. Ce sera plus court que la #1, promis juré.

Je vous donne un indice ? Jaune était la couleur de mon passe. Booooooooh.