Les enfants, attaquons-nous si vous le voulez bien au Volet #2 de Garance à Coacheland, série à épisodes aussi épique qu’interminable mais vu que j’ai une heure à tuer à JFK*, on ne va pas se priver.

Souvenez-vous. Nous sommes à Coachella. Je n’ai pas de moyen de locomotion. Je suis aussi blanche qu’un navet sous mes deux couches de SPF 100**. J’ai oublié mon short en jean, ce qui est une faute grave à Coacheland, et surtout, surtout, je n’ai pas de Multipass VIP.

J’ai seulement un pass VIP. Pauvre de moi.

À l’instant où Pierre, de chez Lacoste, m’a donné ce pass, j’avoue, je me suis prise deux secondes pour Eddie Barclay***. Allez, quoi, je suis humaine. Il y avait marqué VIP sur le pass, mes yeux sont sortis de leurs orbites comme le coyote de Walt Disney, et ma langue a roulé sur le sol tellement je me suis sentie baigner dans la lumière de mon importance.

Puis après, je suis rentrée par l’entrée VIP et on a voulu me confisquer mon appareil photo. “Mais je suis VIP !” J’ai dit en lançant un oeil larmoyant.

Oui mais ce qu’il vous faut pour ça c’est pas un pass VIP c’est un pass Media. Le pass vert.

Puis après, entrée dans le festival mais délestée de mon appareil photo, j’ai voulu suivre mes amis dans le Village Des Artistes et ils sont tous rentrés. Sauf moi. “Mais je suis VIP” j’ai dit d’une petite voix plus trop convaincue.

Oui mais pour entrer ici il vous vous faut un pass Artiste. Le pass orange, connasse.

Puis après, délestée de mes amis à qui je ne voulais surtout pas imposer mon cruel destin de manant de la musique (“Allez-y, j’ai des trucs à faire à l’Espace VIP”) (Eddie Barclay mon oeil !) , je me suis dirigée vers l’Espace VIP histoire de boire un verre avant le concert de Robyn.

J’ai suivi les conseils de l’un des G.O de Coachella****, marché environ un quart d’heure pour trouver mon graal quand soudain je suis tombée sur deux copines. On s’est prises dans les bras. Elles m’ont dit : “Qu’est ce que tu fais là ?”

Je leur ai répondu : “Ben je cherche l’espace VIP, et je suis morte de soif.”

C’est là qu’elles me disent : “Ah mais TU ES dans l’Espace VIP !”

Soudain je me suis retournée et j’ai vu. Oui, effectivement, cet endroit était encerclé par des barricades, comme tout endroit destiné à faire penser aux gens qu’ils sont les plus importants. Effectivement, par ici il y avait plus de têtes familières (Ah ! Ces New Yorkais, Ah ! Ces parisiens, non mais quels snobs avec leurs pass VIP). Effectivement, j’avais dû montrer mon bracelet à un gardien, à un moment, sur mon looooooooong chemin.

Mais bon, faut dire, un espace VIP de 10000 personnes, ça, j’avais jamais vu.

Puis bon. Après ça, délestée de toutes mes illusions sur mon importance de VIP de la lose et plutôt morte de rire, j’ai décidé d’aller me prendre un verre de vin au bar…

Sauf que:

Oui mais pour vous servir un verre de vin il vous faut un pass alcool, darling.

Je vous jure, c’est vrai. Et oui on est au USA !!! On déconne pas avec la loi ! Sinon ils feraient comment pour savoir si j’ai pas 17 ans et demie, hein ? BIEN SÛR QU’ON PEUT ME CONFONDRE avec une ado, qu’est ce que vous croyez ?

Bref, une heure de queue plus tard, j’avais mon pass alcool et un verre à la main.

Il était temps. Temps d’arrêter mes conneries avec mes histoires de pass et de me lancer dans la musique. Naaaaaan mais c’est vrai, quoi, un festival c’est fait pour découvrir de nouveaux artistes, se mélanger avec d’autres gens, chanter à l’unisson, oublier son quotidien !!! Pas pour se retrouver dans un espace VIP avec des gens qu’on voit toute l’année*****!!! Temps de retrouver mon âme de rebelle !!! D’outsider !!! De se reconnecter avec le monde de la musique, la vraie !!! De fumer un joi…

Ah ouais non là le mec à côté de moi il a joint de beuh tellement fort que je crois que je vais m’évanouir. Pour le joint on verra une autre fois jamais.

Temps d’aller au concert de Robyn qu’une copine m’avait fortement recommandé.

Timing ! Juste à ce moment-là je reçois un texto de mes copains qui me disent de les rejoindre au concert de Robyn. “On est sur le devant de la scène, sur la gauche”.

Heureuse comme un chiot sur le point de retrouver son maître je sautille jusqu’à l’endroit désigné, la langue pendante*****.

Sauf que.

Oui mais pour accéder sur le devant de la scène il vous faut un pass devant de scène. Le pass marron.

Je rigole pas, tout est vrai : Il y a à Coachella des devant de scène réservés. Comme des petits encarts, avec des barricades, où l’on a accès au tout devant de la scène sur l’un des côtés du chapitaux si on a le bon pass.

T.R.O.P B.IZ.A.R.R.E

Bref. J’étais avec mes amis, mais de l’autre côté des barricades. Hyper ridicule.

(Et Robyn ? Bah franchement, c’est trop bizarre aussi, un peu, je trouve.)

Sur ce mon vol va bientôt partir (oh la la vous devinerez jamais vers où je m’envole !!! Un endroit où il faut ENCORE PLUS de pass VIP) (Bon ok, ça y est vous avez deviné obligé).

Ah mais avant d’y aller faut quand même que je vous raconte :

Le lendemain, débarrassée de toutes mes illusions et toujours aussi blanche qu’un navet, j’ai utilisé trois de mes neurones (les autres étaient au repos, rappelez-vous que la nuit d’avant j’avais dormi deux heures pour cause de 4h pour sortir du parking) et j’ai donné mon appareil photo à une copine multipassée qui me l’a fait rentrer.

Certainement ma seule minute intelligente de tout le festival.

C’est ainsi, les enfants, que pour la première fois de ma vie, qu’après avoir fait une, oui UNE photo dans l’enceinte du festival, je me suis faite repérer, et virer. Par deux vigiles plus effrayants que les gardes du corps de Beyoncé.

Ils ont des vigiles banalisés, les salauds. Genre la CIA de Coachella à la recherche des malfaiteurs en possession d’un appareil photo de pro SANS passe pro*******. Et il n’y aucun regard de chiot battu qui les ferait plier.

Un Festival. 100000 personnes. J’ai réussi à me faire virer.

Bon je vous rassure, hein. Ça m’a fait beaucoup rire et j’y suis retournée. Sans mon appareil, hein, j’avais pas la tête à déconner deux fois avec la CIA de Coachella.

Bon et voilà je vais être obligée de vous faire un dernier post pour vous raconter comme c’est bien Coachella parce que la vraie vérité c’est que passées toutes les conneries multi VIP, c’est vraiment vachement bien.

Bon et sinon pour les photos que je n’ai pas faites à Coachella vous ne m’en voulez pas trop, hein ? (regard de chiot larmoyant)

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*Ça c’est pour l’effet jet-setteuse.

** Même ma dermato trouve que j’exagère.

*** Ça c’est pour vous dire à quel point je suis à la masse niveau industrie de la musique. C’est qui le nouveau boss de la musique ? À part Jay-Z ?

**** Ce festival est au milieu d’une Oasis, est plus beau qu’un Club Med et est mieux organisé qu’un aéroport. Il y a trois porte de sécurité pour rentrer, des guides pour vous guider et c’est incroyable comme c’est une machine bien huilée.

*****Bah oui, j’étais seule, souvenez vous c’était le premier jour) donc mes discours intérieurs en gagnaient vachement en ferveur.

****** Et oui, encore la langue qui pend. C’est l’effet Coachienla (ouh purée celle-là je ne pouvais la glisser qu’en note de bas de page, hein, là où je suis sûre que personne ne lit, héhé)

******* faut que je vous dise quand même, j’ai plein de copains (2, quoi) qui ont réussi à faire rentrer leur appareil sans pass média. Que voulez-vous, avec trois neurones, j’étais vraiment dans une phase teubeu. (c’est quand je suis dans mes phases teubeu que mon dernier recours est le regard de chien battu. Ouaf! Pathétique)