«Je déteste le star system, les robes de soirée et les tapis rouges. Non, vraiment. C’est pour ça que je pensais ne jamais plus remettre les pieds au Festival de Cannes.», racontais-je à mon chauffeur, qui conduisait sur la Croisette.

«Ah non, mademoiselle. Si c’est pour vivre les choses comme ça, je vous raccompagne tout de suite à l’aéroport. Cannes, c’est merveilleux, et il faut tout en prendre : le soleil, les foules, les films, les stars, les gens bizarres et les soirées. C’est l’histoire du cinéma qui se construit, et à chaque minute il se passe quelque chose. Il faut le vivre, à fond ou pas du tout.»

«Oui. C’est vous qui avez raison.», je lui répondais avec un grand sourire.

Et ça, c’était hier. Depuis, un nombre de choses tellement incalculable s’est passé que je vais être obligée de me faire des notes pour tout mémoriser parce que je ne vais pas commencer un roman à trois heures du matin – ah oui, merde, il est trois heures du matin.

Le synopsis (ahah, la fille qui essaie de faire un champ lexical du cinéma) c’est que je suis à Cannes pour faire un portfolio de photos pour Chopard. Je vous en reparlerai, mais en tout cas je sens que je vais vivre l’expérience à fond.

Genre, là, je suis encore en train de retirer les épingles du chignon en béton armé que j’avais pour monter les marches du Palais des Festivals.

Et tout ce que je peux vous dire, c’est que le chauffeur avait raison.

Cannes, est bizarre. C’est hystérique et incroyable et l’on voit plein de people partout (Matthew Fox anyone ?). On court dans tous les sens, on grimpe sur le toit du Martinez pour faire des photos avec ses copines, il y a du monde jusque perché dans les arbres et il faut compter au moins une heure pour qu’on vous amène votre salade, dans n’importe quel restaurant.

Mais ce dont il avait oublié de me parler, c’est le moment où toute cette folie prend son sens. Au moment où les flashs s’arrêtent, où les lumières s’éteignent et où commencent les films.

Ce soir, je rentre de la projection de The Beaver, de Jodie Foster. J’ai trouvé ce film magnifique. J’en suis ressortie inspirée et en paix avec Cannes. Et avec le star system. Et avec les robes de soirée.

Le cinéma est trop magique pour qu’on ne lui déroule pas des tapis rouges…

Je reviens très très vite pour un mini-diary en direct de Cannes. Je vous embrasse !