Pour une fois, je me sentais hyper au top de mon travelling power.

J’avais réussi à faire une valise de moins de 456 kilos, j’avais mis tous mes shampooings dans de petits sachets en plastique zippés pour pas qu’ils s’explosent pendant le voyage et chacune de mes chaussures était précieusement rangée dans un petit pochon et pas jetées pêle-mêle.

Soupir de satisfaction.

Parfaita.

Dans le genre je suis sûre que Parfaita Bruni-Sarkozi (la présidente des Parfaita) ne fait pas mieux.

Je savais qu’il faisait hyper chaud à Venise, donc je n’avais pris quasiment que des jupes, et puis un minishort*.

Bon, bref, je passe cette intro qui n’a rien à voir avec mon sujet, parce que sinon je vais vous raconter que tellement j’étais Parfaita que je m’étais même levée à 6h du mat pour faire du yoga. Rappelez-moi de vous parler de ça, c’est drôle.

——- Les hommes vous avez le droit d’arrêter de lire à partir de là. Aujourd’hui pour vous c’est juste l’illustration. Ça va ? ——-

LE FAIT EST QUE MOI, PARFAITA DORÉ, j’avais oublié mon rasoir.

Et oui. Vu que je n’ai pas encore fini de finir mon épilation définitive, je me rase les jambes. Je trouve ça très bien. Clean, rapide, etc.

Bon dès fois quand j’ai pas eu le temps de le faire et que Scott passe sa main sur ma jambe j’ai envie de me suicider mais sinon c’est très bien.

Bref.

Pas de rasoir, pas de pantalons pour cacher ma misère et pas une seconde pour faire du shopping.

Opération d’urgence, je me suis donnée une demi-heure pour trouver un rasoir.

(Là je suis en train de me rendre compte que je vous fais une montée en suspense digne de Damages alors que je n’ai pas vraiment de sujet, enfin si, mais mon sujet n’a pas de conclusion)

Donc me voilà à Venise, en quête d’art, de beau, de culture, ET D’UN RASOIR.

J’ai tout trouvé. Sauf le rasoir.

Oui parce que mon Googlemaps ne trouvait pas de supermercato. Ah, ça, des tee-shirts I Love Venezia e la pasta et des masques vénitiens que même Lady Gaga n’oserait pas mettre, il y en a à tous les coins de rue. Mais trouver un revendeur de rasoirs à Venise, ça, non.

J’ai fini par demander aux vénitiens, et en fait ils sont gentils. Sauf que supermercato ça doit pas vouloir dire la même chose en Italien, je me suis retrouvée dans une sorte de Darty local, un endroit où ils vendent TOUT, sauf des rasoirs.

Hoooooooonnnnooommmmmmnnnn !!!! (——–> Cri intérieur de rage : Il ne me restait que 3mn pour trouver mon P°$@&N de rasoir.)

Et c’est alors, au moment même où j’allais prendre un vénitien pour taper sur l’autre…. Ou attaquer quelqu’un à coup de jambe velue (avouez que c’est une arme de destruction massive de la Dolce Vita) (les hommes, vous êtes pas ravis de vous être arrêtés de lire un peu plus haut ?), que je suis tombée sur un rayon épilateurs électriques. Ces trucs qui sont “comme des centaines de pinces à épiler”, là.

Soupir de satisfaction.

Parfaita was back.

Et dans son petit cerveau légèrement hystérique, voilà la bulle qui s’est formée :

“Oh, idée de génie !!! Un épilateur !!! Je vais l’acheter, me réveiller une demi-heure plus tôt demain matin**, m’épiler vite fait et je serai tranquille pendant tout mon séjour à Venise. Vive les minishorts !!!* Mais quel génie je fais ! Mais comme la vie est géniale, mettant sur mon chemin de l’art, du beau, de la culture et un ÉPILATEUR ÉLECTRIQUE !!!”

Et sur ce, je vous fais un cadeau :

Je vous épargne le cauchemar de la douleur de l’épilation.

Le bruit.

L’heure et demie pour faire une demi-jambe.

Par contre, vous n’échapperez pas à une description de mes jambes, quelques heures après l’épilation.

Vous voyez, le dessus d’une pizza margarita ?

Voilà, je n’en dirait pas plus. Rouges, blanches et boursouflées.

Jupe ? Minishort ? Hein ? Quoi ? Dolce Vita ? Parfaita ? Pardon ?

Conclusion : Ne pars pas à Venise sans rasoir. Si tu es un homme, ne lis pas quand une femme te dit de ne pas lire ou tu risques de te retrouver nez à nez avec une pizza margarita. Si tu es une femme, veux-tu bien m’expliquer ce que je peux faire de cet épilateur ? Je le mets sur Ebay ? Non ? Non, je rigole.

Bon, sinon, mes jambes, ça va mieux.

Quatre jours après la catastrophe, elles ne ressemblent plus à une margarita mais à une installation de Yayoi Kusama.

Oui. Mes jambes sont une oeuvre d’art. Et ça, il n’y avait qu’à Venise que ça pouvait m’arriver.

Vous avez vu la transition hyper subtile par rapport à la biennale ? Je sais que vous mourrez d’envie que je vous parle d’art contemporain vu comme vous respectez mon expertise de critique d’art et je compte bien le faire. Et alors avec ma culture abyssale sur le sujet (niveau 5ème), ça va être quelque chose, je vous le promet.

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* D’ailleurs maintenant je suis à Paris et je me gèle. En fait, c’est pas que j’avais bien fait ma valise : c’est juste que j’avais tout oublié.

** Donc à 5h30, pour avoir les jambes épilées pour mon yoga, moi Parfaita.

PS : Cette illustration, c’était une commande que j’avais faite pour la marque turque Vakko, et que j’adore. Bisou !