Ah, ça c’est sûr, c’est sympa de manger tout ce qu’on veut.

D’ailleurs, dans mes Feel Good Books et dans beaucoup de magazines que je lisais, je me rendais compte que c’était un peu la mode de penser comme ça : les régimes c’est fini, il faut se fier à sa sensation de satiété et manger à sa faim, c’est tout ce qui compte.

Oui, tout à fait. On va dire que c’est un bon début.

Ça m’a aidée à déculpabiliser pendant les quelques mois qui ont suivi ma “crise”. Ça m’a aidé à déculpabiliser, et ça m’a vachement aidée à continuer à ne pas pouvoir fermer mes jeans.

Et puis le problème en fait, c’est qu’on pas toutes égales devant les rondeurs. On n’est pas toutes Crystal Renn, et grossir harmonieusement… C’est une chance que je n’ai pas.

Chienne de vie.

Bref. Juin est arrivé, et j’étais à Paris, au Flore, avec Sophie. On était en train de boire un verre de rosé et je la regardais s’envoyer des chips les unes après les autres. Elle avait l’air de les savourer, comme toujours. Comme toujours, sa silhouette était parfaite.

Et comme toujours, je lui racontais ma vie, et donc mes aventures pondérales.

Et je lui demandais comment elle faisait pour être aussi parfaitement roulée à 40 ans passés. Elle m’a expliqué son truc.

Et ça a fait clic.

Ce n’est pas tellement ses menus qui m’ont inspirée… Non, ce qui m’a parlé c’est qu’elle avait trouvé sa façon à elle de se nourrir. Selon ses goûts, ses envies et même sa vie. Par exemple elle déjeune souvent au Flore, donc elle a intégré leurs menus dans sa façon de se nourrir.

Une fois qu’elle eut fini de me raconter ça, elle m’a aussi dit un truc qui m’a fait beaucoup rire :
“Et bien évidemment, tu oublies jusqu’au début de l’invention de l’existence du mot dessert.”

Le truc impossible pour moi. Non mais parce que vous comprenez, j’ai des principes, moi.

Des principes auxquels je tiens dur comme fer. Des trucs du genre :

  • Tout petit dèj doit comprendre des tartines au beurre. Du vrai beurre, salé. Et du miel, bien sûr.
  • Et du pain. Chaque repas doit contenir du pain, c’est mon papa qui me l’a appris en m’apprenant à mettre la table. (“elle est où l’eau ? Et le pain ? Il est où le pain ?”)
  • La vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans un verre de vin et douze cafés par jour.
  • La vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans un goûter. Un goûter c’est forcément un truc qu’on peut tremper dans son thé.
  • Chaque repas doit se terminer pas un dessert sucré, sinon ce n’est pas un vrai repas, et donc ce n’est pas la vraie vie.

Ah oui, j’ai aussi un autre principe :

  • Toute meuf cool qui se respecte ne fait pas de sport, sinon c’est une bûcheuse.

On y reviendra.

Et pourtant quand Sophie m’a parlé de sa façon de se nourrir toute simple, son bon sens m’a inspirée.

J’ai regardé mes “principes” dans les yeux, et je me suis dit qu’ils étaient bien cons.

C’est ce jour là j’ai commencé par changer des trucs.

J’ai commencé par arrêter le pain. Pas complètement. Mais je suis du genre à finir le panier de pain avant que mon entrée arrive au restaurant… Et je mange très souvent au restaurant.
J’ai arrêté les desserts. Pas tous les desserts. Les gâteaux et les glaces. J’avais envie de voir ce que ça faisait un repas qui se finit sans dessert.

Et bien c’est comme pour le pain. Au début c’est bizarre. Puis on s’habitue. Puis après en fait, on oublie même de regarder la carte des desserts.

Pendant quelques semaines, c’est tout ce que j’ai fait. Avec quelques exceptions… Parce que les exceptions font partie de la vie.

J’ai vite senti les effets positifs. Et pas tant sur ma ligne que sur mon rapport avec moi-même. Je pouvais manger différemment sans être forcément frustrée. Parce que mes “principes” n’étaient que de mauvaises habitudes derrières lesquelles je me réfugiais, ne comprenant vraiment pas pourquoi je devais changer un système qui avait marché jusque là – aussi anarchique soit-il.

Et j’ai fini par me dire que si j’avais pris du poids, c’était une façon pour mon corps de me dire qu’il était fatigué d’éponger mes excès. J’aurais du le savoir, moi qui mangeait tout ce que je voulais depuis toujours. Après 30 ans il s’épuise. Le métabolisme ne gère plus aussi bien le fondant au chocolat et on ne peut plus se cuiter la gueule comme avant.

Ça m’a fait penser à ma santé. Prendre du poids, pour moi, ce n’est pas juste un problème esthétique ou d’amour propre ou de fashion.
Il y des diabètes de type II dans ma famille. Et avec mes principes à la con, à moi aussi, il me pendait au nez.

Encouragée par mes quelques progrès, j’ai lu plein de livres sur la nutrition, et en appliquant quelques nouveaux principes qui semblaient me correspondre, j’ai repensé ma façon de m’alimenter.

Ni en suivant un régime. Ni en comptant les calories. Ni en arrêtant de manger ce que j’aime.

Juste en harmonisant ma façon de m’alimenter à mes goûts et à mon style de vie. Et ça, c’est très personnel. Personne d’autre ne peut le faire à votre place, et ce ne serait pas du tout utile que je vous raconte mes menus, ils ne s’appliquent à personne d’autre qu’à moi.

Ça fait trois mois que j’ai eu ce déclic. Trois mois ce n’est pas long, et je suis toujours en train de tâtonner sur ma façon de m’alimenter. Je change tout doucement, une chose après l’autre.

Je m’adapte petit à petit à l’endroit où je vis : Si New York est un enfer au début, on se rend vite compte qu’on trouve aussi des produits délicieux à tous les coins de rue.
J’ai un immense Whole Foods (supermarché bio) au coin de ma rue et un super Farmer’s Market un jour sur deux.

Ce week-end, enfermée à la maison pour cause d’ouragan, j’ai cuisiné. Ça faisait des mois que je ne l’avais pas fait. J’avais oublié comme c’était agréable.

Je ne mange plus de tartines le matin. De toutes façons ça ne sert à rien d’essayer de s’alimenter comme une française ici, rien n’a le même goût. Même pas le vin français, il est beaucoup trop sucré… Pour trouver un bon vin rouge il faut bien chercher.

A propos, je continue à boire un verre de vin par jour. Un seul, sauf exceptions…

Et j’ai minci.

Je suis loin d’être New York Skinny et ce n’a jamais été mon but, mais je suis revenue au poids que je connaissais et auquel je me sens moi-même.

Maintenant mes copines me demandent d’être leur coach minceur parce que je les motive… Et ça me fait hurler de rire.

Moi ?

C’est dingue : je ne me serais jamais crue capable de changer. Et d’ailleurs encore aujourd’hui je me demande si je ne suis pas en train de rêver, avoir trouvé un semblant d’équilibre c’est tellement reposant que j’espère pouvoir continuer comme ça toute ma vie.

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Mais le truc le plus étrange qui m’est arrivé, je vous en parle la prochaine fois !