Voici le dernier épisode de la série Changing Lifestyles. Souvenez-vous, je vous avais raconté comment mon déménagement à New York m’avait déstabilisée, pourquoi j’avais pris du poids et comment j’avais arrêté de me compliquer la vie, pour enfin trouver l’équilibre.

Ce dernier chapitre est le dernier parce que c’est le moment où je commence à devenir Gwyneth Paltrow. Pas encore blonde, mais très dangereusement Parfaita.

En même temps j’ai rendez-vous le coiffeur demain, hein. Je pourrais devenir blonde.

Nan je rigole.

Nous disions donc :

Il était une fois une jeune (oui, ooooh) fille qui aimait le chocolat, les cigarettes et détestait faire du sport. Faire du sport, à part le snowboard et le karting et bien sûr le surf où elle était professionnelle, mais à part ça le sport était une corvée telle qu’elle avait trouvé la solution ultime :

Elle n’en faisait jamais.

Elle aurait aimé en faire, hein, dans ses rêves. Mais elle n’avait jamais le temps. Elle avait du temps pour fumer des cigarettes en terrasse. Mais pas pour faire du sport. Et puis elle voyageait, beaucoup. Avec tous ces voyages, comment faire un sport régulièrement, hein ?

Courir ! On peut courir partout, non ?
Non. Courir ça bousille les articulations, c’est bien connu. Et puis c’est pas bon pour la poitrine ! Et franchement, courir. Mais quel ennui.

Faire de la gym dans la salle de sport de l’hôtel !!! Facile.
Non. Moi, j’aime les sports, les vrais. Pas les machines ça va pas ? Je ne vais aller faire le raton laveur sur une machine de cardio.

Faire du yoga !
Non. C’est chiant et il y a plein de gens qui mangent bio dedans. En plus ils disent des trucs énervants comme “Namasté” et “Ohm”. Ils peuvent pas dire merci comme tout le monde ? Et puis ça veut dire quoi, ohm ?

Bon donc cette fille c’est moi et quelques-unes des 18000 excuses que je me trouvais pour ne pas faire de sport.

De temps en temps dans un élan de Gwyneth Paltisme – une fois tous les trois mois environ – je sautais dans mes chaussures de running ou sur mon tapis de yoga et évidemment après je détestais encore plus, vu mon niveau de fitness désespérante.

J’aurais pu continuer comme ça longtemps.

Le vrai problème en fait, c’était mon niveau de stress. J’avais toujours été du genre à angoisser. Mais plus le temps passait, plus ça augmentait.
Comme je vous l’ai raconté ici, c’est durant un voyage en Australie que ça a explosé. Et étant loin de tout, le yoga – et la méditation qui va avec – a été la seule chose a m’apaiser.

Mais comment faire du yoga toute seule ? J’ai commencé à chercher sur internet – bienvenue dans ma vie, j’ai le cerveau greffé à Google -, et là j’ai trouvé un truc génial. Ça s’appelle MyYogaOnline, et c’est tout simplement un site de vidéos de yoga. On les choisit selon son niveau, son envie, et ce sont des profs super réputés qui donnent les cours.

J’ai commencé par des cours d’un quart d’heure. Au bout de 10 minutes je m’emmerdais à fond et je pensais au resto où j’allais aller ce soir, quel post j’allais faire pour mon blog et si j’avais bien fermé la porte de ma chambre. Souvent j’arrêtais au beau milieu d’un cours. Mais il n’y avait personne pour me juger. Et même 5mn de yoga, ça me faisait du bien.

Une fois rentrée à New York, je continuais. Les effets positifs sur mon moral étaient hallucinants, demandez à Scott, ça a changé sa vie. Je n’avais plus d’angoisses, je restais relativement calme devant les problèmes, j’étais souriante et reposée.

J’allais à un cours par semaine. C’était dur… Je ne suis pas souple du tout et je n’avais aucun muscle pour soutenir mon “downward dog”. Parfois je m’arrêtais en plein milieu du cours et je prenais mes jambes à mon cou. Non non, pas vraiment à mon cou. J’aurais bien aimé mais j’en étais bien incapable. Juste, je rentrais chez moi. En courant.

Mais malgré tout, je continuais.

Parce qu’en sortant du cours, j’avais toujours le sourire.

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C’est donc à Paris, si vous vous souvenez bien, que j’ai commencé à changer ma façon de me nourrir. Le jour où j’ai décidé d’arrêter le pain, j’ai aussi décidé de commencer à courir. Je ne sais pas vraiment pourquoi.
Je me suis acheté un soutien-gorge en béton armé, j’ai mis Florence And The Machine à fond dans mon Iphone, et je suis sortie courir, hyper motivée.

Hyper, hyper hypeeeeeeeer moti…

Je n’ai même pas fini The Dog Days Are Over.

C’est le premier morceau de l’album.

Je n’exagère pas. Au bout de quatre minutes, j’étais en nage. Au bout de 8mn, mes jambes ne voulaient plus bouger et j’étais à bout de souffle. La honte. Je suis rentrée chez moi en me cachant derrière mon Iphone.

Mais là pareil. Allez savoir pourquoi, j’ai continué.

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Les mois ont passé. Je faisais du yoga quand j’avais le temps et un peu de running quand j’avais besoin de me défouler.
Je ne me sentais toujours pas sportive du tout. J’étais toujours la plus mauvaise du cours de yoga et mes sessions de running ne dépassaient jamais 25 mn.

Mais je continuais.

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Et puis l’été est arrivé, et c’est là que je me suis transformée en Gwyneth.

Je ne sais pas ce qui m’a pris : soudain je me suis mise à adorer tout ça.

Sans m’en rendre compte, mes muscles s’étaient raffermis et je m’étais assouplie. La frustration a laissé la place au plaisir. Je vous jure, je n’aurais jamais cru aimer le sport.

Il faut que je vous fasse un petit graphique pour que vous compreniez. Je ne connais pas personnellement Gwyneth, mais je l’imagine tellement parfaite, toujours au top de sa forme, bien sapée, elle cuisine bien, elle est de bonne humeur tout le temps… enfin, le contraire de moi, quoi :

(désolée je ne sais pas faire un graphique dans WordPress enlever le sous-lignage rouge du correcteur dans Pages)

Gwyneth, je t’adore, en plus tu as l’air vraiment sympa. Mais tu as l’air tellement parfaite !!!Tu m’énerves tu m’énerves tu m’énerves…

Ceci dit petit à petit je suis passée de la case 1 à la case 2. Bon, je ne vais pas jusqu’à me lever à 4.30 du mat pour faire mes salutations au soleil (Gwyneth, c’est vrai ? Tu fais ça ?), mais j’ai même acheté de jolies fringues pour aller à la gym – et un tapis de yoga rose (j’ai une personnalité sport complètement différente de ma personnalité habituelle. Je laisse totalement s’exprimer la Véronique et Davina qui est en moi. Un tapis de yoga rose, vous vous rendez compte ? N’importe quoi.)

Voilà donc comment on tombe dans le Gwyneth Paltisme et qu’on devient énervante – le genre de fille qui dit “j’adore le yoga ! J’adore le running ! Wouhou !” (voix haut-perchée) -  attention le prochain paragraphe va vous énerver – (enfin moi il m’aurait TROP énervée avant que je ne me transforme en Gwyneth Paltrow).

N’empêche, c’est vrai :

Au yoga, on ne se regarde pas dans la glace. On est tellement concentré sur ses mouvements et sa respiration qu’on est ailleurs, dans un état quasi-méditatif. On ne questionne pas ce que l’on est en train de faire, on le fait.

Pendant une heure, on n’est ni deuxième degré, ni cynique, ni rien. On est présent.

C’est ça qui est fantastique avec le yoga. Non seulement ça défoule, ça muscle et ça étire, mais en option, ça développe une force mentale qui change la vie.

“L’important, c’est de continuer” n’arrêtait pas de nos répéter notre prof de philosophie en terminale. Je suis quasiment sûre qu’il ne parlait pas de yoga, mais ça m’est toujours resté.

Ici s’arrête ma série Changing Lifestyle. Sur ce je vous laisse parce que toutes ces bonnes pensées m’ont donné envie d’un verre de vin de vin rouge. Oui, il est 5.30. Et alors ?

N’est pas Gwyneth qui veut.