the-hat-garance-dore

La vie est d’un ironisme frappant, me disais-je le mercredi 5 octobre au matin.

Ce jour là je vous racontais que j’avais passé la fashion week à plat et en tee-shirt pour cause de météo digne d’un mois d’août corse, ce à mon grand désarroi.

Et au même moment j’apparaissais sur le Sartorialist, toute de couleurs chatoyantes, de chapeau Gucci et de talons Fendi vêtue.

Ne croyez pas que je ne me suis pas rendue compte de la contradiction, où que je n’ai pas lu vos commentaires “Eeeuh… C’est pas vraiment des chaussures plates que tu portes sur le site de ton amoureux… Ou je comprend plus rien !”

En fait, voici la vraie histoire de ce qui s’est passé le mardi 4 octobre.

Tout a commencé par la météo. Ce jour-là on a perdu 10 degrés. Et j’ai enfin pu mettre l’un des trucs que j’avais prévus pour la fashion week. Aaaaaaaaah !

Emportée par ma joie, j’ai choisi ma robe Mugler vintage, qui va tellement bien avec mes talons Fendi que j’ai décidé de laisser la folie de la mode tout emporter et que je suis allée au défilé Chanel en talons. Rendez-vous compte !!!

C’était pas mal mais plutôt simple comme tenue, franchement, et si je me suis fait arrêter par quelques photographes à l’entrée du défilé, rien ne me laissait présager de ce qui allait arriver quelques heures plus tard.

Parce qu’ensuite il a fallu trouver une robe pour aller à la soirée de Carine qui était le soir même. J’ai sauté sur mon vélo magique pour aller au showroom Gucci, où j’avais rendez-vous pour essayer quelques robes.

Aparté : Le Showroom. Parfois, quand vous travaillez dans la mode et que vous n’avez rien à vous mettre pour une soirée, on peut vous prêter une robe. Ça se fait.

C’est souvent beaucoup de souffrance car faire rentrer son body dans un sample size (= taille mannequin = taille moins que 0) ce n’est pas à la portée de toutes les mangeuses de croissant et ça donne lieu à des scénarios cocasses (=larmes) (qu’il faut absolument que je vous raconte mais ce sera pour un autre post) mais parfois, sur un malentendu, une robe sublime peut vous aller comme un gant. 

Bon, ok; un gant légèrement serré… Mais à deux heures de la soirée robe longue (où tout le monde va arriver en robe courte sauf vous mais ça aussi, c’est un autre post) on est prêt à tout pour fermer un zip. Même s’y mettre à quatre. Fin de l’aparté. Ah non j’oubliais : bien entendu, le lendemain, ON REND TOUT, en mode Cendrillon.

Et une fois là-bas, non seulement j’ai trouvé ma robe, mais sur l’immense cheminée en marbre du showroom j’ai vu, alignés comme des macarons Ladurée, les chapeaux aux couleurs sublimes dont je rêve depuis le défilé Automne-Hiver.

Bien sûr, j’ai poussé un cri, et j’en ai essayé un. Et là bam : Les couleurs allaient tellement parfaitement avec ce que je portais que soudain ma tenue sympa s’était transformée en… Une page de Vogue. Pas vraiment à moi tout à fait, ou alors moi en version Vogue. J’ai décidé d’emprunter le chapeau.

Envoguisée, j’ai grimpé sur mon vélo, inconsciente de foncer tout droit vers mon destin de star de la fashion.

C’est en arrivant aux Tuileries pour le défilé Valentino que j’ai compris qu’il se passait un truc. Les gens se retournaient sur moi dans la rue. J’entendais des clics d’appareils photos dès que je faisais un pas. On a commencé à me demander de me prendre en photo. Des gens voulaient se faire prendre en photo avec moi. Bizarre.

Une fois. Deux fois. Trois fois.

Au bout d’un quart d’heure, j’avais fait environ 20 mètres.

Je me sentais bizarre. Ni moi-même ni une autre, comme si par magie on m’avait donné la célébrité ou la science infuse du style… Ou alors tout simplement, un chapeau.

En même temps c’était très rigolo, en même temps j’avais envie de prendre mes jambes à mon cou, en même temps c’était flatteur, et en même temps, j’avais envie de dire aux autres photographes : “Eh oh, c’est moi, ne vous excitez pas je ne vais pas m’enfuir !”… Parce qu’à la base, moi aussi, j’étais là pour prendre des photos.

Schizo. D’ailleurs dans le genre crise d’identité, ça a continué :

Un photographe qui venait de m’arrêter m’a demandé d’enlever mon appareil photo : “Ça ne va pas, comme ça : vous ressemblez à une blogueuse !”.
Morte de rire, je lui ai dit que j’étais une blogueuse. Et que je gardais mon appareil photo.

Un autre m’a abordée pour me demander qui j’étais. Je lui ai dit mon nom, et il m’a dit : “Oui bon d’accord mais vous êtes connue ?”

Un autre m’a carrément demandé un autographe. Quand il a compris que j’étais française, il a eu l’air un poil déçu. J’aurais dû lui dire que je m’appelais Gawance.

A un moment, j’ai croisé Alexandra Golovanoff qui, elle, est habituée à tout ça.

On s’est mises à bavarder, et quand soudain j’ai levé les yeux (c’est qu’on ne voit pas grand chose avec un grand chapeau !) je me suis rendue compte qu’on était entourées par une marée de photographes et de caméras. Tout d’un coup c’était vraiment trop.

Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais je me suis enfuie.
Et dans ma course, j’ai enlevé mon chapeau.
Et en une seconde, toute mon envoguisation s’est envolée.

Soudain, ma vie est redevenue normale.

Et voilà ce que j’étais en train de raconter à Elisa, assise sur un banc aux Tuileries, quelques heures après le show Valentino. Allez savoir pourquoi, ça l’a fait beaucoup rire.

Photo : Scott Schuman

PS : Si vous voulez que ce genre de trucs vous arrive (ça fait des histoires drôles à raconter) rappelez-vous de mon post d’il y a quelques mois… Déjà, je vous disais que porter un chapeau faisait tourner les têtes.


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