Parfois, quand je me pense à mes débuts dans le monde du travail, je me souviens que je n’avais aucune idée de ce que je pourrais faire. Si vous m’aviez connue à ce moment là… J’étais désespérée.
A l’époque, personne autour de moi ne travaillait dans un milieu créatif et il suffisait que je prononce le mot pour voir les sourires narquois. Mais je vous ai déjà raconté ça.

Quelques années plus tard, et alors que je reçois un nombre incroyable d’emails pour savoir comment se lancer dans la mode ou dans l’illustration, je me dis que ça pourrait être bien de vous faire rencontrer des gens dont j’admire le parcours et les idées.

Aujourd’hui, Preia, qui est directrice de la presse chez Phillip Lim, et qui en plus d’être hyper chic, nous raconte ici ce qu’est son travail, et comment elle a commencé.

Hello Preia ! Première chose, je me demandais comment tu avais trouvé ta voie ?

C’est arrivé complètement par hasard : j’avais toujours su que je voulais travailler dans la mode où dans un milieu créatif, mais ça s’arrêtait là ! Il n’y pas vraiment eu de moment clé : j’ai plutôt procédé par élimination. J’ai essayé tout ce qui se présentait à moi et c’est dans la communication que je me sis sentie le plus à l’aise…

Comment les portes se sont-elles ouvertes, est-ce qu’on t’a aidée ?

A la fin de mes études, j’étais censée faire un stage d’un an. J’ai écrit presque 40 lettres – à toutes les marques qui m’attiraient – et j’ai décroché un stage chez Issey Miyake à Londres.
J’ai commencé par toucher un peu à tout, mais petit à petit je me suis dirigée vers le département presse et j’ai fait quelques voyages, le Japon, Paris, Milan…
Et ça m’a ouvert les yeux. J’ai compris comment utiliser ce que j’avais appris et à développer mes compétences.
J’ai travaillé sans m’arrêter, j’étais très motivée et toujours disponible. Rien n’était impossible, je savais que je c’était ma chance de montrer ce que je pouvais faire.

Ensuite quel a été ton parcours ? Qu’est ce qui t’a menée au travail que tu fais aujourd’hui ?

Après mon stage chez Miyake, on m’a offert une position à la presse. J’y suis restée presque 7 ans, gravissant les échelons jusqu’à devenir manager.
Ensuite j’ai rejoint Mc Queen ou j’ai commencé comme PR manager chez l’homme, et là encore j’ai travaillé très dur et essayé de saisir les opportunités quand elles s’offraient à moi.
Un an plus tard je dirigeais l’homme, la femme et les accessoires et quand j’ai quitté Mc Queen 5 ans plus tard, j’étais directrice internationale de la presse.

J’ai rejoint Phillip Lim il y a un an, comme directrice de la presse et nous avons fait tellement de choses en un an que j’ai l’impression que j’y travaille depuis bien plus longtemps que ça !

Qu’est ce que tu adores / déteste dans ton job ? Honnêtement ;-)

Mon moment favori, c’est d’ouvrir un magazine et d’y voir un magnifique édito.

Aucune des marques avec lesquelles j’ai travaillé n’étaient des annonceurs, donc décrocher des éditos est un challenge : L’éditorial pour moi repose à 100% sur le produit… Heureusement, j’ai la chance de travailler avec des marques qui font des vêtements magnifiques.

Je pense que la chose qui me plaît le moins dans mon travail c’est la perception que les gens ont des attachés de presse. Les gens pensent qu’on passe notre temps à sortir, à faire la fête et à promouvoir nos produis coûte que coûte, mais franchement ce n’est mon éthique.

Ma force est mon authenticité, j’aime construire des relations honnêtes et grandir avec le créateur pour lequel je travaille.

Je pense que les journalistes sont parfaitement intelligents et n’ont besoin de personne pour se faire une idée sur une marque : si l’identité de la marque les touche, le message se communique naturellement. C’est sur cela que je travaille.

Une journée-type au bureau, ça se passe comment ?

Chaque jour est différent, mais j’essaye de m’organiser au maximum. Je suis vierge ! J’ai besoin de structure.
Je commence toujours par lire la presse papier et internet pour chercher qui parle de nous, et pour identifier d’éventuelles nouvelles opportunités.
Ensuite j’ai toujours une réunion informelle avec mon équipe pour partager nos points de vue et organiser nos programmes.
J’ai beaucoup de rendez-vous dans une journée, ça peut être des rendez-vous en interne pour parler des projets de la marque, et parfois avec des stylistes et des journalistes qui viennent au showroom pour regarder la collection.
Je prends toujours un petit moment pour voir Phillip, on jette un oeil à son calendrier, on s’organise et on parle de nos projets.

Les moments les plus dingues de la vie d’une directrice presse ?

Les fittings de célébrités restent toujours des moments incroyables. On se retrouve chez elles, elles nous font un thé, sont pieds nus… Et soudain aussi vulnérables que tout le monde.

Comment vois-tu ta carrière évoluer ? Quel est ton rêve ?

J’adore ce que je fais, j’ai de la chance ! J’adore faire partie d’une marque et l’aider à grandir… Et bien sûr j’adore être auprès des incroyables génies avec qui j’ai travaillé. J’aimerais continuer et m’améliorer…

Maintenant, une question qu’on me pose tous les jours : Comment choisis-tu les gens de ton équipe ? Quelles qualités et quelles compétences recherches-tu ?

Je cherche des gens qui ont bon cœur. Ça peut sembler un peu bête dit comme ça mais dans notre industrie il faut avoir une âme, sinon les gens voient direct à travers toi.
Je cherche aussi des gens qui ont les idées larges – aujourd’hui c’est très important de ne pas se limiter simplement à connaître la mode : tout est connecté et si l’on a cette compréhension du monde on a déjà un pas d’avance sur tout le monde.

Travailler à la presse, est-ce que c’est être proche de Phillip Lim, le designer ? Vous vous parlez souvent ?

Absolument, je ne pourrais pas faire mon job sans me sentir proche du créateur pour lequel je travaille. On se parle nuit et jour, ce qui est vraiment essentiel pour mon travail… Et qui me fait aussi à évoluer sur le plan personnel.
J’ai tellement appris en travaillant avec Lee (Alexander Mc Queen) ! J’en serais éternellement reconnaissante.

Aujourd’hui je regarde le monde différemment, à travers les yeux de Phillip.

Voici des questions que vous avez posé sur Facebook et Twitter…

Khaseem Warren : est-ce que ton style a changé depuis que tu travailles chez Phillip Lim ?

Je fais beaucoup plus attention aux détails, c’est l’une des choses que je préfère chez nous… L’intérieur des vêtements me fascine. Je prends aussi un peu plus de risques avec la couleur. Phillip utilise des couleurs exquises, ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter…

@goodcharlene : Quelle école as-tu suivie ? Quels stages recommandes-tu pour travailler dans ton domaine ?

Je suis allée à l’université DeMonfort à Leicester en Angleterre. J’ai fait un bachelor “Science Of Clothing Technology” ce qui était très technique mais m’a aussi permis d’utiliser ma créativité.
Mais franchement il n’y a rien de mieux que les stages pour se jeter dans le bain et apprendre le job.

Voilà ! Un grand merci à Preia… N’hésitez pas à m’envoyer des vos questions si vous en avez, ou si vous êtes intéressés par certaines carrières et que vous avez envie d’en apprendre plus… Je vous embrasse !